Accueil
Projet
Derrida
Œuvrance
Sources
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook L'activité du site, suivre le blog

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, Marx                     Derrida, Marx
Sources (*) : [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2017, Page créée le 30 août 2005

[Derrida, Marx]

   
   
   
                 
                       

1. Lui rester fidèle.

Jacques Derrida se déclare fidèle à l'esprit de Marx. Qu'est-ce que ça veut dire? De même que l'héritage de Marx n'est pas unique, mais multiple, cette formulation a plus d'un sens - et même beaucoup plus. Entre les différents héritages (hétérogènes entre eux), chacun peut choisir, et Derrida choisit avant tout : le juste. S'il cite, au début de Spectres de Marx, l'aphorisme : Je voudrais apprende à vivre enfin, c'est pour attirer l'attention sur le fait que la vie ne suffit pas (la vie corporelle, biologique), il faut encore autre chose. La justice, c'est ce qui vient en plus de la vie.

S'il n'est pas marxiste, c'est parce que ce mot ne renvoie qu'à une seule dimension de la pensée marxienne. Pour lui les spectres parlent toujours de plusieurs voix. On peut s'expliquer avec eux (comme l'a fait Hamlet), mais quand vient le moment du choix, il faut rester fidèle au plus irréductible : la promesse d'émancipation. L'esprit du marxisme ne se conjugue pas à partir du passé, mais de l'avenir (messianisme).

 

2. Le déconstruire.

La fidélité à l'esprit du marxisme implique à la fois la critique, qui tente d'ajuster à la réalité et à l'idéal - et la déconstruction, qui se situe au-delà des faits empiriques. La première préserve les concepts sur lesquels Marx s'appuie, tandis que la seconde les met tous en question, sans exception, y compris le capital, la démocratie, les droits de l'homme, le travail, l'égalité, la fraternité, la citoyenneté et l'humain lui-même.

La religion, sous l'angle de la déconstruction, apparaît comme le paradigme premier de la pensée marxienne. Sous les noms de valeur d'usage, de travail humain, de vie pleinement présente, de matérialité ou de sensibilité, c'est le propre de l'homme qu'il veut préserver. Il prétend en finir avec le spectre, mais c'est un autre fantôme qu'il privilégie : celui du corps vivant menacé par l'aliénation. Sous cet angle sa logique peut être comparée à celle d'Antonin Artaud. Il fait la guerre à toutes les représentations du corps vivant : artefact, prothèse, langage, marchandise, valeur d'échange, plus-value, qui sont pour lui des substituts, des simulacres. Mais dans cette guerre, n'est-ce pas à la différance comme telle qu'il s'en prend? Pour lui, la seule différance qui vaille est le retard à la réappropriation. S'il dénonce les apparences, les hallucinations et les fétiches, c'est parce qu'ils s'éloignent de la véritable et authentique possession. Ainsi Marx reste-t-il enfermé dans une écnomie, une ontologie critique de la présence. Mais lui-même n'ignorait pas que ses thèses étaient historiques, datées. Répondre à sa mémoire, c'est s'engager dans la transformation qu'il préconisait en transformant Marx lui-même (ou sa lecture).

 

3. Transformer l'héritage; une autre promesse, messianique.

Jacques Derrida tient à se démarquer de l'eschatologie abstraite, dogmatique, dans laquelle se complaisent bien souvent les "marxistes", mais il ne renonce pas à une certaine modalité du messianisme, qu'il nomme abrahamique. Il faut l'émancipation, dit Marx. Je reste fidèle à cela, répond Derrida, à condition de n'attribuer à cette émancipation aucun contenu a priori. La nouvelle Internationale doit rester imprévisible, sans coordination, sans communauté ni appartenance.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

Il y a dans Marx deux axiomes contradictoires : il respecte le mouvement de la différance, mais il en reste à une ontologie critique de la présence

-

Marx détermine la différance comme travail, pratique et retard à la réappropriation

-

En finir avec le spectre, tel est l'axiome de Marx

-

Marx mène une guerre sans fin contre tout ce qui représente le corps vivant, mais n'est pas lui : la prothèse, le langage, la différance

-

Marx prend peur devant le caractère spectral de l'humain, il renonce à faire son deuil du propre de l'homme

-

[Marx vise un impossible : la vie pleinement présente, aussi désirable que la justice]

-

Chez Artaud comme chez Marx, l'oeuvre est la métonymie de Dieu ou du Démiurge : ce faussaire qui insinue la différence aliénante entre moi et moi

-

La déconstruction n'a jamais été marxiste, pas plus que non marxiste, quoique fidèle à un certain esprit du marxisme

-

Il y a deux façons d'être fidèle à l'esprit du marxisme : critique et déconstruction

-

Pour Marx, la valeur d'usage est une chose pure, sensible, intacte, originelle, identique à elle-même

-

Rien ne précède le marché, car la valeur d'échange s'est toujours déjà annoncée, au moins sous forme de hantise, dans la valeur d'usage

-

La religion n'est pas chez Marx un phénomène parmi d'autres, c'est son paradigme de référence

-

Le spectre est irréductible dans le texte de Marx, et la religion est irréductible dans sa construction du concept d'idéologie

-

Marx, comme Stirner, ne peut opposer à l'onto-théologie que le principe hyperphénoménologique de la présence de la personne vivante

-

Karl Marx exige que tu hérites de lui, mais ses voix sont hétérogènes : il y a plus d'un Marx entre lesquels choisir

-

Il faut assumer l'héritage du marxisme en le transformant aussi radicalement qu'il sera nécessaire

-

L'opération de Marx, son oeuvre, c'est qu'en appelant une présence à venir, en l'annonçant, il atteste de son arrivée, ici et maintenant

-

Depuis l'effacement de la machine à dogmes, nous ne pouvons plus nous détourner de notre responsabilité : "Il n'y aura pas d'avenir sans la mémoire et l'héritage de Marx"

-

Marx, comme un spectre, appelle d'avance l'imprévisibilité de sa propre transformation

-

Derrida préconise une "nouvelle Internationale" : alliance sans coordination, sans communauté, sans appartenance et sans institution, dans la fidélité à l'esprit de Marx

-

Dans l'Hamlet de Shakespeare comme dans le Manifeste du parti communiste de Marx, un spectre, qui marque l'existence même de l'Europe, la hante

-

Marx est l'événement unique d'un messianisme de type nouveau, qui a imprimé sa marque inaugurale dans l'histoire

-

On ne peut pas dissocier l'héritage de Marx du messianisme abrahamique

-

"Spectres de Marx" - l'Etat de la dette, le travail du deuil et la nouvelle Internationale (Jacques Derrida, 1993) [SMX]

logo

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Derrida
DerridaMarx

AA.BBB

DerridaCheminements

ZZ.MA.RXX

AW_DerridaMarx

Rang = zQuois_Marx
Genre = -