| Alliance est un de ces termes de la tradition biblique que Derrida utilise en modifiant profondément son sens.
Avant tout pacte, tout contrat, un Oui originaire rend possible le lien fiduciaire et la fiabilité. C'est une alliance originaire dont la peinture témoigne.
Dans le pli d'un retour sur soi, dans l'alliance à soi, vient la promesse d'héritage, l'itération. L'alliance engage plus d'Un et aussi plus de deux : acquiescement à l'autre.
Après l'alliance de Moïse, brisée depuis le départ, celle du christianisme s'est latinisée. Associant le savoir et la foi, elle finit par prôner la mort de dieu.
S'il en faut une nouvelle, c'est parce que l'alliance ancienne est rompue. Il n'y aura plus de révélation.
Derrida intercède pour une troisième alliance qui est aussi une troisième circoncision, une alliance hétéronomique, qui ne relève ni du manque, ni de la vérité, mais d'un partage capable de déjouer toute réappropriation, de déplacer l'alliance qui passe entre la parole et l'être.
La nouvelle alliance de Jacques Derrida est une Internationale dans l'esprit de Marx. S'appuyant sur les réseaux qu'elle combat, elle transforme et déconstruit (y compris Marx). Sans renoncer au politique, elle invite à d'autres tâches.
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