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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, le rien, khôra                     Derrida, le rien, khôra
Sources (*) : [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2017, Page créée le 25 décembre 2006 L'oeuvre s'écrit à même le subjectile

[Derrida, le rien, Khôra]

L'oeuvre s'écrit à même le subjectile Autres renvois :
   

Platon, la khôra

   

Derrida, le subjectile

   

[Derrida, théologie négative, prière]

[La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire) [La] matrice derridienne (ce qui va s'en dire)
                 
                       

1. Au commencement, rien d'autre qu'une adresse.

Il y a dans la pensée de Derrida une méditation sur l'"ex nihilo". De quoi ce qui arrive est-il l'effet? De rien. Cela vaut pour l'événement, le don, la nomination, et même l'amitié. En termes classiques, on poserait la question : "Comment peut-il y avoir création sans origine ni cause?" Et la réponse derridienne déplacerait la question du côté de l'adresse. Au commencement, il n'y a rien, ou rien d'autre qu'une trace, jamais présente, déjà effacée, inaccessible au savoir ou à la science. Il suffit qu'on s'adresse à un autre, au sujet de cette trace, pour ouvrir à autre chose qui reste à venir (toujours le rien). On peut déployer ce schème selon les chemins les plus divers : la khôra grecque, l'être heideggerien, le retard (ce qui se diffère dans la différance), le subjectile d'Artaud, le désert hébraïque ou, dans la philosophie, ce qui n'a pas d'horizon, doute à tout instant de son savoir et ne pose rien d'avance.

Il n'y a dans cette machine transcendantale de l'adresse (Foi et savoir p44) ni intention, ni don. Avant le commencement, avant la parole, avant même le mouvement d'auto-affection qui engendre la vie, le temps, la voix et l'être, ce qui a lieu n'est ni de l'ordre du partage, ni de l'ordre du don, mais il n'y aurait sans lui ni témoignage, ni confiance, ni langage, ni partage, ni don. L'adresse n'est l'effet de rien. Elle arrive, imprévisible et inexplicable. Il n'y a pas de mot juste pour la nommer. Le mot choisi par Platon dans le Timée, khôra, ne renvoie à aucun référent, aucune généalogie. On peut essayer de traduire ce nom dans la langue courante (lieu, place, emplacement, mère, nourrice, réceptacle, etc.), mais il n'a pas d'autre contenu que l'acte de la nomination pure. Ne se laissant pas concevoir à travers les schèmes anthropologiques du recevoir et du donner, il laisse entrevoir la place d'un au-delà de la dette.

 

2. Khôra.

Ce qui n'est rien n'a pas d'essence. La khôra platonicienne est un lieu limitrophe, sans histoire, d'une extériorité absolue. En ce lieu abstrait de l'espacement, la loi du propre n'y a aucun sens. Ce lieu ne désigne aucune chose, aucun étant. Il est étranger au sensible comme à l'intelligible. N'ayant ni forme, ni détermination, la khôra n'est même pas ce qu'elle est, elle n'est même pas rien, elle est comme rien. C'est un abîme, a-logique et anachronique, qui précède et excède toutes les oppositions du discours, auquel elle ne participe que sur un mode aporétique. Ce lieu en-deça de l'origine fait place à l'espacement. Là commence la dissémination, là survient le mouvement de la différance qui donne lieu aux oppositions, là se met en marche le théatre sans fin de l'oeuvre.

Parfois Derrida donne à ce lieu un autre nom grec : colpos. C'est le sein de la mère, la nourrice, le pli d'un vêtement ou le repli de la mer entre deux vagues. En ce lieu de genèse ou d'Immaculée Conception, avant toute signature, la vie s'affecte et se retire, le texte bat.

 

3. L'irruption du nom.

A l'origine de la loi, un événement a lieu qui inaugure l'interdit. Rien de racontable ni de prononçable, ni même de réel; rien de nouveau, et pourtant la loi est fondée. Jacques Derrida distingue Khôra (un nom) et la khôra (un mot). Avec Khôra, le nom fait irruption. C'est un nom plus vieux, plus ancien que celui de la parole divine créatrice. "Viens" dit-il. Il invite à une mise en marche, en mouvement. Comme celui de Babel, ce nom déborde le langage. Il appelle, en secret, irréductiblement, au-delà de l'être, là où il est impossible d'aller. Il se pourrait que ce nom qui vient en plus, en post-scriptum, ce soit aussi celui de la déconstruction.

La khôra grecque [la place, un des noms du rien] est en affinité avec la nomination du Dieu des Juifs [le Lieu (maqom), un autre nom du rien]. Pour en parler, il faut inventer une autre langue, une autre syntaxe. Si ce Dieu a une voix, il parle dans un lieu vide (comme la loi), pour ne rien dire, tout en disant qu'il n'y a rien en-dehors de ce qu'il dit (le texte). En parler, c'est nommer une béance ouverte entre tous les couples institués. Khôra n'entre dans aucun de ces couples, elle n'est même pas leur autre.

La circoncision, ce jour où un nom est donné, pose la question du rien.

