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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida- De "la vie la mort" au "pas au - delà"                     Derrida- De "la vie la mort" au "pas au - delà"
Sources (*) : "La vie la mort" : graphies d'alliance               "La vie la mort" : graphies d'alliance
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 13 mai 2019 Derrida, la marche, le pas

[En s'alliant, "la vie la mort" inaugurent une marche, un "pas au-delà"]

Derrida, la marche, le pas
   
   
   
"La vie la mort", ce qui s'en éparpille "La vie la mort", ce qui s'en éparpille
[La] matrice derridienne (ce qui s'en prescrit)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en prescrit)    
Derrida, la vie, la survie                     Derrida, la vie, la survie    

1. Une annonce.

Dans la première séance du séminaire "La vie la mort", Jacques Derrida écrit : "J'annonce par anticipation que c'est à une certaine autre pensée de l'au-delà, de au-delà, du Jenseits de Nietzsche et de Freud et surtout du pas au-delà de Blanchot que je voudrais conduire ce séminaire" (p24). Alors que, dans le cours de ce séminaire, il cite des textes d'autres auteurs (Martin Heidegger, François Jacob, Georges Canguilhem) et mentionne aussi le nom de Sarah Kofman, seuls Nietzsche, Freud et Blanchot semblent concernés par le "pas au-delà" dont il va être question. Qu'y a-t-il de commun entre ces trois noms, et qu'ont-ils de commun avec le quatrième nom qui s'ajoute implicitement à ces trois-là, Derrida lui-même ? Tous quatre ont laissé des écrits d'un certain type qui ouvrent la voie d'un certain pas au-delà. Rien ne dit qu'il s'agit, pour ces quatre noms, du même pas. Il peut y avoir différentes sortes de pas au-delà. Mais ce qui, dans le séminaire 1975-76, est implicite, c'est que ni Canguilhem, ni Jacob, ni Heidegger, ne font partie de la liste. On peut en déduire que leurs écrits n'auraient pas, selon Derrida, cette faculté d'ouverture d'un pas, ou bien qu'ils montreraient une résistance à une telle ouverture. Inversement pour certains auteurs, et seulement eux, le pas au-delà ouvre un certain frayage dont on ne pourra préciser les contours qu'à la fin du séminaire.

 

2. L'au-delà dans les textes publiés (premier préalable).

Dans toute son œuvre, Jacques Derrida aura multiplié les formulations du "pas au-delà". On peut citer, en premier lieu, l'expression platonicienne epekeina tes ousias qu'on peut traduire par au-delà de l'étantité, au-delà de la présence ou au-delà de l'être, mentionnée dès 1963 ans Cogito et histoire de la folie (EED p87) et reprise sous différents angles dans de très nombreux textes. Ce qui caractérise cet au-delà énigmatique, ce bien par excellence (agaton), ce lieu inaccessible, ce n'est pas une qualité ni une détermination particulière, c'est qu'il oriente vers une destination inconnue, un telos sans telos, un lieu vers lequel il faut aller.

Cette dimension du "Il faut" se retrouve dans tous les au-delà derridiens : au-delà du souverain, au-delà du droit, au-delà du "oui", au-delà de la cruauté, au-delà de l'homme, au-delà du deuil, au-delà du politique ou bien, pour ce qui concerne le politique, au-delà dans (le politique), etc.

Parler de pas au-delà en général, c'est s'abstraire de tous les contenus possibles de l'au-delà. On dira que c'est l'événement imprévisible, à venir, qu'il serait contradictoire de vouloir préciser, déterminer ou programmer. Tout ce qu'on peut faire, c'est l'annoncer. Dans la séance inaugurale de ce séminaire, Jacques Derrida l'annonce à partir de "la vie la mort", ce qui conduit à supposer que cette expression-là, dans sa singularité, en tant qu'elle est irréductible à une opposition classique, ouvre ce que je nommerais la généralité du pas au-delà, dont la principale qualité, dans les termes usuels de la métaphysique, est qu'on ne peut rien en dire, ou plus exactement, que rien ne peut en être dit sauf dans les textes attachés à certains noms (j'insiste sur le mot sauf), en l'occurrence ce carré d'as ou trois + un (Nietzsche, Freud, Blanchot, Derrida), qui feraient exception car ils auraient la particularité d'avoir pu laisser, dans leurs écrits, effleurer quelque chose à son sujet.

