Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Artaud                     Derrida, Artaud
Sources (*) : Derrida, Marx               Derrida, Marx
Jacques Derrida - "L'écriture et la différence", Ed : Seuil, 1967, p270

 

La grille de l'eternel enfer (Ar taud, janvier 1946) -

Le "faire œuvre" ambigu d'Antonin Artaud

Chez Artaud comme chez Marx, l'oeuvre est la métonymie de Dieu ou du Démiurge : ce faussaire qui insinue la différence aliénante entre moi et moi

Le "faire œuvre" ambigu d'Antonin Artaud
   
   
   
               
                       

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La question d'Artaud pourrait être la suivante : qui m'a volé ce que je suis? Qui m'a, dès la naissance, dépossédé de ce que je vaux? Qui a fait venir à ma place une fausse valeur qui a doublé la vraie? Qui a remplacé mon rapport à la vie par un corps que je ne suis pas? Ce voleur invisible qui me persécute, c'est un autre, un grand Autre dit Derrida, dont le nom chez Artaud est Dieu, parfois surnommé aussi le Démiurge. "Et qu'as-tu fait de mon corps, Dieu?" demande-t-il. Son corps aurait dû évoluer vers la pureté intégrale, s'il n'avait été poursuivi, éventré. Il aurait dû ressembler à "l'essence du mythique lui-même : le rêve d'une vie sans différence" écrit Derrida. Mais Dieu l'a privé de sa propre nature. Contre ces assauts du mal et de la haine, qui chaque fois le laissaient pour mort, Artaud ne cesse de protester. On le voudrait déjà mort, déjà dépouillé de sa propre vie, remplacé par une fausse valeur, une représentation, une aliénation qu'il ressent comme souillure, obscénité, saloperie.

Analysant cette logique du corps non-né, Derrida insiste sur l'œuvre. Chaque fois qu'une partie de mon corps tombe hors de moi, je suis volé, dit Artaud, et cette chute extérieure, excrémentielle, c'est l'œuvre. L'œuvre est une séparation abusive, une dépréciation abjecte. Pour résister à cette dépossession, pour restaurer la vraie valeur (le souffle), il faudrait détruire le langage, la trace, la différence, et aussi l'oeuvre. Derrida compare cette logique à celle du jeune Marx dans les manuscrits de 1844. Pour Marx, toute mise en valeur du travail est une dépréciation, un asservissement, un désaisissement. Marx et Artaud partagent la métaphysique du propre - dont Derrida proposera un autre développement dans Spectres de Marx.

La grille de l'éternel enfer (1946).

 

 

Chez Artaud, Dieu est à la fois le nom du voleur et une métaphore de moi-même. Cet usurpateur est aussi Satan : il sépare de l'origine, ses oeuvres sont des manoeuvres qui dissimulent le néant. Pour me refaire un corps pur, je ne devrais pas oeuvrer, ni créer, ni écrire. Je devrais me garder, retenir l'oeuvre en moi.

- James : Et pourtant l'oeuvre n'est pas absente chez Artaud, au contraire, il n'y a que ça. Il prétend viser le sans-oeuvre, mais il le fait par l'action de l'oeuvre (oeuvrance). Pour détruire l'artefact qui l'aliène, il faut oeuvrer; pour former le sans-oeuvre, il faut la médiation de l'oeuvre.

- Jorge : Il suffit de lire ses oeuvres complètes, en vingt et quelques tomes, il suffit de compter le nombre d'expositions qui lui sont consacrées, pour comprendre que ce qui lui manque le plus, probablement à son insu, c'est le désoeuvrement.

 


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