 

4. Autres lieux.

On peut trouver, dans la pratique du dessin, de la peinture ou de la photographie, un lieu d'incubation comparable à la khôra : le subjectile. Support et réceptacle de l'oeuvre, il s'attend à tout, mais n'est rien.

A chaque fois qu'à partir de rien s'ouvre une question qui ne s'arrête sur aucun contenu, aucune méthode (une question déconstructrice), un mouvement se met en marche. Ce qui précède le livre peut occuper cette place : qu'elle soit vide (la conception moderne du livre), ou qu'elle soit remplie par un prologue ou une préface. Au lieu de la khôra, le texte se dissémine.

 

5. Le désert.

Le lieu du rien est désert dans le désert, impassible, sans visage, abstrait. Encore plus ancien que le désert (antérieur à tout horizon, tout frayage, tout lien social), il ne se laisse ni humaniser ni théologiser - sauf peut-être par ce qu'il est convenu de nommer la théologie négative. En se voulant gardienne du vide, celle-ci tend à récupérer le "rien". Mais nul ne peut se l'approprier - tout au plus peut-on l'invoquer par la prière. Si Dieu n'a rien en propre, on ne peut rien en attendre, aucune autorité, si ce n'est le retour au désert même en tant que figure de l'aporie. Ainsi le désir de Dieu reconduit-il à la nudité de l'adresse.

 

6. Le rien à venir.

D'une part, ce qui excède notre époque (celle du logocentrisme, de la clôture du savoir) n'est rien, n'a pas de nom. L'époque à venir, qui rend l'écriture possible à partir de rien, ne veut rien dire. Rien n'y réside, elle est l'errance même. Mais d'autre part, y compris dans l'horizon phallogocentrique actuel, il existe un lieu, irremplaçable, paradoxal et aporétique, où peuvent venir toutes les substitutions. Dans le discours courant, ce lieu pourrait se dire, politiquement, l'ami de l'homme. Mais il y a d'autres façons de l'expérimenter : la démocratie à venir, la prière (cette expérience pure du rapport au rien), l'écriture, l'oeuvre. Il faut écrire dit Derrida, mais ce qui arrive par l'écriture n'advient qu'en s'effaçant, en devenant cendre.

 

 

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Propositions

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Avant le commencement, avant la parole, avant la loi, il y a un premier partage, un don qui semble ne rien donner

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Qu'en est-il de la voix et du temps? Tous deux reproduisent l'auto-affection pure, ce pur mouvement qui n'est engendré par rien, et dont on ne peut parler que par métaphore

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La théologie négative adresse à l'ami l'injonction ultime : il faut qu'en naissant de rien et en tendant vers le rien, il vienne à l'être, il se fasse écriture

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[Platon, la khôra]

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Khôra, on ne peut jamais l'appeler, elle-même, d'un nom ou d'un mot juste; mais il faut la nommer

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Khôra n'a pas d'essence : elle est l'anachronie dans l'être

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Khôra, lieu abstrait de l'espacement, ne se laisse dominer par aucune instance théologique, ontologique ou anthropologique

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Khôra n'est comme rien

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Khôra annonce l'irruption du nom; inapte à nommer, elle arrive comme le nom

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En se retirant, Socrate s'institue comme réceptacle, il se met à la place de khôra, la place même, la place irremplaçable de ceux qui n'ont pas de lieu et répondent à son nom

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Khôra, étrangère au sensible et à l'intelligible, y participe comme "troisième genre" de manière aporétique

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Khôra donne lieu à l'opposition du logos et du mythos - ainsi qu'à toutes les oppositions, sans y appartenir

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Le discours sur khôra s'inscrit en un lieu qui excède ou précède les oppositions du mythe; il y ouvre un abyme, a-logique et anachronique, où recevoir son nom

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Khôra, lieu de tout site, fait raconter des histoires au sujet de ce qu'elle reçoit, mais ne devient elle-même l'objet d'aucun récit : son secret sans secret reste impénétrable

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Khôra situe le mouvement, elle fait place à l'espacement, elle fait naître sans engendrer

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Le nom Khôra en appelle à un X où la loi du propre n'a plus aucun sens, et qu'il faut garder, qu'il nous faut lui garder

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Khôra n'est rien : le lieu d'une restance infinie, d'un immémorial désert dans le désert, impassible, sans visage, tout-autre

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Le nom de Dieu invite à deux expériences absolument étrangères du lieu : la parole divine créatrice (vococentrisme) / un lieu plus ancien : Khôra (au-delà de l'être)

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Sans passage assuré, sans route frayée ou fiable, le désert est une figure de l'aporie, et aussi l'autre nom du désir

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L'écriture, en laquelle rien ne réside, est l'errance même

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Dans "Il y a de l'être" ("Es gibt Sein"), ne sont donnés que l'être et le temps, qui ne sont rien

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Dans la chose qu'on donne, à même cette chose, une force qui n'est rien [la différance] donne le temps

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Le discours sur khôra nomme une béance, un chasme, un abîme ouvert entre tous les couples institués et un autre qui ne serait même plus leur autre

