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Derrida, ses livres                     Derrida, ses livres
Sources (*) :              
Jacques Derrida - "Séminaire "La bête et le souverain" Volume II (2002-2003)", Ed : Galilée, 2010,

Séminaire "La bête et le souverain" Volume II (Jacques Derrida, 2002-2003) [Sem2002]

   
   
   
                 
                       

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Table

C'est la suite du volume I du séminaire La bête et le souverain, qui s'est tenu l'année précédente.

 

p9 : Introduction générale

p13 : Note des éditeurs

p21 : Première séance. Le 11 décembre 2002

p61 : Deuxième séance. Le 18 décembre 2002

p103 : Troisième séance. Le 22 janvier 2003

p145 : Quatrième séance. Le 29 janvier 2003

p179 : Cinquième séance. Le 5 février 2003

p215 : Sixième séance. Le 12 février 2003

p247 : Septième séance. Le 26 février 2003. Un fragment de cette séance a fait l'objet d'une conférence au colloque "Maurice Blanchot, Récits critiques", plus tard repris avec quelques variantes dans l'édition augmentée de Parages.

p285 : Huitième séance. Le 5 mars 2003

p323 : Neuvième séance. Le 12 mars 2003

p357 : Dixième séance. Le 26 mars 2003. Autour de la phrase de Paul Celan, Die Welt ist fort, ich muss dich tragen, on retrouve certaines thématiques de cette séance dans Béliers.

p405 : Note sur les éditeurs de ce volume

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Selon son biographe Benoît Peeters, Jacques Derrida n'a appris le cancer qui allait l'emporter le 9 octobre 2004 que le 14 mai 2003 - un mois et demi après la dernière séance de ce séminaire. Et pourtant lorsqu'on lit ces séances, on a l'impression qu'il s'attendait à sa mort, qu'il l'avait prévue, anticipée. Sinon pourquoi cette longue discussion sur les qualités respectives de l'inhumation et de l'incinération ? Pourquoi cette dernière phrase, à propos d'un séminaire de Heidegger : "La question reste entière de savoir, ce fut la question du séminaire, qui peut mourir ? A qui ce pouvoir est donné ou dénié ? Qui peut la mort, et par la mort mettre en échec la super- ou l'hyper-souveraineté du Walten ?" Il est, dans ce séminaire, beaucoup question de la mort, et beaucoup moins de sa thématique annoncée, La bête et le souverain - comme si l'essentiel avait déjà été dit sur ce sujet dans le volume I. Certes, si la question de la mort comme telle est abordée, c'est parce que Heidegger la dénie aux animaux; et si la question du mourir vivant est abordée, c'est parce que ce serait la fantasme premier, essentiel, de Robinson Crusoé. Mais l'explication semble insuffisante. Il y a un retour de la problématique déployée, par exemple, dans le séminaire La vie la mort (1975-76), celle du "pas au-delà".

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[D'avance, mes plaisirs présents, datés d'hier, me sont dérobés, et c'est la nostalgie d'hier qui me donne le plaisir, en ce moment même, comme hier]

[Des textes de Heidegger, Jacques Derrida retient un mot dont il use partout de façon délibérée, explicite, insistante et insolite : Walten, Gewalt]

Pour penser le rapport de l'animal à l'homme, il ne faut pas partir de ce qu'il peut faire, mais d'un autre pouvoir que nous partageons avec lui : le pouvoir-souffrir

Si l'on veut soustraire Dieu à l'onto-théologie, voire excéder sa souveraineté, il faut réapprendre à lui adresser prières et sacrifices

En-deça et au-delà de la différence ontico-ontologique, une force - le Walten de Heidegger - fait venir ce qui n'est ni ceci ni cela, ni être ni étant - le neutre de Blanchot

Toute autobiographie, fiction ou confession, laisse derrière elle un artefact souverain, qui parle tout seul dans le monde, disloquant l'ipséité

Tout commence par l'archive : une trace qui s'affecte d'avance de nostalgie, une mort qui me précède et reste à venir, une autobiophotographie non réappropriable

L'autre, c'est celui qui, en tant que tel, après ma mort, pourra faire de moi et de mes restes sa chose, exerçant ainsi sa souveraineté

Il faut un contrat pour faire semblant de vivre ensemble dans un même monde, mais cela ne suffit pas pour que ce soit vrai, ni pour garantir un monde commun

La modalité d'expérience de la trace survivante en général, ou du spectral, c'est la conjuration

Seul un humain peut être accusé de "crime contre l'humanité"; la structure de ce crime est sui-cidaire, auto-immune

Le deuil est l'essence même de l'expérience de l'autre comme autre

Déjà, depuis le commencement, je suis en deuil de moi-même; tous mes plaisirs sont d'hier, déjà passés d'avance, teintés de nostalgie

Un des critères de la modernité occidentale est la possibilité du choix entre inhumation et incinération, où se joue chaque fois autrement le fantasme du "mourir vivant"

Là où commence l'éthique, je dois te porter, sans monde, sans la fondation ou l'assise de rien au monde

Le fantasme figure et configure le contradictoire, l'inconcevable, l'impensable, l'impossible; en les nommant, il nous affecte et les rend désirables

Il est urgent de penser une logique du fantasme qui résiste au logos, quelque chose comme un fantasme de l'événement, un "mourir vivant" qui l'excède et vient après lui

