| "Sujet" est un concept devant lequel Derrida n'a jamais cessé de prendre ses distances. Il ne peut l'éviter ni y renoncer complètement; mais s'il pouvait éviter d'utiliser le mot, il le ferait.
La subjectivité consciente, celle de la parole vive, est liée à l'écriture alphabétique (logocentrique). Le sujet s'y pose comme mouvement d'intériorisation et de sublimation. C'est le sujet parlant de la philosophie. Au 17ème siècle, la présence se détermine comme présence à soi, voix de la conscience, portée subjective c'est-à-dire compréhension, discours ou savoir. Elle ne peut pas être absolue.
Rendu possible par l'auto-affection de la voix, le sujet est dès le départ dérobé, différent de soi. L'archi-écriture peut le constituer en sujet libre, mais c'est dans le mouvement de son effacement, de son devenir-inconscient. Entraînée par le mouvement de brisure que produit le livre, elle fonctionne en l'absence de sujet, dans la dissémination. |