Derrida
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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida / Lacan, cousinages                     Derrida / Lacan, cousinages
Sources (*) : La pensée derridienne : ce qui s'en restitue               La pensée derridienne : ce qui s'en restitue
Pierre Delain - "Croisements", Ed : Guilgal, 2004-2017, Page créée le 29 mai 2006

[Entre Lacan et Derrida : le cousinage des deux Jacques]

   
   
   
                 
                       

1. Proximité/éloignement, un étrange Fort/Da.

Lacan et Derrida sont presque contemporains. Même si l'un est né 29 ans après l'autre, ils se croisent entre 1961 et 1980 : l'un écrit de 1936 à 1980 et l'autre de 1961 à 2004. Peut-on qualifier de "commune" la plage des années 1960 et 1970? Oui et non. D'un côté ils ne cessent de renvoyer l'un à l'autre, mais d'un autre côté ils ont chacun leur langue. Pour les traduire l'un dans l'autre au-delà de leur effet critique, il faudrait inventer une autre langue, supplémentaire, qui ne serait ni le derridien, ni le lacanien, ni même le français courant ou philosophique. Il faudrait que cette langue, en les transformant l'un et l'autre, les laisse intacts.

 

2. Derrida contre/avec Lacan.

Alors que Lacan a très peu écrit sur Derrida, Derrida, qui lui a survécu plus de 20 ans, a mieux évalué la complexité de leur relation. En estimant que, dans son rapport à la tradition, Lacan joue un double rôle (aider à penser les logiques de l'inconscient dans leur multiplicité / interdire cette pensée en l'enfermant dans le phallocentrisme occidental), il l'a situé dans la continuité de Freud. Mais cet éloge mitigé s'accompagne de rudes critiques.

Derrida accuse Lacan de logocentrisme. Selon lui, ses principaux concepts (l'ordre symbolique (triangulaire), le signifiant, le sujet, la parole, la vérité, la lettre indivisible et indestructible, la métaphore paternelle, l'assujettissement à la loi de l'autre) excluent le "quatrième côté", celui qui échappe à la structure. En qualifiant d'"imaginaires" les dédoublements, les simulacres et les renvois qui ne reviennent pas à leur point de départ - précisément ceux à partir desquels Derrida développe sa théorie du don, son concept d'auto-affection et son schème de l'auto-immunité, Lacan construit un appareil conceptuel qui résiste à la déconstruction. En renvoyant les comportements animaux (feinte, réaction, rapport à la trace) du côté de l'imaginaire, il légitime un "propre de l'homme" plus proche de l'animal-machine cartésien que des développements freudiens.

A la logique lacanienne de la castration (qui suppose celle du manque), Derrida oppose la dissémination. Il n'y a pour lui ni retour possible de la lettre, ni fonction privilégiée du phallus, qui n'est qu'un objet parmi d'autres.

 

3. Zones de rencontre et de croisements, à considérer après-coup.

S'il était possible d'inventer cette autre langue qui les déborderait l'un et l'autre, elle passerait par quelques lieux privilégiés.

- chez l'un comme chez l'autre, la voix est plus qu'un thème, c'est un concept autour duquel on pourrait construire une chronologie de leur pensée. Pour Lacan, elle est associée à l'objet(a). Derrida commence son oeuvre en la situant comme le lieu de la présence, le point focal de la métaphysique - mais plus tard, sa signification s'inversera presque.

- l'écart des définitions témoigne de la divergence de leur cheminement. Souvent ce que Derrida retient de Freud est directement opposé à l'interprétation lacanienne. C'est le cas, par exemple, pour la castration ou la place de l'imaginaire. Inversement, ce que Lacan retient de Freud est opposé à l'interprétation derridienne : par exemple la "parole pleine" (cette chose dont la profération suffit à garantir l'autorité) ou le dévoilement-révélation de la vérité.

- chez l'un comme chez l'autre, le mot "éthique" est ambigu. D'une part, ils le déconstruisent; d'autre part, ils sont en quête d'une éthique. Chez Lacan, c'est celle du manque de l'Autre dans la cure; et chez Derrida celle du dissemblable, de l'hétérogène ou du tout autre.