 

3. Quand dire, c'est faire (deuxième préalable).

Par rapport à ces trois ou quatre noms, au-delà de ce qu'ils disent, on peut s'interroger sur ce qu'ils font, et particulièrement sur ce que fait Derrida. Que fait-il ? Par obligation, il enseigne un cours d'agrégation, mais par choix, il dit "je". Il fait autre chose que d'enseigner. Quand il annonce le "pas au-delà", son annonce n'est pas constative, elle est performative. Avant lui, peut-être n'y avait-il pas de "pas au-delà" dans les textes concernés, peut-être ce "pas au-delà" n'est-il advenu qu'après son annonce. Ce n'est pas un hasard si la publication de la deuxième séance du séminaire sous le titre Otobiographie, en 1984, est précédée par un chapitre sur la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique. Par cette déclaration, le peuple américain est né, et par l'annonce de La vie la mort, la question du "pas au-delà" a accédé à un autre positionnement théorique, qui ne se caractérise pas seulement par sa nouveauté, mais aussi par son statut politique et stratégique. Le "pas au-delà" est un mouvement, une démarche, un speech act au sens fort du terme. C'est un acte de langage qui n'engage pas que son énonciateur, mais nous engage, nous aussi, à sa suite. Quelques années plus tard, en 1978, dans Restitutions, De la vérité en pointure, Derrida citera une autre phrase signée par Cézanne, Je vous dois la vérité la vérité en peinture, et je vous la dirai, qui selon lui engageait également tous les peintres à sa suite. Avec le "pas au-delà", il s'agit d'un contrat de ce type, qui déborde celui qui l'énonce, et qui déborde aussi le champ dans lequel il est énoncé.

 

4. L'inouï (troisième préalable).

La problématique de l'oreille, d'une oreille "toute autre que l'autre", ouvre à la question de l'inouï, déjà largement problématisée par Derrida au début des années 1970, avant la parution de Glas, et donc plusieurs années avant le séminaire "la vie la mort". Cette problématique est aussi celle de l'autre oreille nietzschéenne, une oreille à venir qui concrétiserait l'inversion des valeurs. Quand, dans ses conférences Sur l'avenir de nos établissements d'enseignement, Nietzsche critique le lien ombilical, oral, qui se noue entre la bouche de l'enseignant et l'oreille de l'entendeur, il ne donne pas beaucoup de précisions sur l'autre oreille, qui devrait être géniale, métaphorique, absolument singulière, unique, insubstituable. Si elle a jamais existé dans la vie courante de l'université, cette oreille virtuelle a déjà disparu. Pour en parler, il évoque la figure d'un Œdipe aveugle, solitaire, le tout dernier homme qui, se mettant en marche, ne s'adresse plus à personne. Il ne s'entend plus parler, ne se voit plus, ne se connaît plus, jusqu'à l'oubli complet du moi-même. Alors seulement, au-delà d'une auto-thanatographie (le récit de ma mort), privé de toute assistance, il peut laisser venir un "je" absolument singulier.

Il faut, disait Derrida dans l'introduction au recueil Marges, rédigée en 1972, crever le tympan de la philosophie : surprendre la raison, la perturber, renoncer à entendre, à comprendre, à opposer le dehors et le dedans.

 

5. Mon pas.

J'en viens maintenant à la question du "pas", que par définition on ne peut approcher que petit à petit, de pas en pas. Dans la deuxième séance du séminaire (p61), Derrida mentionne Blanchot une deuxième fois à propos de deux passages de Nietzsche prélevés dans Ecce homo. Premier passage : "Eh bien, je suis l'opposé d'un décadent, car c'est moi-même que je viens de décrire" (Nietzsche, O.C., tome VIII, p248). Deuxième passage : "Pour pouvoir comprendre la moindre chose à mon Zarathoustra, on doit peut-être se trouver à peu près dans la même condition que moi - avec un pied au-delà de la vie" (ibid p530, retraduit par Derrida). Dans Otobiographies, version réécrite de son séminaire, Derrida déclare : "Ce qui compte en fin de compte et au-delà du compte, c'est un certain pas au-delà. Je pense ici à la syntaxe sans syntaxe du pas au-delà de Blanchot : il aborde la mort dans ce que j'appellerai une dé-marche de franchissement ou de transgression impossible". Après cette phrase, Derrida cite Nietzsche, et ajoute "Un pied, et par-delà l'opposition entre la vie ou le mort, un seul pas" (p69).

