| Pour Derrida, le jeu est un champ de substitutions infinies, un espace incalculable, ouvert, non totalisable, de don et de supplémentation. En tant qu'il produit les différences, ce jeu est la différance. Rien ne peut l'arrêter.
Le jeu le plus vieux est celui de la trace. Il est plus vieux que la vérité de l'être. N'ayant pas d'essence, il va sans cesse disparaissant.
On joue aussi par l'imagination, quand elle est libre et spontanée - c'est-à-dire sans concept, comme aurait dit Kant. Cela peut survenir dans l'art, par exemple dans la photographie, quand elle échappe à la rhétorique.
Une pensée affirmative du jeu pourrait inspirer un nouvel humanisme, si elle allait au-delà de l'homme, au-delà de la présence pleine et rassurante. |