- dans son analyse critique, Jacques Derrida privilégie la question du sujet. En tant qu'il suppose un propre de l'homme opposé à l'animalité, le concept lacanien resterait fondamentalement cartésien, traditionnel. Mais c'est omettre le thème de la coupure tel qu'il est développé par Lacan dans les années 1960, un thème qui croise, dans un autre vocabulaire, l'itérabilité derridienne.

 

 

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Propositions

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Plus que de tout autre à leur époque, on peut rapprocher les travaux de Derrida et de Lacan à cause de leur effet critique

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L'appareil théorique de Lacan, marqué par le logocentrisme de la parole pleine et de la vérité, résiste à une déconstruction générale

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La littérature ou l'art sont souvent porteurs d'une déconstruction générale à quoi résistent les appareils conceptuels

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Le discours de Lacan joue un double rôle : aider à penser la multiplicité des logiques de l'inconscient, interdire une telle pensée

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[Dans le prolongement de la psychanalyse, la dissémination résiste indéfiniment à l'effet de subjectivité que Lacan appelle ordre du symbolique]

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La dissémination est la force qui permet à une marque de rompre son attache avec l'unité d'un signifié et de défaire l'édredon du symbolique

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[La lettre derridienne est disséminante, tandis que celle de Lacan est indivisible, toujours identique à elle-même, quels que soient les morcellements de son corps]

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[Derrida, le phallus, le sexuel]

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Emphase de la parole, la logique lacanienne du signifiant appartient au système logocentrique de la vérité

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Le système de la "parole vraie et authentique" s'appuie sur la responsabilité dans son sens le plus humaniste : s'acquitter adéquatement de ce qu'on doit (devoir et dette)

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Pour construire la scène du signifiant et du signifié, la logique du signe doit exclure le problème du cadre, de la signature et du parergon

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Le système du signifiant entretient un effet de cadre, une logique du quart exclu où se dérobe la restance du texte

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La structure disséminale, c'est qu'il n'y a pas de retour possible de la lettre

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Il est toujours possible que des traces s'effacent, mais nul ne peut garantir leur destruction définitive

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Une éthique qui se veut universelle repose sur une métaphysique de l'assujettissement à la loi de l'autre

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Par sa théorie du symbolique, Lacan tente de contrôler l'affolement angoissant que provoquent les renvois de simulacre à simulacre, de double à double

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La distinction entre imaginaire et symbolique est sans pertinence : un regard n'a pas plus à voir avec la perception qu'avec la loi

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En limitant son analyse critique du concept lacanien de sujet aux textes antérieurs à 1960, Derrida dénie le potentiel déconstructeur du thème de la "coupure" du sujet

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Les distinctions code/langage ou réaction/réponse ne valent que pour légitimer la frontière animal/humain, qui dénie l'itérabilité ou l'automaticité incluse dans toute réponse

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Le phallogocentrisme est une chose qui parle d'elle-même : elle a toujours raison quand elle s'entend

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La place de la voix dans la controverse entre Lacan et Derrida reflète les tensions de l'époque

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La lettre lacanienne, comme le signifiant, est unique, indivisible et indestructible; son trajet propre la reconduit toujours à son point de départ

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On peut, par une logique du quatre, desserrer l'interprétation métaphysique de la castration, qui lui donne valeur de signifié transcendantal

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Le phallus n'occupe aucun centre, aucun lieu naturel, il n'est qu'un des éléments d'une chaîne infiniment ouverte, d'une dissémination qui menace la signification

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Entre la feinte animale et l'aptitude à "feindre la feinte" supposée exclusivement humaine par Lacan, il est impossible d'assigner une limite stable et indivisible

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Une éthique de justice n'engage pas seulement ma responsabilité à l'égard du semblable, mais aussi du dissemblable, du tout autre ou du monstrueusement autre

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Chronologie comparée du rapport à la voix dans Lacan et Derrida

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Lire, c'est traduire l'idiome d'un autre dans une langue à inventer

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