Je voudrais insister sur ce membre de phrase que j'ai du relire plusieurs fois avant de me persuader que ce n'était pas une coquille, mais une expression corroborée par le reste du texte. Je relis donc : "Un pied, et par-delà l'opposition entre la vie ou le mort, un seul pas". J'ai bien dit la vie ou le mort, ce dernier terme étant au masculin, et non pas la mort, au féminin. Dans le texte du séminaire (p61), avant réécriture, Derrida marque une hésitation entre ou et et. Il écrit : "C'est donc plutôt que la vie ou, et/ou la mort, le pas-au-delà qui compte". En 1975, les deux termes de l'alternative sont la vie et la mort (deux féminins), mais ce qui compte ce n'est pas le choix entre la vie ou la mort, ni l'opposition entre la vie et la mort, mais le pas au-delà. Dans le texte d'Otobiographies de 1984, dans lequel je suppose qu'il ne s'agit pas d'une coquille mais d'une véritable réécriture, Derrida écrit bel et bien "Un pied, et par-delà l'opposition entre la vie ou le mort, un seul pas". Il évite et la conjonction la vie et la mort, et la disjonction la vie ou la mort, en les remplaçant par une dissymétrie plus radicale : la vie ou le mort. Dans cette étrange opposition, ce qui est opposé à la vie en général, au concept de vie, c'est le mort en particulier, qui n'est plus un concept mais un individu mort ou un cadavre.

Dans "la vie ou le mort", une singularité est introduite. Le mort n'est pas un "Quoi", c'est un "Qui". Qui est le mort? D'après la citation de Nietzsche, ce peut être mon père, ou ce peut être moi. Dans Ecce homo, Nietzsche se pose comme le lieu où l'alliance entre son père mort et sa mère vivante est confirmée et aussi transgressée. Le pas au-delà de cette alliance, de ce retour éternel, c'est la transmutation des valeurs, mais cette transmutation ne vaut que pour lui. Il ne peut pas y avoir de transmutation dans la vie en général, dans le concept de vie, mais seulement chez un mort, moi par exemple, cet auteur mort qui sera peut-être lu, plus tard.

On retrouve une structure analogue dans l'analyse du pas au-delà de Blanchot effectuée par Derrida dès l'année suivante dans Pas (texte dont la première version est parue dans Gramma en 1976, repris dans Parages en 1986), dont je donne ici un résumé. Comme dans le texte de Nietzsche, il ne s'agit pas du pas en général, mais de mon pas, ma mort. C'est moi-même que je viens de décrire, dit Niezsche, et c'est lui, Nietzsche, qui insiste en mettant l'expression moi-même en italiques. Un pas suit l'autre, un pas annule l'autre, un pas appelle l'autre, mais ce mouvement n'est pas infini. Il y a un moment de paralysie, d'arrêt, devant l'autre pas, celui d'au-delà de ma vie selon Nietzsche, et de ma mort selon Blanchot, l'accent devant être mis, dans les deux cas, sur l'adjectif possessif, ma. Pour ces deux auteurs cités au début du séminaire, le "pas au-delà" n'est pas une abstraction, c'est "mon pas au-delà", un pas au-delà, le mien, qui compte plus que la vie, plus que la mort, plus que "la vie la mort", et qui n'entre dans aucune conjonction ni disjonction, puisqu'il s'agit de "la vie le mort", expression dissymétrique qui ne peut ni s'ajouter, ni s'opposer.

On connaît la particularité spécifique de la langue française, dans laquelle le "pas au-delà" est ambigu, puisqu'au pas de la marche (substantif), un pas positif, affirmatif, s'ajoute le pas de la négation, complément de l'adverbe "ne". Le pas, qu'il soit substantif ou adverbe, s'annule en se franchissant. Tel est le rapport entre la vie et le mort : pour dire quelque chose de la vie en général, il faut renoncer à ma vie, il faut faire le mort.

