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| Le récit de l'Orloeuvre | |||||||||||||||||
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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
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L'oeuvre, au-delà du performatif | L'oeuvre, au-delà du performatif |
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| Sources (*) : |
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Derrida, performativité inouïe | Derrida, performativité inouïe |
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| Pierre Delain - "L'oeuvre, plus d'un secret", Ed : Galgal, 2011-2013, Page créée le 27 février 2011 |
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Oeuvres : répondre de l'unique | [Toute oeuvre qui produit les conventions, formulations et critères qui la légitiment, est performative "au-delà du performatif"] |
Oeuvres : répondre de l'unique |
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Concept d'oeuvre, présentation | Concept d'oeuvre, présentation |
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Le concept d'oeuvre chez J.D. | Le concept d'oeuvre chez J.D. |
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Derrida, le performatif | Derrida, le performatif |
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1. Performativité derridienne (au-delà du performatif) et auto-légitimation. Imaginons une religion qui n'aurait pas de contenu défini, et à laquelle toute personne pourrait se convertir sur la base d'un rituel de son choix. Il lui suffirait de dire, par exemple : "Je me baptise", ou bien "A partir du moment où j'aurai enfilé tel vêtement, je serai membre de cette religion", pour qu'instantanément la religion soit créée et que la personne en question en soit membre. L'acte d'entrée dans cette religion ne serait pas qu'un dire, mais aussi un faire. On pourrait qualifier cet acte de performatif. Il présenterait certains points communs avec le performatif au sens de John L. Austin ou d'Emile Benveniste - par exemple le fait que la phrase en question doive être prononcée à la première personne, dans un certain contexte, et aussi qu'elle doive être authentifiée par d'autres personnes possédant certaines compétences. Il présenterait aussi de grandes différences avec l'acte performatif usuel, par exemple : aucune formule pré-établie, bien connue et légitime, du genre, La séance est ouverte, ne serait nécessaire; on pourrait en dire, comme le dit Benveniste de l'acte de langage : Hors des circonstances qui le rendent performatifs, un tel énoncé n'est plus rien. On peut admettre que l'oeuvre performative est une religion de ce genre. Ce qui peut sembler tout à fait étrange et contradictoire, c'est que ses conditions de succès ne dépendent pas de formulations ni de critères légués par la tradition, mais de formulations ou de critères qu'elle produit elle-même. Emise sous une certaine forme, sous une certaine signature et dans certaines circonstances, elle opère comme acte, sans s'appuyer sur aucune autorité. Quelque chose arrive, mais quoi? On ne le sait pas à l'avance, car ce qui arrive est justement ce que fait l'oeuvre en tant qu'oeuvre. Ses formulations ou critères n'étant authentifiés que dans les circonstances de sa mise en oeuvre, et par aucune tradition préexistante, seule l'interprétation ou la lecture qui en sera donnée, et qui ne peut jamais être programmée à l'avance, viendra confirmer l'annonce initiale : Je reconnais que ceci, dans la situation actuelle, opère comme oeuvre. On retrouve ici la figure du jugement sans critère, que Jacques Derrida a reprise de Jean-François Lyotard. Nous sommes faits de préjugés, dit-il, nous ne pouvons pas faire autrement que d'appliquer la loi qui en résulte, bien que nous reconnaissions aujourd'hui le fait que cette loi (kafkaïenne) qui nous préjuge ne repose sur aucun fondement. Il en est ainsi de notre rapport à l'oeuvre performative (dite aussi archi-oeuvre). Bien qu'elle ne soit porteuse d'aucun savoir ni d'aucune compétence, c'est elle qui, par un acte illégitime, violent, tautologique - fait la loi.
2. Des facteurs communs au monde de l'art et à celui de l'université favorisent, dans ces milieux institutionnels, ce type d'engendrement des oeuvres. Ce sont : - par principe et par tradition, la revendication d'une liberté inconditionnelle. Toutes les questions critiques, toutes les propositions, tous les questionnements y sont admis, sans tenir compte d'aucune frontière nationale ni limitation externe. - les deux mondes sont aujourd'hui déstabilisés, désorganisés. Malgré la reconnaissance institutionnelle dont ils font l'objet, leurs territoires, leurs frontières, leurs lieux de communication et d'archivage changent radicalement. La mondialisaton des réseaux (numérisation, lisibilité immédiate, télétravail) est un événement qui les affecte en profondeur. Dans les deux cas, les compétences traditionnelles et les savoirs bien faits et délimités par des genres ou des disciplines s'estompent. Les vieilles Humanités perdent leur crédit. C'est un nouveau concept de l'homme qui s'élabore. - dans les deux cas, le concept d'"oeuvre" connaît une mutation sans précédent. Les objets d'art et de savoir ne sont plus situées en un lieu stable, identifiable, il ne sont plus classés en des métiers reconnus, dotés d'un savoir-faire déterminés. Les anciennes procédures apparaissent pour ce qu'elles sont : des simulacres structurés suivant la modalité du "comme si" (faire comme si quelque chose arrivait, mais sans que cela fasse événement). Les nouvelles oeuvres, exposées au virtuel et aux forces du dehors, résistent à toute réappropriation. Ayant perdu la cohérence et l'indivisibilité qui donnait foi en la vérité, elles sont forcées d'abandonner tout fantasme de maîtrise souveraine. Soumises aux forces du dehors, elles débordent les limites usuelles de l'autorité. A la place de la divison du travail et du savoir, au lieu des métiers reconnus, dotés d'une compétence et d'un savoir-faire déterminés, se pose la question de l'engendrement des oeuvres.
