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TABLE des MATIERES :

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Antonin Artaud                     Antonin Artaud
             

 

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Page créée le 11 avril 2006.

[A partir d'Antonin Artaud (1896-1948)]

Autres renvois :
   

Derrida, Artaud

   
   
                 
                       

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On trouve ici une bibliographie d'Antonin Artaud et ce qu'en dit Jacques Derrida.

 

La place d'Artaud est absolument singulière. Sa conception d'un théatre total où le texte compte moins que les sensations et le vécu immédiat posent la question de la voix au 20ème siècle et au-delà. A travers des mots comme expression ou cruauté, dans ses écrits, ses dessins, comme dans ses actes - y compris les plus autodestructeurs, il ne cesse de proférer, de conjurer et de jeter des sorts qui, malgré nous, nous atteignent. Artaud le Mômo est aussi fou qu'innocent. De simples mots de lui, comme celui de corps sans organe, suffisent à ébranler un monde. Son ambition était de restaurer le propre de l'homme, de son visage comme de son corps, par-delà le langage, la culture et toutes les institutions. A quoi pouvait ressembler ce propre? On ne le saura jamais.

Vu sous le prisme de la philosophie, il se situe au point extrême de la métaphysique occidentale. Il en montre la clôture, et il en prolonge l'événement, jusqu'à son dernier jour.

Propositions (les tÍtes de parcours sont entre crochets)

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[Oeuvrance d'Antonin Artaud : Il y a "oeuvre" quand on peut faire survivre le mal fait]

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[Il faut aujourd'hui, comme Artaud ou Brauner, torturer le subjectile]

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[Exposer une oeuvre, l'archiver dans un musée et dans l'histoire de l'art, c'est l'ex-poser aux coups et à la différance sans lesquels il n'y a pas de regard]

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[L'art d'Artaud, au-delà de l'art, repose sur la puissance d'ébranlement d'une force [la voix-souffle] qui déchire le langage et détruit la représentation]

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[La peinture est l'art exemplaire car elle réussit à émouvoir l'oreille autant que l'oeil]

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[Artaud écrit ses dessins comme des explosions verbales]

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[Il faut partir du point où s'est arrêté Antonin Artaud : juste avant la naissance]

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[Ni les institutions, ni la nature, ni la médecine et la psychiatrie ne peuvent garder la même gravitation après le passage de Van Gogh sur terre]

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[Le théâtre appelle l'émission d'une note limite d'une pureté absolue, qui serait comme la partie organique d'une indescriptible vibration]

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Le corps sans organe d'Artaud implique la destruction de tout ce qui nous constitue : le langage, notre littérature, notre pensée et notre culture

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Le théatre ne se fixe pas dans un langage, mais se retrouve au point où l'esprit a besoin d'un langage : gestes, sons, paroles, feu, cris

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La voix, qui se substitue au cordon ombilical, est un flux nourricier et continu qu'il faut maintenir à tout prix

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Telle une inondation de corbeaux noirs dans les fibres de son âme interne, c'est la société qui a suicidé Van Gogh pour le punir de s'être arraché à elle

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Van Gogh peint, non pas des lignes ou des formes, mais les choses de la nature comme en pleines convulsions, et inertes

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Une exposition de Van Gogh est toujours une date dans l'histoire, car elle ouvre la porte d'un énigmatique et sinistre au-delà

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Van Gogh, ce forcené, peignait sur le gouffre du souffle, avec un clou tournant dans le gosier

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Le (i) de Van Gogh est la virgule, le point de peinture qui fait venir devant nous l'énigme pure

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Khôra n'a pas d'essence : elle est l'anachronie dans l'être

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En promettant un art sans oeuvre, un langage sans trace ni différence, Artaud aura voulu détruire l'ordre dualiste, l'histoire léguée de la métaphysique

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Dans le théâtre d'Artaud, une loi est remplacée par une autre : la voix qui commande aux signes est destituée pour celle qui commande au souffle

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Par ses oeuvres, Artaud entend conjurer tout ce qui les trahit : le subjectile, le système des Beaux-Arts, le supplément étranger

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Chaque geste, chaque mot d'Artaud a une double valeur : perforer-blesser-détruire / réparer-cicatriser-faire oeuvre

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Pour Artaud, le lieu du surgissement de l'oeuvre est d'avant le langage, avant même la naissance

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En enseignant l'unique, antérieur à la dissociation, où s'enracinent les différences, Antonin Artaud résiste aux exégèses cliniques ou critiques qui réduiraient son unicité

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Un souffle furtif, avant moi, (une inspiration), qui dit ce que je crois vouloir dire, me force à jeter des sorts, des envoûtements

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Le subjectile (jeté/jetant) se fonde et s'institue dans le mouvement où il devient le support de l'oeuvre

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Le subjectile est le corps unique de l'oeuvre, en son premier événement, qui ne se laisse pas répéter

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Le subjectile n'est autre qu'une figure de la Khôra, sinon la Khôra elle-même

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Artaud dit la vérité contre laquelle il proteste avec violence : tout moi, en son nom propre, est appelé à l'expropriation familiale du nouveau-né

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La parole d'Artaud, qui accomplit la métaphysique occidentale, oblige à une question, une transgression qui n'a pas encore commencé

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Le corps sans organe (citations d'Antonin Artaud)

