| Ecrire l'innommable, le dire, le parler, c'est traquer l'impossible, l'indicible ou l'inouï, c'est aussi le désigner par des mots. Ainsi la différance dont l'inscription, impensable, n'a jamais été inscrite en aucune langue; ou la trace, scellée depuis toujours. Ces notions évoquent un mouvement originaire dont on ne peut rien dire.
Innommable est l'autre absolu et ce qui le représente : le dégoût (parergon de la troisième Critique de Kant) ou, à la même place, un art du tout-autre.
En poussant la déconstruction, on aboutit, non sans crise, à des notions qui ne peuvent se dire dans le langage du logos : une subjectivité qui serait absolue, un au-delà du savoir absolu, une voix déconstruite (qui implique de déconstruire l'oeuvre de Derrida elle-même). Il y a là un imprononçable, un schibboleth. |