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Derrida, Nietzsche                     Derrida, Nietzsche
Sources (*) : Derrida, la Shoah               Derrida, la Shoah
Jacques Derrida - "Otobiographies, L'enseignement de Nietzsche et la politique du nom propre", Ed : Galilée, 1984, p99

 

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Au cœur de l'Europe : totalitarismes, nazisme

Nous ne savons pas encore penser le nazisme, car la machine à produire les énoncés nazis peut aussi produire des énoncés anti-nazis

Au cœur de l'Europe : totalitarismes, nazisme
   
   
   
               
                       

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Pour rendre compte du rapport entre la vie de Nietzsche et son œuvre, Jacques Derrida choisit de commenter le texte des conférences qu'il a prononcées en 1872, publiées ultérieurement sous le titre l'Avenir de nos établissements d'enseignement. Nietzsche s'en prend dans ces conférences aux valeurs constitutives d'une pédagogie "de gauche", dans des termes qui ont servi de mots d'ordre aux nazis pour détruire la liberté et à l'autonomie des universités. Cette réutilisation des mêmes énoncés, dans un autre contexte, fait-elle de Nietzsche un nazi? Lui-même semble avoir regretté ces conférences, avoir juré de ne pas les publier. Il aurait voulu oublier ce texte qui invite à une transformation radicale des établissements d'enseignement sous la direction d'un guide, un führer, à une contrainte, un dressage, une sélection, une obéissance capables de sauver l'esprit allemand, le ressusciter et le regénérer à partir de ses cendres. Cette thématique de revitalisation par le corps, par une force vitale qui renverse les valeurs, revient dans ses textes ultérieurs.

A la lecture de ces textes, on peut, indissociablement, interpréter Nietzsche comme nazi ou antinazi. On peut dire qu'il n'aurait jamais voulu ça, qu'il aurait vomi ce comportement, et l'on peut aussi dire que ce sont les mêmes mots, le même corpus. La pensée nietzschéenne de la regénération résonne à la fois avec le nazisme et sa négation, elle marie deux forces contraires, les conjugue comme "la vie la mort", dans une ambiguité analogue. Nietzsche étant mort avant son nom (p93) n'aura pas pu maîtriser les effets de son texte. Il aura été rattrapé par la décomposition de la culture européenne qu'il dénonçait. Tout se passe comme si la même machine, avec ses déterminations linguistiques, historiques, politiques, idéologiques, fantasmatiques, etc. produisait les deux types d'énoncés sans pouvoir les arrêter, comme si une puissante programmation pouvait marier des énoncés apparemment incompatibles, comme la vie et la mort se marient dans l'écriture et dans l'enseignement.

On retrouve cette ambiguité chez d'autres auteurs comme Heidegger, et même Marx (la violence de classe) ou Freud (la pulsion de mort). On ne peut arrêter la puissante machine programmatrice qu'en la transformant, par une réécriture pratique qui ne se produit pas que dans les livres. Il y va du 20ème siècle, de l'Europe, et de toutes les prises de positions, aujourd'hui. Il ne suffit pas de restituer la syntaxe du système, il ne suffit pas d'analyser ses paradoxes et ses renversements, il ne suffit pas de rappeler l'intention des signataires, car le programme inconscient continue à se faire entendre, il peut servir de référence légitimante à tous les discours, comme cela s'est produit avec Nietzsche et les nazis. "L'avenir du texte-Nietzsche n'est pas clos", écrit Derrida (p98), son "nom a encore tout son avenir" (p99), sa portée est imprévisible. Entre Nietzsche nazi et anti-nazi, on ne peut pas trancher. Il peut toujours y avoir d'autres "interventions performatives dans la récriture politique du texte", d'autres oreilles. Cela vaut pour Nietzsche, mais aussi pour Hegel, Heidegger ou Marx.

 

 

Ceci a été dit en 1975 et publié en 1984. Dans les décennies qui suivent, cette réflexion s'est poursuivie autour de la critique de Heidegger et de la thématique du mal radical. En avertissant sur la possibilité d'un autre séisme, pire encore, à venir, dont le national-socialisme et le fascisme n'auraient été que des épisodes, Derrida invite à lire, relire et réinterpréter ces corpus.

 


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