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Il faut débarrasser le corps de ses organes, l'émasculer, pour se défaire du langage

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Les sorts et dessins d'Artaud sont destinés à rester et demeurer dans un musée car ils sont marqués d'une immédiateté, d'une singularité et d'une unicité éternelles

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Le forcené n'est pas celui qui force, mais celui qui, comme Artaud ou Van Gogh, perd la raison en étant sensé comme nul autre

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Les gens qui crient sont tous seuls

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Les réformateurs modernes du théatre ont voulu arracher le spectateur à sa passivité, faire du spectacle une communauté vivante mettant en scène un corps actif

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Le Musée est chose de la mère, il tient lieu de mère, lieu intact et intangible de l'Immaculée Conception

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L'être sans commencement n'a ni bouche ni voix

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Le musée est l'un des pouvoirs d'une machine culturelle, sociale, policière et métaphysique de spéculation d'Etat sur les marchés, de fondation, de légitimation et de canonisation

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La voix d'Artaud nous enjoint d'exiger le "coup" singulier, l'événement, contre la reproduction technique, génétique ou généalogique

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Artaud utilise trois fois le mot "subjectile" pour parler de ses dessins

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Artaud n'écrit jamais "sur" ses dessins mais seulement "à même", dans l'extrême tension d'un rythme, d'une vibration, d'un timbre de voix qui donne au subjectile sa portée

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Le visage humain n'a pas encore trouvé sa face; c'est au peintre à la lui donner, à le sauver en lui rendant ses propre traits

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Entre 1937 et 1947, le coup signé Artaud scelle la destruction du concept d'oeuvre, et en même temps sauve la possibilité de l'art et du musée en faisant oeuvre

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La date est le nom propre de l'événement singulier, capable de survivre

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Le juron est un serment où le nom de Dieu est extrait du contexte et proféré en soi, à vide, indépendamment de tout contenu sémantique

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Khôra annonce l'irruption du nom; inapte à nommer, elle arrive comme le nom

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Chez Artaud comme chez Marx, l'oeuvre est la métonymie de Dieu ou du Démiurge : ce faussaire qui insinue la différence aliénante entre moi et moi

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Le subjectile peut prendre la place du sujet ou de l'objet, mais il n'est ni l'un ni l'autre : c'est ce qui, dessous, n'est pas représentable

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Il faut que le théatre purifie la voix comme l'alchimie purifie l'or : dans le drame d'un retour à l'unité primordiale

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Si le théâtre, aujourd'hui, déclare sa fidélité à Antonin Artaud, c'est pour ranimer la nécessité de l'"oeuvre présente de l'affirmation"

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On ne peut pas traduire une phrase d'Antonin Artaud en proposition

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Artaud ne fait pas de l'art, mais fabrique des objets cultuels

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La voix d'Artaud, quand on l'a entendue, on ne peut plus la faire taire

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Il faut lire le texte d'Artaud avec sa voix dans l'oreille

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Il faut en passer par un lieu d'irresponsabilité absolue, de déperdition totale de l'existence, pour proférer l'unique

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Il arrive aujourd'hui à la poésie une expérience absolument nouvelle : la date reste en mémoire, singulièrement et en toute clarté

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Tout ce que le théatre devrait être, s'il savait parler le langage qui lui appartient, se trouve dans "Les Filles de Loth", de Lucas Van den Leyden (1509)

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Dans les dessins d'Artaud le Mômo se croisent deux généalogies : le retour de l'enfant innocent, du fou désarmé / le réquisitoire et les blasphèmes du dieu Momos, le railleur

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Les dessins d'Artaud sont des déclamations faites pour nous alerter, des machines de guerre qui redoublent la résonance du texte

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Artaud se révolte contre la différance, ce système de relais organiques qui dérive les forces vers le signe et la parole articulée

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Artaud a voulu effacer la répétition en général, qui était pour lui le mal; seuls le geste ou la parole qui n'ont lieu qu'une fois et qui sont oubliés sans réserve sont dignes de son projet

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En désirant un théatre impossible, Artaud s'est tenu au plus proche de la clôture de la représentation

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Artaud aura voulu faire voler en éclats l'économie de l'art classique : la structure de vol qui dérobe sa parole et son souffle loin de son corps

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Au nom de la souveraineté de la parole et du corps, Artaud cherche un salut par la destruction de l'oeuvre - mais c'est un salut onto-scato-théologique

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Artaud doit expulser, forcener, mettre hors sens le subjectile, support parergonal de l'oeuvre, pour que l'oeuvre ait lieu

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Pour Artaud, le point à trouver est celui qui précède tout texte : un point introuvable d'une vie sans trace

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Comme le mur d'église, le musée est un subjectile : lieu d'accueil et d'accumulation qui garde la discordance, la relève et la sauve dans une consonance

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Bibliographie d'Antonin Artaud (1896-1948)

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Oeuvres complètes d'Antonin Artaud, tome 2 [OC02]

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Oeuvres complètes d'Antonin Artaud, tome 4 [OC04]

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Oeuvres complètes d'Antonin Artaud, tome 13 [OC13]

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La recherche d'un monde perdu (in "Artaud, Dessins et portraits", par Paule Thévenin, accompagné d'un texte de Jacques Derrida, 1986) [FLS]

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Chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu'un événement

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Douze voyages (sur Antonin Artaud)

 


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