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Mode d'emploi des moteurs IDIXA.

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Qu'est-ce qu'être juif?                     Qu'est-ce qu'être juif?
Sur les judéités               Sur les judéités  
Scripteur - "Parcours et cheminements", Ed : Idixa.net, 2005-2008, Page créée le 9 octobre 2005

[Qu'est-ce qu'être juif?]

Autres renvois :
   

Sur la shoah

   

Derrida et le judaïsme

   

Art et judaïsme

                 
                       

Il fut (peut-être) un temps où le juif était celui qui respecte les préceptes de la tora : Nous ferons et nous entendrons. Le nom du père, la religion de la mère ou d'autres facteurs généalogiques comptaient autant que la mise en oeuvre du rite. Mais chacun sentait que dire Moi, je suis juif, n'était pas réductible à ces éléments factuels. On se doutait que le juif était, aussi, autre chose, qu'il était porteur d'un secret, d'une élection, d'une expérience ou d'un je ne sais quoi énigmatiques, d'une judéité sur laquelle on n'arrivait pas à mettre de mot, mais qui était l'essentiel. Après la shoah et le retour à Sion, on n'a guère progressé, et la création de l'Etat d'Israël ajoute encore à la confusion.

 

Etrangeté.

"Juif" est une désignation collective, mais les juifs s'assemblent difficilement. Ils sont différents les uns des autres, et aussi différents d'eux-mêmes. Rechercher un dénominateur commun est voué à l'échec. Le Juif s'arrache à sa propre origine et ne maintient son être qu'en étant étranger à ce qu'il est et aux autres. Il inscrit cette étrangeté dans l'humain, comme une Chose. S'il est en exil, c'est à cause de sa propre disparité.

Il peut être illégitime, car il a déjà renoncé à son unité.

 

Peuple, nation.

Le judaïsme peut passer pour une religion, mais avant tout les juifs sont un peuple, un peuple singulier porteur d'une mémoire et qui prétend (en outre) transmettre un message universel, à tort ou à raison. Ce peuple ne s'attache pas à un dieu, mais à l'être. Il est une parole de libération. Son dieu est celui qui dit "je", alors lui aussi dit "je".

Les juifs ont fini par croire à leur élection et à l'unicité de leur expérience. Ils ont payé cher cette croyance et y ont renoncé, de facto, quand ils ont créé une nation moderne sous le nom d'Israël. Cette nation est légitime, c'est l'exercice d'un droit, mais elle diffère du peuple juif.

 

Loi.

Le juif est attaché à la loi, mais cette loi n'est jamais univoque. Il y a la loi écrite, la loi orale, et aussi la troisième (athée), et encore d'autres au-delà de la loi, car le juif se définit (aussi) par son surplus.

 

Nominalisme.

Pour Sartre, "Juif" est un nom spécial, sans contenu. Est désigné comme juif celui qui se trouve dans une certaine situation.

 

Dette.

Le sentiment d'un endettement originaire ou d'une assignation spécifique du juif à une certaine place reste inexpliqué.

 

Voix, invocation.

Le juif est méprisé car il rappelle que la voix est perdue. Cette voix fragile qui s'est retirée, il l'écrit, il l'écoute. Il désire être écouté lui-même, jusqu'à s'y identifier.

 

Modernité.

Le judaïsme est moderne. Il l'a toujours été. Depuis le début, par sa tendance à la surenchère, il était prédestiné à la postmodernité. Il a été aux premières loges du basculement dans la pensée, la vie sociale, l'économie et l'art.

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Propositions

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Tout essai de ramener la définition du juif à un dénominateur commun échoue devant la réalité de la division

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L'élection juive est suspendue à une incertitude qui affecte aussi la réponse "Je suis juif"

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La source la plus pure de l'étrangeté du peuple juif est qu'au coeur de son identité, il ne peut pas être identique à lui-même

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L'existence juive inscrit structurellement l'étrangeté dans la vie des peuples de l'humanité

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Il est difficile et vertigineux de dire "Moi, je suis juif", en sachant et en voulant dire ce qu'on dit, car l'expérience de l'être-juif est celle d'un non-savoir

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La démarche juive est un arrachement à l'origine, afin de retrouver le aleph

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La disparité juive est l'exil de l'unité

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Les juifs sont un peuple mais pas une nation, car la souveraineté ne leur appartient pas

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Le peuple juif échappe à la définition usuelle du peuple : il ne peut ni s'assembler ni être co-présent à lui-même

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La modernité rend impossible l'être juif, cet alliage d'un peuple singulier et d'un message universel

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Un judaïsme inscrit dans le monde moderne doit laisser subsister la différence entre la nation israëlienne et le peuple juif

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La distinction moderne entre peuple juif et nation israëlienne reprend la distinction biblique entre "eda" et "am"

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On ne peut pas séparer le judaïsme (culture, religion) de la judéité (essence juive)

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"Nous ferons et nous entendrons" (Naassé ve nichma)

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Le judaïsme n'est pas une religion, il est une compréhension de l'être

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Les juifs sont le peuple du retrait de la voix

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La destinée du peuple juif est de s'interposer entre la voix et le chiffre

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Le juif est méprisé car il rappelle que la voix est perdue pour toujours

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La prière "Ecoute ma voix, Eternel notre dieu" exprime l’essence du désir juif

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Ce qui est commun à tous les juifs d'aujourd'hui est la Chose juive

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Le propre du juif est un je ne sais quoi de miraculeux - jusqu'ici resté inaccessible à toute analyse

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Qu'est-ce qui est encore juif chez celui qui a renoncé à tout le patrimoine de ses pères? Beaucoup de choses, et probablement l'essentiel

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L'idée d'un être-endetté originaire (culpabilité, responsabilité), avant tout contrat, est inexplicablement couplée avec celle du juif

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Une élection secrète voue le juif au silence

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Le nom de Juif est un nom spécial (unheimlich) : à la fois chez soi et dehors, intime et étrange - comme la révélation de l'acte sexuel

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Une surenchère hyperbolique gouverne le rapport du Juif non communautaire au judaïsme : "Moins tu es juif, plus tu l'es"

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Tu aimeras dieu de tout ton surplus

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La spécificité de l'identité juive est d'avoir maintenu le souvenir de l'étrangeté humaine dans la civilisation

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On ne peut arrêter en soi l'obscure et incertaine expérience de l'héritage juif

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Le judaïsme n'est pas une religion, mais une parole de libération

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Le juif maintient son être en étant autre que lui-même

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Le projet de faire converger la nation israëlienne et le peuple juif repose sur la notion fallacieuse d'un être juif adéquat et reconnu comme tel

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L'élection juive est un retrait qui unifie les peuples dans un même être face à lui : l'humanité

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Les juifs sont le peuple singulier, solitaire, unique car il a pour lui seul dieu, le monde et l'homme

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L'existence du judaïsme athée invite à énoncer un 3è niveau de loi après la loi de Moïse (écrite) et la loi des pharisiens (orale)

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Aujourd'hui, un juif diasporique ne peut être qu'un fils illégitime du judaïsme

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"Art juif" est indéfinissable, car "art" est indéfinissable, et "juif" aussi

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Le dieu juif, c'est "je" (Ani Yhvh)

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Israël, comme Rachel, se reconnaît dans la fragilité de la lune

     


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