 

6. Le droit de spéculer.

Dès le début de la onzième séance du séminaire "la vie la mort" (1975-76) où il entame la discussion sur Freud, Jacques Derrida prévient : "J'avais annoncé aussi d'un mot que la logique de l'au-delà, du pas au-delà, ne serait donc pas en rapport d'opposition, mais dans un autre rapport avec ce qu'elle franchit ou dont elle s'affranchit transgressivement. Cela vaut pour l'Au-delà du bien et du mal, et pour l'Au-delà du principe de plaisir" (LVLM p275). Dans la réécriture de ce publiée en 1980 dans La Carte Postale, l'annonce est un peu différente : "Il avait été annoncé qu'une "logique" de l'au-delà, ou plutôt du pas au-delà, viendrait déborder la logique de la position : sans se substituer à elle, sans s'y opposer surtout, ouvrant un autre rapport, rapport sans rapport ou sans commune mesure, à ce qu'elle franchit de son pas ou dont elle s'affranchit d'un coup. Mais ni le coup ni le pas ne sont ici d'un trait indivisible" (LCP p278). Pour évoquer le "pas au-delà", il faut un autre franchissement qui mette le mot logique entre guillemets. Ce franchissement, il pourrait avoir eu lieu pour Derrida un peu après 1976, puisqu'il prend la peine d'ajouter des paragraphes sur ce thème dans le texte de 1980, par exemple p287 : "A la piste nous suivrons tous les pas, pas à pas et pas sans pas, qui conduisent Au-delà..., dans le singulier chemin de la spéculation. Tel chemin n'existe pas avant le frayage de l'écriture athétique (...) et si occupé qu'il soit de revenants, il ne revient pas sur lui-même, il n'a ni la forme du cercle dialectique, ni celle du cercle herméneutique. (...) Il se construit selon un interminable détour : qu'il décrit "lui-même" écrit et désécrit". Tout se passe comme si Derrida lui-même, dans cette période, avait précisé son "pas au-delà", qu'il l'avait radicalisé et qu'il désirait l'assumer encore plus.

 

7. De "La vie la mort" à "Ma vie ma mort".

Dans cette lecture, s'il y a chez Derrida une transgression, c'est quand il passe de "la vie", objet de la biologie, de la philosophie (s'il y a une philosophie de la vie) ou de la psychanalyse, à "ma vie", une formulation qui n'entre ni dans la biologie, ni dans la philosophie, ni dans la psychanalyse et qui est en elle-même, par rapport à ces trois champs, un au-delà.

Entre la vie et la mort il y a une dissymétrie radicale, irréductible. D'un côté celui qui parle de la vie est lui-même vivant, il participe de ce dont il parle, tandis que la mort est une chose impensable, étrangère à l'être, impossible à expérimenter. On ne peut aborder cette dissymétrie ni par la logique, ni par la connaissance, ni par la problématique du message, du code et de l'information, mais seulement par une autre topique, par ce que Derrida nomme une altérité d'un autre ordre. Qu'est-ce que cette altérité et que peut-on en dire, si on peut en dire quelque chose ?

 

8. De "Ma vie ma mort" à "Ma vie mon œuvre".

Ce que Freud nomme la pulsion de mort, réinterprété, prend chez Derrida un autre nom : graphique de la différance. La graphique (féminin) est un mouvement, une altérité irréductible, spéculative, ininscriptible comme telle, inarrêtable (la stricture), mais qui néanmoins produit une inscription à même le principe de plaisir. C'est une autre alliance, supplémentaire, qui déborde "la vie la mort" et s'actualise à chaque lecture, pour chacun, sur un mode singulier. Dans le mouvement du séminaire 1975/76, qui s'interrompt au dernier chapitre du texte Au-delà du principe de plaisir de Freud, on peut le résumer par l'expression "ma vie mon œuvre". Le jeu dit du Fort:da du petit Ernst symbolise ce mouvement auto-allo-bio-thanato-graphique où le tout autre, en silence, est à l'œuvre.

 

9. "Ce qui m'intéresse", c'est un "Il faut".

