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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Freud, une scène d'écriture                     Freud, une scène d'écriture
Sources (*) : Derrida : "la vie la mort" vs "ma vie mon œuvre"               Derrida : "la vie la mort" vs "ma vie mon œuvre"
Jacques Derrida - "La carte postale, de Socrate à Freud et au-delà", Ed : Flammarion, 1980, p357

 

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A chaque "pas de plus", la scène d'écriture freudienne, auto-bio-thanato-hétéro--graphique, se retire, suspend ou paralyse le "pas au-delà" qu'elle engage

   
   
   
               
                       

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Dans Spéculer sur "Freud", le mot valise "auto-bio-thanato-hétéro--graphique" apparaît à la fin d'un chapitre que Jacques Derrida consacre au récit freudien du Fort/Da, intitulé : "La séance continue" (retour à l'envoyeur, le télégramme et la génération des gendres). Le Fort/Da est un jeu répétitif, que Freud met en abyme en répétant lui aussi sa description. Ce que le petit Ernst fait avec sa bobine, il le fait avec l'objet de son texte (le principe de plaisir). Il lui faut répéter, réaffirmer ce principe, mais si le jeu, comme tel, ne prouve rien. C'est un jeu de filiation, puisque Ernst est son petit-fils auquel il s'identifie, et aussi une autobiographie d'un nouveau genre, puisque le récit ne met pas en scène une subjectivité empirique faisant appel aux souvenirs, mais un penseur qui voudrait donner valeur de science à sa scène d'écriture, son auto-analyse. Il attend de cette autobiographie un enseignement, un pas en plus, un "pas au-delà" : la pulsion de mort sur laquelle il spécule, mais qu'il est incapable de saisir ou de démontrer. Alors il s'enferme dans l'économie du jeu, cherchant du côté des quantités d'énergie ou du principe d'entropie. Mais il n'y arrive pas. Sa fille (Sophie, la mère de Ernst) lui rappelle sa mère, l'enfant qui jette la bobine lui évoque le renvoi de son père (le gendre de Freud) et de sa mère (sa fille), le rejet de l'objet lui évoque une vengeance ou une jalousie (qu'il a dû éprouver lui-même pour son petit frère Julius, mort alors qu'il avait 15 mois), la nouvelle de son cancer annonce sa propre mort, etc. Tout se mélange, et même la mort de sa fille, concomitante, et celle d'un autre de ses petits-fils (Heinerle, frère de Ernst) quelques années plus tard, pourraient entrer en considération. L'autothanatographie, écrit Derrida p354, ce récit de sa propre mort, est d'avance expropriée en hétérographie, l'annonce de la mort de l'autre.

Et voici que tous ces fils soigneusement entremêlés par un Derrida peu soucieux de chronologie convergent vers une certaine thèse : Freud serait assigné à une scène d'écriture qui ne raconte pas quelque chose mais produit autre chose : non pas un pas en plus comme il le voudrait, mais une esquisse de pas, une paralyse, une suspension de la pensée qui le protège d'un autre "pas au-delà". Jacques Derrida réussirait à tirer de l'athèse de Freud ce qui ressemble effectivement à une thèse assez déterminée, trouvant au récit du Fort/Da toutes sortes de résonances contextuelles et affectives.

 

 

Le mot-valise, "auto-bio-thanato-hétéro--graphique", n'apparaît dans le texte de Freud qu'une seule fois avec ces cinq éléments pour nommer la scène freudienne du Fort-Da : "Le legs et la jalousie d'une répétition (jalouse d'elle-même déjà) ne sont pas des accidents survenant au fort : da, ils en tirent plus ou moins strictement les fils. Et l'assignent à une scène d'écriture auto-bio-thanato-hétéro--graphique. Cette scène d'écriture ne raconte pas quelque chose, le contenu d'un événement qu'on appellerait le fort : da. Celui-ci reste irreprésentable mais produit, s'y produisent, la scène de l'écriture". Derrida distingue, dans cette citation, deux expressions : scène d'écriture et scène de l'écriture. La première est l'acte (la scène d'écriture d'Au-delà du principe de plaisir), tandis que la seconde est le produit. Dans l'acte, il y a deux composantes, séparées par un tiret redoublé (--) : d'un côté auto-bio-thanato-hétéro, et de l'autre graphique. (Le tiret redoublé est dans le texte, il fait partie du texte). Le premier élément, l'auto-bio-thanato-hétéro, est un anneau, une circularité répétitive, tandis que le second est un mouvement, le mouvement autobiographique de Freud qui conduit à ses écrits, à son œuvre. Lorsque l'écriture [qui est aussi la marche de l'hymen] est abandonnée, arrêtée, marquée d'un retrait, alors se détache la graphique de la différance, séparée du reste par un double tiret. L'originalité de la spéculation freudienne selon Derrida, son pas en plus, c'est que, inconsciemment, il met en mouvement cette graphique. Dans un texte précédent, Freud et la scène de l'écriture (publié en 1967), Derrida avait déjà anticipé ce pas en plus. "Il y a plus de dix ans, jusque dans ses dernières lignes, Freud et la scène de l'écriture donnait à suivre un pas de Freud. Ceci - revenant en supplément différé - reste à suivre" (La Carte postale, p357, dernières lignes). Qu'est-ce qui est à suivre ? Rien d'autre qu'une spéculation.

 


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