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de Jacques Derrida

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Derrida- De "la vie la mort" au "pas au - delà"                     Derrida- De "la vie la mort" au "pas au - delà"
Sources (*) : Derrida, Nietzsche               Derrida, Nietzsche
Jacques Derrida - "Otobiographies, L'enseignement de Nietzsche et la politique du nom propre", Ed : Galilée, 1984, pp110-118

 

Autoportrait I (G. Bas…, 1996) -

Derrida, le savoir, l'université

Il faut aller au-delà du lien ombilical qui, dans l'enseignement académique, se noue entre la bouche (vivante) du père (mort) et l'oreille de l'entendeur (l'étudiant)

Derrida, le savoir, l'université
   
   
   
Derrida, l'ouïe, l'audition Derrida, l'ouïe, l'audition
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Jacques Derrida commente un texte "de jeunesse" de Nietzsche, cinq conférences prononcées en 1872, publiées ultérieurement (sans l'accord de l'auteur) sous le titre : Sur l'avenir de nos établissements d'enseignement. Nietzsche y critique vigoureusement la liberté académique et son corrélat, le laisser-aller, qui conduit selon lui à la dégradation de l'enseignement. Il faut soumettre l'adolescent à une sévère éducation de soi, un dressage linguistique, en privilégiant le corps vivant de la langue. Ce qui compte est moins la transmission du savoir que l'apprentissage de la langue maternelle, pas pour connaître, mais pour agir. Nietzsche est dégoûté à l'idée de démocratiser l'université, ce qui revient à nier les droits du génie.

Jacques Derrida attire l'attention sur la place de l'oreille dans ce discours de Nietzsche. L'étudiant qui se croit libre et autonome ouvre de grandes oreilles. Il écoute, il entend toutes ouïes, "suspendu au cordon ombilical de l'université" (Nietzsche cité par Derrida, p109). En général, pour faire son cours, le professeur lit un texte pré-existant. L'étudiant prend des notes en fonction de ce qu'il entend (sténographie, gramophonie). C'est un lien direct, oral, un omphalos entre une bouche et une oreille. Ce lien vivant ne transmet pas la parole d'un vivant, mais d'auteurs morts (ceux qui sont cités, l'enseignant fonctionnaire de l'Etat, les appareils scolaires ou toutes les formes d'assujettissement à l'Etat hegelien). C'est ainsi que, dans l'université, la vie et la mort se conjoignent, deviennent indissociables ("la vie la mort", titre du séminaire 1975-76). La production académique du maître est entendue par l'étudiant comme une chose vivante à laquelle il faut croire. Ainsi fonctionne la machine à culture, l'appareil académique. Pour Nietzsche, ce fonctionnement à l'oreille est une marque de servilité, de soumission aux valeurs vulgaires (le bien, le vrai) qu'il abhorre. Il dira plus tard (Ecce Homo, Pourquoi je suis un destin, 1888) qu'il ne veut pas d'une telle oreille pour sa parole. En l'absence d'un autre genre d'oreille, il préfère n'être ni compris, ni entendu. Une telle incompréhension est même nécessaire pour lui rendre justice. Il faut une force, une puissance regénérante, pour entendre ce qu'il a à dire. Cela ne viendra pas par la "liberté académique" des universités, mais par un guide, un führer. On voit ici poindre la thèse qui sera reprise et instrumentalisée par les nazis.

 

 

Nietzsche en appelle à une autre oreille. Laquelle ? Il ne peut pas le savoir. Peut-être un autre genre d'écoute de l'ordre du surhomme, du génie, ou alors peut-être l'anticipation d'un pas d'oreille qui serait aussi un pas au-delà de l'oreille, un pas au-delà de l'écoute des foules impersonnelles d'étudiants, une oreille à venir qui concrétiserait l'inversion des valeurs. Il ne répond pas, ne dit rien sur cette oreille [ou alors, il aura répondu par la folie]. On devine qu'il la faudra absolument singulière, unique, insubstituable. Dans la vie courante de l'université, cette oreille virtuelle a déjà disparu (si elle a jamais existé). Elle s'est déjà noyée dans la banalité du texte. Ce que Derrida appelle la Vivante, cette figure maternelle complice de l'élimination de tout nom propre dissonant, cette figure qui survit à toute singularité susceptible de menacer l'ombilic bouche-oreille, cette figure qui peut s'incarner aussi dans le corps du père ou dans des fragments de corps du père, la Vivante donc garantit la perpétuation de cette construction phallique-orale.

Nietzsche est dégoûté par ce qui pour lui est une confusion entre la mort et la vie. Il appelle autre chose, sans le nommer. A ce point Derrida fait observer que la femme (à ne pas confondre avec la mère, ni avec l'acolyte de la mère qu'est sa sœur) est absente des écrits de Nietzsche. Sans doute est-ce de ce côté-là, du côté d'un autre labyrinthe invaginé, d'une oreille intérieure, d'un autre contrat de crédit où l'ombilic est remplacé par l'hymen, qu'il faut chercher.

 


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