L'impressionnisme a exercé et exerce toujours une fascination unique sur le regard populaire. Ne s'éloignant finalement qu'assez peu des canons de la peinture classique, il réussit, par son traitement de la lumière et de la couleur, son refus de la narration, son adressage des sens, son atténuation des formes, à émouvoir presque tout le monde.
En appelant les choses par leur nom, en montrant de vraies personnes dans leur milieu, il annonce la plupart des tendances de l'art moderniste, sans s'y plier tout à fait.
Carrefour entre le plaisir et l'histoire, entre la subjectivité et la technicité, entre l'illusion et l'artefact, entre la nature et l'abstraction, entre la beauté et la vie, il correspond à un moment unique de l'esthétique et de l'histoire de l'art, un moment d'arrêt quasi extatique avant la transformation radicale. Nous avons plaisir à voir ces oeuvres qui flattent la sensation. Elles résonnent en nous, elles sont comme une agréable musique vocale qui ne dure qu'un temps, car l'impressionisme dissoud les formes, il est comme un courant qui précède immédiatement la dissémination.
D'où vient-il? Pourquoi est-il apparu, justement à ce moment-là? Il a des précurseurs, comme Manet. Il a des compagnons de route, comme Cézanne.
L'impressionnisme est un travail sur l'effet. Toute sa technique est orientée vers ce but. |