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de Jacques Derrida

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Freud, une scène d'écriture                     Freud, une scène d'écriture
Sources (*) : Derrida : "la vie la mort" vs "ma vie mon œuvre"               Derrida : "la vie la mort" vs "ma vie mon œuvre"
Jacques Derrida - "Séminaire 1975-76 "La vie la mort"", Ed : Seuil, 2019, pp317, 319, 320

 

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Le Fort:Da du petit-fils de Freud, cette scène d'écriture auto-bio-thanato-hétéro-graphique, ce "pas au-delà" qui n'avance pas, c'est un pas de plus qui n'ajoute "rien"

   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida s'interroge sur les raisons pour lesquelles Freud raconte l'histoire du jeu de son petit-fils dans le deuxième chapitre de Au-delà du principe de plaisir. Qu'apporte-t-il sous l'angle du plaisir / déplaisir ? Même si l'enfant semble marquer sa satisfaction, il ne confirme pas plus l'autorité du principe qu'il ne l'infirme. Pour le faire entrer dans son système de pensée, Freud doit multiplier les hypothèses : le jeu serait lié aux absences de la mère que l'enfant cherche à maîtriser. Ce qui est sûr, c'est que Ernst ne cesse de recommencer, et que Freud lui-même ne cesse de se remémorer ce souvenir. Il y a pour eux deux compulsion de répétition. Quant à Jacques Derrida, il tient à affirmer que cela n'ajoute rien à la validité du principe de plaisir - et que finalement c'est ce rien qui compte. Pour arriver à cela, Derrida construit lui aussi, à partir de cette scène qu'il lit comme scène d'écriture, un complexe système d'interprétation.

Dans le tapuscrit du séminaire La vie la mort (1975-76), Jacques Derrida retient pour titre principal de cette douzième séance Legs de Freud, qu'il conservera lors des publications ultérieures (en 1978 dans la revue Etudes Freudiennes, en 1980 dans Spéculer sur "Freud") mais sur la première page du tapuscrit il envisage aussi, en plus, un autre titre, écrit en couleur : Auto-bio-thanato-etero-graphique. Sur la dernière page du manuscrit, où l'on trouve aussi le mot-valise autobiothanatoétérographique pour qualifier le récit freudien du jeu du Fort/da, il y a d'autres ajouts manuscrits que les éditrices du séminaire résument de la façon suivante : "Au bas de la dernière page du tapuscrit de cette séance, il y a plusieurs lignes, de deux couleurs différentes, dont certaines sont raturées : le mot "supplément."; une flèche part du mot "scène" de la dernière ligne du texte et conduit à l'ajout : "marche, pas/ cf. la fin de F <reud> et la s<cène de l'écriture>". Il y a un autre ajout de plusieurs mots : "Au-delà/ déjà y renonce et n'avance pas, <mot illisible> pas <mot illisible> / n'avance pas, comme un pas/ qui n'avance pas <un mot illisible>". Quatre autres lignes sont ou illisibles ou raturées".

Si l'on en croit ces traces manuscrites, l'enjeu de la discussion derridienne est la question du "pas au-delà". C'est cette question qui traverse entièrement le séminaire La vie la mort depuis la première séance. Avec le jeu du Fort/Da, Freud met en jeu plusieurs dimensions de sa biographie. Quelque chose n'avance pas, comme dit Derrida. Mais il n'en reste pas à ce danger de circularité, il persiste, il intercale dans son texte sur l'Au-delà du principe de plaisir ce chapitre II : Principe du plaisir et névrose traumatique. Principe du plaisir et jeux d'enfants.

 

 

Le récit freudien du Fort/Da (scène de l'écriture) combine :

- une autobiographie (à travers l'histoire de son petit-fils auquel il s'identifie, c'est sa propre histoire que raconte Freud),

- une auto-thanatographie (son cancer, sa mort proche. Se considérant comme déjà presque disparu, Freud songe à son héritage, son legs),

- une hétéro-biographie : il raconte une histoire où intervient sa fille Sophie qui à l'époque était encore vivante (présente), au moins à travers les jeux de son petit-fils Ernst,

- une hétéro-thanatographie : indirectement, comme il le reconnaît en après-coup, la mort de sa fille et de son autre petit-fils Heinerle, frère cadet de Ernst, est sous-jacente. Ce texte est aussi une histoire de deuil.

Mis en abyme, ces différents récits se répondent. Ils forment un anneau, une série d'alliances dans lesquelles le désir de Freud est mis en mouvement : désir de filiation à l'égard de ses enfants et petits-enfants, désir de postérité par rapport à la psychanalyse. C'est cela son souci, son legs pour reprendre le mot de Derrida. Freud qui pense qu'il va mourir s'interroge sur le principe de plaisir. Il a quelques doutes. Il se rend compte que ce qui opère, ce qui fait bouger, c'est un trio, une sorte de Trinité : principe de plaisir / principe de réalité / pulsion de mort. Le Fort/Da lui fait douter de la primauté ou de l'autorité du principe de plaisir. Alors il introduit ce commentaire du jeu de son petit-fils, qui n'est au fond qu'une pure spéculation qui ne prouve rien. Derrida retrouvera ce "rien" dans le septième et dernier chapitre du texte de Freud : chapitre très court où il avoue son impuissance. Avant de s'effacer, il n'aura rien pu faire d'autre que spéculer, mais ce rien, un autre que lui (Derrida) peut s'en saisir (otobiographie, allo-thanatographies).

Quelques années plus tard, Derrida proposer dans Spéculer sur "Freud" une version plus développée cette thématique, qu'il associera à un suspens, une paralyse, un retrait.

 


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