3. Extension du concept d'"oeuvre performative". Même si le mot n'y figure pas, ce concept est développé dans la préface (intitulée "Passe-partout") de La Vérité en peinture, publiée en 1978, à partir de la célèbre phrase de Cézanne "Je vous dois la vérité en peinture, et je vous la dirai". Le contrat pictural cézanien, équivalent d'un acte de langage, engage le peintre et tous ses successeurs à peindre performativement, On peut, chez Derrida, en retrouver la logique autour de nombreux thèmes ou motifs, même quand il ne s'agit ni d'oeuvre, ni d'art, ni de performatif, ni d'acte de langage. Exemples : - la production du texte, ne reposant sur aucune convention préalable (cf "Glas" et sa mutation monstrueuse (1974)), - la justice, qui exige qu'on invente chaque fois, pour chaque situation, une règle singulière (Force de loi, 1994) - décrypter et déconstruire les notions de mondialisation, cyberdémocratie, souveraineté (cf l'Université sans condition (2001)), - chaque fois que, pour répondre à une situation déterminée, il invente une écriture qui fait événement et prescrit sa propre loi (cf Apprendre à vivre enfin, 2004) On pourrait interpéter toute le corpus derridien à partir du concept d'oeuvre performative. |
-------------- Propositions -------------- -En ces temps de mutation et de déconstruction, il faut interroger ce qui arrive dans l'université, l'énigme du concept d'"oeuvre" -"Comme si la fin du travail était à l'origine du monde" : tout se passe aujourd'hui comme si, virtuellement, l'engendrement des oeuvres devait remplacer le travail réel -Le paradoxe du post-moderne, c'est que, bien que le jugement n'ait ni fondement ni critères, nous ne pouvons pas nous en débarrasser -A la question "Comment juger?", l'absence de critères est la loi, car s'il y avait des critères, il n'y aurait pas jugement mais savoir, technique, code ou simulacre de décision -La modalité du "comme si" semble appropriée à ce qu'on appelle des "oeuvres" -["Je vous dois la vérité en peinture"; dans ce contrat pictural, la vérité promise ne peut se "dire" que par l'acte de peindre, en tant qu'il franchit les limites] -Un acte performatif, en peinture, ne saurait être intentionnel ni traduisible en discours : il agirait, comme un passe-partout, sans endetter ni promettre de vérité -Inventer une écriture, c'est créer, dans chaque situation, la loi d'un événement singulier -Agir par devoir ou respect de la loi, c'est inventer chaque fois, pour chaque situation unique, la règle et l'exemple de la justice -La structure fondamentale du droit est tautologique : il se pose en mettant performativement en oeuvre les conventions qui décrètent quelle violence est légale ou illégale -Produire une "oeuvre" dans l'université, c'est faire arriver quelque chose au concept de vérité et d'humanité -[Rien, dans l'oeuvre performative, ne fait autorité : ni la Vérité, ni la Réalité, ni la libre Souveraineté d'une Fiction] -L'"indépendance" inconditionnelle de l'université l'expose aux forces du dehors; se dissociant du fantasme de souveraineté indivisible, elle oeuvre aux limites de l'autorité performative -Par son inventivité et ses oeuvres, la pensée - dans l'université ou dans tout autre lieu - résiste à toute tentative de réappropriation -Ce qui se passe dans "Glas", c'est que le texte se met à produire son propre langage, qui émerge comme une mutation monstrueuse, sans tradition ni précédent normatif |
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------- Cette page (texte et proposition) a été rédigée par le Scripteur. |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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PDel ArchiOeuvrePerformatif AA.BBB OeuvreConceptDE.LED FilOrloeuvreW.BC.WDD OeuvrePlusSecretGC.LDG ConceptOrloeuvreGC.LDD DerridaPerformatifNC.LDF DE_ArchiOeuvrePerformatifGenre = - |
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