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Derrida, l'art, l'oeuvre                     Derrida, l'art, l'oeuvre
Source (livre) : Sujet, présence               Sujet, présence
Jacques Derrida - "La vérité en peinture", Ed : Flammarion, 1978, pp387-8 Portée subjective

Une oeuvre d'art se détache de sa portée subjective

Portée subjective
     
     
     
  Derrida et le sujet Derrida et le sujet    
                   
                         

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Le syntagme portée subjective est introduit dans l'analyse du texte de Heidegger, L'origine de l'oeuvre d'art. C'est une portée vocale, comme Derrida l'indique dès le début de son article (p298) : les chaussures du tableau de Van Gogh sont détachées du sujet (celui qui les portait comme celui qui les commente), elles sont détachées aussi de la correspondance, de l'échange de lettres et de voix entre ces deux savants détenteurs de l'autorité. Il y a les chaussures, et il y a leur voix qui prétend détenir la vérité des chaussures (p313). Ces voix au sujet du tableau tiennent à identifier le sujet auquel ils doivent le restituer; mais il est absent, en tous cas à cette portée-là (courte), celle de la parole vive qui se distingue d'une autre portée, beaucoup plus longue (p395, 332) : celle du fantôme qui les hante.

Quand Heidegger décrit les chaussures de paysanne en insistant sur leur utilité, leur être-produit, il "investit" (au sens d'une investiture) leur portée subjective. Il ne s'intéresse pas au tableau de Van Gogh comme tel, avec ses particularités, ses détails, ses traits singuliers. Il le décrit de manière générale, non sans tomber dans un certain pathos. Le sujet se fait alors porteur, voire propriétaire d'un certain contenu. Il est bavard, il parle du tableau, il l'enferme, le suture, le stricture dans la portée de sa voix.

Dans ce passage, Derrida n'emploie ni le mot oeuvre, ni celui d'art, mais il évoque sans cesse un tableau de Van Gogh (probablement celui-là), qui fonctionne comme paradigme de l'oeuvre d'art.

     


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