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Le don est l'effet de rien : imprévisible et inexplicable, il doit, comme l'événement ou la création, perturber l'ordre des causalités

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Khôra ne se laisse pas concevoir à travers les schèmes anthropomorphiques du recevoir et du donner : elle laisse entrevoir la place (irremplaçable) d'un au-delà de la dette

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La différance, qui n'est rien, constitue l'essence de la vie, et la vie, pensée comme trace, avant toute présence, est la mort

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A l'origine de la loi, rien n'a lieu, rien de nouveau n'arrive, il est impossible de raconter l'événement qui inaugure l'interdit

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N'étant jamais présente, n'étant rien, la trace, racine commune de la parole et de l'écriture, est inaccessible au savoir ou à la science

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Déjà, originellement, en secret, un post-scriptum irréductible aura laissé toute chose - sauf le nom : Babel, Khôra, théologie négative, ou déconstruction

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La loi est un rien qui, dans un lieu vide, diffère incessamment l'accès à soi

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La "démocratie à venir" est comme la khôra du politique : un espacement d'avant toute détermination, qui ne peut se dire qu'à travers les apories de la théologie négative

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Dans l'horizon du phallogocentrisme politique, le frère occupe une place unique et singulière, celle de l'"ami des hommes", le lieu irremplaçable de toutes les substitutions (khôra)

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L'être n'étant rien, on ne peut en parler que "quasi"-métaphoriquement, avec la surcharge d'un trait supplémentaire, d'un "re-trait"

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L'autobiographie derridienne, c'est ce qui aura fait qu'elle n'aura pu être faite : un retrait du "biographique", ce lieu introuvable, cette mère, ce réceptacle

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Dans la guerre à mort pour la signature, le texte, qui ne reste à personne, bat dans un lieu nourricier, une cavité utérine (colpos)

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Jacques Derrida décline le rêve d'Harcamone comme son livre, sa Genèse, son nouveau testament, son colpos, le labyrinthe ou la crypte du "Je m'éc"

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La philosophie ne pose rien d'avance; elle n'a pas d'horizon et doute à tout instant de son savoir et de son lien constitutif

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En tant que telle, la philosophie ne parle que du père et du fils; il faut que la mère soit à part, avant et hors toute génération (khôra)

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Dans une conception moderne du texte et de l'écriture, il n'y a ni préface, ni programme, ni rien qui précède le texte

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La préface, qui n'est ni dans le texte, ni hors-texte, pose la question du hors-livre, du liminaire : une démarcation qui met le texte en marche (ce qui se lit de la dissémination)

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Le subjectile n'est autre qu'une figure de la Khôra, sinon la Khôra elle-même

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Le subjectile, ce lieu d'incubation qui se soustrait à toutes les oppositions et prend toutes les formes sans les assumer, est tout, rien et n'importe quoi (comme la Khôra)

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La déconstruction n'est pas une méthode : elle est l'ouverture d'une question, c'est-à-dire rien

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Si la prière pouvait être une expérience purement pure du rapport au rien, au néant, il n'y aurait pas d'écriture; mais faute de cette expérience, "il faut écrire"

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Pour toute oeuvre, un événement singulier est présupposé : une trace qui n'advient qu'en s'effaçant, n'arrive irréductiblement, dans son idiome, qu'à devenir cendre

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Khôra est le lieu où commence la dissémination

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Khôra est le lieu où la peinture se fait oeuvre

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Ce qui excède l'époque du logocentrisme (celle qui, comme histoire, clôt le savoir) n'est rien : ni la présence de l'être, ni le sens, mais autre chose qui n'a pas de nom

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L'époque à venir est celle d'une pensée qui, par son ouverture, ne veuille rien dire et rende l'écriture possible à partir de rien

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Par définition, il faut que les énoncés de la théologie négative se vident : ils gardent le vide et se gardent du vide, en kénose du discours

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L'apophatique derridienne n'est pas une théologie négative, car la réappropriation du "rien" ne peut qu'échouer

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Double bind de la théologie négative : son autorité lui vient de son désir de dire, par sa bouche et d'une voix juste, le propre de Dieu - qui consiste à n'avoir rien en propre

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"Il n'est rien en-dehors du texte" soutient la Cabale, et aussi Derrida

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Dans l'acte de tracer, le trait du dessin s'éclipse, se retire; dans ce qu'il sépare ou différencie, rien ne lui appartient, pas même sa propre trace

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Il n'y a pas de voix présente dans la photographie, rien qui n'y soit prononcé

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La circoncision enfonce l'inscription du rien dans la chair, dans la parole vive

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Ce qui arrive avec la prière quand, dans le désert, elle intègre l'incalculable dans le calcul, est de l'ordre de la bénédiction

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Le nom grec de khôra (le lieu), est en affinité profonde avec l'un des noms du Dieu des Juifs : le Lieu

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Le Dieu derridien : une figure féminine de Yhvh qui parlerait pour ne rien dire, circulerait entre les inavouables, ni témoin, ni voix, ni loi transcendante, ni présence immanente

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Khôra (Jacques Derrida, 1993) [khora]

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