Le vivant/mourant est travaillé par le fantasme "mourir vivant" : "mourir effectivement, comme si je devais survivre à ma mort" (double bind auto-immunitaire)

Jacques Derrida retient des textes de Heidegger deux valeurs qui rendent possible l'accès à la différence ontico-ontologique : "Unheimlichkeit", "Walten"

Contrairement à ce que dit Heidegger, nous restons toujours comme des bêtes qui n'ont pas le pouvoir de mourir, à qui la mort n'apparaît jamais comme telle

Aporie de l'incinération : en escamotant le cadavre, elle favorise l'intériorisation du mort, elle infinitise le deuil

Aporie de l'inhumation : elle donne un lieu au cadavre, ce qui permet le travail du deuil, mais le laisse pourrir et ouvre le risque de retour spectral

La jouissance est d'avance le passé d'elle-même : plus vite je fuis la mort, plus vite, au-delà de la vitesse, une vitesse absolue, infinie, me gagne de vitesse

Rien n'assure, d'un vivant à l'autre, qu'il y a un monde; à tout instant peut survenir la fin d'un monde (la mort), et aussi la fin du monde en général, "en tant que tel"

Le sens minimal du mot "monde", c'est qu'il désigne ce dans quoi tous les vivants sont portés

Au crépuscule de son séminaire, la prescription derridienne peut s'écrire : "Il faut bien que je te porte", comme s'il y avait un monde - juste - que je puisse te faire ou te laisser vivre

Penser la mort comme telle est un fantasme, une fantasmagorie; nos pensées de notre mort, de la nostalgie à la mélancolie, sont toujours des pensées de survie

Regarder la mort en face, faire durer ce regard, le porter avec courage, confiance, loyauté, c'est le fantasme du pouvoir de l'esprit, de sa maîtrise souveraine

Qu'il meure dévoré par des hommes (cannibalisme) ou par des bêtes, ou qu'il soit inhumé rituellement, le mourant se livre à l'autre, qui est aussi son semblable

"Mourir vivant", c'est le fantasme de Robinson Crusoé comme personnage et c'est aussi une puissance à l'oeuvre dans un livre, survivance d'une alliance entre mort et vif

Aujourd'hui, un contrat de différence ontologique dit la nécessité, le devoir, de "te" porter, quand le monde s'en va

Il faut, pour penser, pour endurer la contradiction, du coeur, du courage, le courage de sa peur

Il n'est de plaisir ou de jouissance que dans la trace, la revenance de ce pas que jamais je ne suis sûr de reconnaître, de me réapproprier

"Je posthume comme je respire" - le pressentiment de ce qui ne va pas manquer d'arriver : la scène de l'après-coup, post-mortem

Pour ouvrir la possibilité du pouvoir, "il faut" la possibilité du manque, du faillir, de l'impuissance, de l'impouvoir

On ne peut prier sans s'adresser à quelqu'un (un "Qui"), et on ne peut pas s'adresser à quelqu'un sans quelque prière implicite

La prière ne montre pas, ne fait rien savoir, ne saurait être ni vraie ni fausse

La prière appelle une protection contre le mal ultime (mourir vivant, hors monde), au risque qu'une pulsion machinique, auto-immunitaire, vienne détruire cette protection

Il y a dans toute prière un appel à la résurrection : "Ceci est mon corps qui est donné pour vous. faites ceci en mémoire de moi" (Luc 22:19)

Ce qui est nommé par "Trieb" (pulsion) est, comme le Walten, innommable au sens strict : avant tout étant, tout qui et tout quoi, ça ne peut pas donner lieu à un nom

Les pulsions, symptômes, fantasmes, entre conscient et inconscient, proviennent d'un "refoulement" indécidable, irréductible et à peine pensable

Jacques Derrida se rêve en avocat des puissants devant le Tribunal de Nuremberg : il doit parler pour les défendre des langues qui ne sont pas les siennes : grec, allemand, logos

En retournant contre soi l'agression venue des autres, une force d'autodestruction automatique, machinique, compulsive, instaure l'ipséité souveraine

Pour échapper au terrible fantasme "mourir vivant", il faut un autre fantasme, le fantasme même : une souveraineté toute-puissante, inconditionnelle, circulaire

La roue est un dispositif extraordinaire, la métaphore d'une logique de l'itérabilité - et aussi de l'auto-immunité

Dire "Je suis seul(e)", ou "Il y a du sans-monde", c'est prendre acte de la singularité / déconstructibilité de chaque monde, du monde de chacun

La non-vérité est aussi originaire que la vérité; il faut la possibilité de l'erreur, du mensonge, de la dissimulation ou du retrait pour dire le vrai

Qui peut, par la mort [pas la mort comme telle mais l'impuissance, le retrait], mettre en échec l'hyper-souveraineté du Walten? Telle est la question derridienne ultime

Le Walten heideggerien semble faire appel à un surpouvoir, une souveraineté si souveraine qu'elle excède les déterminations onto-théologiques de la souveraineté

Selon Heidegger vers 1930, le Walten - cette violence souveraine qui se commande et se forme elle-même -, se manifeste "comme tel" dans le logos et la phusis

Le "Walten" est une force dont on ne peut dire ni qu'elle porte la vie, ni qu'elle porte la mort

Dans sa démarche, Heidegger multiplie les cercles et les encerclements

Séminaire "La bête et le souverain" Volume II (Jacques Derrida, 2002-2003) [Sem2002]

 


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