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de Jacques Derrida

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Derrida, le dessin                     Derrida, le dessin
Source : Rhétorique               Rhétorique
Jacques Derrida - "Mémoires d'aveugle, L'autoportrait et autres ruines", Ed : RMN, 1990, p60 Restituer la vue

En se retirant, le trait du dessin laisse une parole, une rhétorique qui articule un ordre du discours

Restituer la vue
     
     
     
  Derrida, retrait, effacement Derrida, retrait, effacement    
  Derrida, le discours               Derrida, le discours    
                         

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Pour Derrida, le dessin suppose un triple aveuglement : 1°) Au moment où je trace le trait, je ne me règle pas sur ce que je vois, mais sur une mémoire invisible; 2°) Quand le dessin se forme, le trait se retire; 3°) Dès que le dessin se voit, il devient une parole, un élément de discours. Nous en sommes à ce troisième temps : la ligne se retire. Une hégémonie du dire sur le voir, du mot sur le dessin et de la légende sur l'inscription peut s'imposer. De même que, du masque de la Gorgone, un cri retentit, le dessin consonne avec une onde sonore, un rythme invisible, une articulation, un ordre, un récit, une invocation, des noms, etc... Un duel s'engage au coeur même du dessin entre le trait et la parole. Derrida voit dans les autoportraits de Fantin-Latour (p61-3) un point de battement, un clin d'oeil, un point-source qui est celui du retrait transcendantal, représenté par l'écart entre les deux yeux : l'un a la fixité lumineuse d'un oeil aveugle, et l'autre, dans l'obscurité, est le regard du voyant, dualité ou duplicité entre l'auteur de l'autoportrait et le spectateur, qui introduit une incertitude sur le sujet du tableau, un doute qui ne peut se résoudre que par appel à l'autre, par le verbe (le titre de l'oeuvre), par une voix qui commande (p68), opérant comme une bordure parergonale pour dire "Ceci est un portrait", ou "Ceci n'est pas un portrait", ou autre chose.

Jean-Luc Nancy reprend ce thème quand il dit qu'il ne manque au portrait que la parole. Le dessin suscite un désir de nomination, un appel au discours que la peinture peut faire valoir dans la résonance des couleurs ou dans l'émergence d'une forme sur un fond.

     


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