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TABLE des MATIERES :

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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
CinéAnalyse : en s'écrivant à même le subjectile                     CinéAnalyse : en s'écrivant à même le subjectile
Sources (*) : Le cinéloft du Quai               Le cinéloft du Quai
Pierre Delain - "Le cinéma sans condition", Ed : Guilgal, 2018, Page créée le 7 mai 2011 L'archi - oeuvre

[(CinéAnalyse) : En s'écrivant à même la Khôra, à même le subjectile]

L'archi - oeuvre
   
   
   
                 
                       

1. Chaos.

Il y a deux mots, dans l'œuvre derridienne, qui nomment un certain lieu d'incubation, une sorte de matrice où sont virtuellement engagées toutes les oppositions, toutes les formes, mais qui n'en a aucune : khôra, subjectile. Par définition ou par hypothèse, on ne peut pas attacher à ces deux mots un sens, mais ce qu'on peut envisager de faire, c'est en trouver la trace dans les films. Prenons par exemple Doubles vies (Olivier Assayas, 2018). Pendant toute sa durée, on se noie dans un océan de dialogues et de discussions sur toutes sortes de sujets en rapport avec le métier de l'édition. Ça n'a ni queue ni tête, les arguments se valent et se retournent les uns contre les autres. Ça ressemble à un milieu stérile dont rien ne peut sortir; mais voilà, il en sort quand même quelque chose, un couple amoureux d'où surgit la chose la plus imprévisible pour eux. C'est cela, cette fonction démiurgique, que recouvrent ces mots abscons, khôra, subjectile.

 

2. La forme et le fond.

Selon Jean-Luc Nancy, dans la peinture, le lieu de l'auto-affection est moins la forme que le fond. Si l'image peut se détacher sur un fond, c'est parce que celui-ci est le lieu hétérogène à partir duquel la peinture résonne - une résonance de type auditif, hétérogène au silence de l'image. Cela vaut aussi pour le cinéma.

 

3. Artaud.

Chez Artaud, tout est subjectile, y compris les mots. L'oeuvre n'est pas assujettie à l'esprit : c'est une machine, un excrément jeté à la face du voyeur ou de l'auditeur. Se tenant en-dehors du système des arts, elle n'appartient à aucun genre.

Dans un tableau, c'est la peinture elle-même, le matériau, qui est l'oeuvre, à même l'oeuvre. En ne s'écrivant pas "sur" le subjectile, mais "à même", l'oeuvre le blesse. Il laisse les plaies ouvertes [à moins que l'oeuvre, en se faisant oeuvre d'art, ne les cicatrise et les apaise]. Mais l'oeuvre comme telle ne s'institue jamais complètement, elle reste toujours archi-oeuvre. Artaud souhaite passionnément faire oeuvre, mais s'il réussit, c'est contre lui. Ses coups entretiennent la dissonance qui empêche l'oeuvre de se stabiliser. A chaque coup, le subjectile est appelé, une fois unique. Dans ce mouvement qui ne se laisse pas répéter, il se fonde et s'institue, mais sans forme ni sens.

Pour faire oeuvre, pour acquérir une consistance, il faut que l'expérience de l'oeuvre appelle une réponse, une responsabilité, une transformation. Dans ses dessins, Artaud entame le subjectile, le perfore, le bombarde, le détruit, l'expulse, le brûle.

 

 

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Propositions

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"Subjectile", ce mot intraduisible, est lui-même un subjectile

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Le subjectile, ce lieu d'incubation qui se soustrait à toutes les oppositions et prend toutes les formes sans les assumer, est tout, rien et n'importe quoi (comme la Khôra)

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Le subjectile est une figure de l'autre, il figure l'Autre

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Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu

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Une oeuvre qui se stabiliserait serait une trahison, mais cette trahison, on ne peut la conjurer que par l'oeuvre

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Chez Artaud, le souffle ne se confond pas avec la voix : il perfore le subjectile, il fait la guerre aux mots et au langage

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Artaud n'écrit jamais "sur" ses dessins mais seulement "à même", dans l'extrême tension d'un rythme, d'une vibration, d'un timbre de voix qui donne au subjectile sa portée

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Le subjectile, fond sans fond, se retire à l'infini derrière les figures, mais jamais complètement : il y a toujours plus de fond, de la figure vient en plus

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Le subjectile peut prendre la place du sujet ou de l'objet, mais il n'est ni l'un ni l'autre : c'est ce qui, dessous, n'est pas représentable

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Ce qui fait oeuvre, c'est l'arrêt du trajet, l'apaisement du subjectile, l'interruption d'un jet qui garde la trace d'une brûlure mais donne consistance à ce qu'il attaque

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Dans un tableau, c'est la peinture elle-même qui est à l'oeuvre, à même l'oeuvre

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Doubles Vies (Olivier Assayas, 2018) - Dans l'univers vide des lieux communs, le littéraire et le politique font exception, mais sur le mode de la comédie

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La peinture est le lieu d'une auto-affection où l'image s'entend, dans la tension d'un silence

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