Dès le début du séminaire comme au début même de son œuvre, Derrida annonce ce vers quoi il voudrait conduire ses auditeurs. Dans la deuxième mention du "pas au-delà", il déclare qu'il ne faut pas en rester à un système d'opposition, car "l'opposition a toujours pour effet d'effacer la différencialité. Ce qui m'intéresse au titre de l'au-delà et du pas au-delà, c'est bien cette limite sans opposition de l'opposition et de la différence" (Séminaire LVLM p38). Ce qui m'intéresse dit-il (c'est moi qui souligne "ce qui m'intéresse"), ce n'est pas la mort comme contraire ou limite de la vie, c'est un autre lieu, impensable. Au-delà de l'opposition mort/vie (le "et" de la vie et la mort), au-delà de la vie courante ou de l'étantité (le "est" de la vie est la mort), ce qui l'intéresse est une altérité toute autre qu'on peut peut-être penser à partir de l'expression "la vie le mort", cette alliance qui juxtapose un concept et une singularité.

C'est un commandement personnel, son commandement singulier, qui peut s'écrire : "Il faut acquiescer au pas au-delà", en un lieu où convergent le "blanc" de Blanchot et le "oui oui" de Nietzsche. Il aura travaillé toute sa vie à ce "pas au-delà" qui implique une œuvre, un certain rapport entre "ma vie" et "mon œuvre", et un certain rapport entre la vie et la mort qui se traduit par autre chose, un plus-que-la-vie. Peut-être la phrase de Paul Celan, qu'il a découverte, commentée et interprétée tardivement (en 2002 et après), Die Welt ist fort, ich muss dich tragen, vient-elle dans la scène d'écriture derridienne, de l'événement du "pas au-delà".

Le texte de Freud, Au-delà du principe de plaisir, se termine par un questionnement autour de la pulsion de mort. Que faire après cela? Derrida tentera de répondre à cette question dans son texte de 2000, Etats d'âme de la psychanalyse. Comment penser un au-delà inconditionnel de la pulsion de mort, de la cruauté ? Ce pas au-delà des inconditionnalités, c'est celui que Freud n'a pas franchi.

Derrida aboutit à un "Il faut" sans alibi, qui suppose la matrice de la théologie négative.

 

10. La mise à l'épreuve des "pas au-delà".

Le "pas au-delà" est une notion théorique, un héritage de l'histoire de la philosophie; mais il est aussi dans la langue, l'expérience, ce qu'on appelle la vie là où elle est doit être sans cesse réitérée, renouée, dans le discours courant ou ailleurs, par exemple dans les films.

 

 

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Propositions

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Ceux qui pensent la vie comme ils pensent l'être en restent à la représentation; ils ne peuvent pas penser l'être-mort

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"La vie la mort" ne forment pas deux, mais une altérité d'un autre ordre

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Il faut aller au-delà du lien ombilical qui, dans l'enseignement académique, se noue entre la bouche (vivante) du père (mort) et l'oreille de l'entendeur (l'étudiant)

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Le "retour éternel" de Nietzsche, c'est qu'il appelle à transgresser d'un pas l'alliance du "Je suis mort" (déjà mort - le père) et du "Je vis" (la Vivante, la survivante - la mère)

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[Pour vivre l'alliance "la vie la mort", il faut s'engager dans une autre alliance, pas moins aporétique : "ma vie ma mort"]

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["Sauf le nom" : Il faut sauver le nom (de Dieu) pour se rendre, au-delà de l'être, en ce lieu "post-scriptum" qui s'abandonne à l'aporie]

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Structure du "pas" : il faut qu'il s'annule en se franchissant, s'altère en conservant son au-delà, que la marche et la négation se contaminent dans le mouvement de la langue

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En Oedipe aveugle, solitaire, se met en marche le pas au-delà inouï du tout dernier homme qui ne s'adresse plus à personne et ne peut même plus se garder comme dernier

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La philosophie a la structure d'un tympan : il faut la crever pour l'empêcher de prêter ses catégories au logos de l'autre

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[L'oeuvre est le lieu où les pulsions de mort sont indissociables d'une graphique de la différance]

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Le "pas au-delà" de Freud dans "Au-delà du principe de plaisir" tient à l'impossibilité de s'arrêter à une thèse ou une conclusion posée comme théorique ou scientifique

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[Dans le principe de plaisir qui, selon Freud, domine la vie psychique, est à l'oeuvre, en silence, le "tout autre"]

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[Il y a, entre vie et mort, des moments d'auto-hétéro-graphie qui mettent l'alliance en mouvement, la transforment]

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["Ich muss dich tragen", un événement dans la scène d'écriture derridienne (1975-2003)]

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[(Cinéloft) : En faisant l'épreuve du "pas au-delà" de la:vie:la:mort]

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