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Derrida, l'art, l'oeuvre                     Derrida, l'art, l'oeuvre
Source (livre) :              
Jacques Derrida - "La vérité en peinture", Ed : Flammarion, 1978, pp279-280

Trois discours sur l'art s'entrelacent : la stricture bien serrée dans un laçage; le lacs qui traverse et disloque les jointures; la série qui supplémente, transforme et détache

     
     
     
     
                   
                         

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En commentant l'oeuvre de Gérard Titus-Carmel, The Pocket-Sized Tlingit Coffin, Derrida s'intéresse aux cordelettes qui se multiplient et composent des perspectives et des figures diverses. Ces cordelettes décrivent d'avance tous les mouvements par lesquels la description tenterait de s'en saisir. C'est à prendre ou à laisser, et Derrida s'y laisse volontiers prendre, car les figures composées correspondent aux types de discours qu'il articule : discours sur l'art et aussi discours de l'art.

- discours sur la stricture : les cordelettes sont tendues, serrées, lacées vers le dedans de la boîte de Titus-Carmel, qui est aussi un cercueil. Elles tiennent les corps. C'est la tension interne à la structure, fermée comme un piège. [Discours de l'art clos selon des clés].

- discours sur le lacs : les cordelettes entrelacent le dedans et le dehors, le dessus et le dessous, la droite et la gauche. Elles traversent la paroi de la boîte. Les jointures rassurantes du discours sur l'art sont disloquées. Les limites, cadres et bordures sont défaites.

- discours sur la série. La cordelette n'est pas mise en série, elle est une figure de la série, frange tendue à craquer [vers le dehors]. Elle peut lâcher (série + rature = sériature), elle ajoute (supplémente). Elle ne se détache pas mais détache, ne laissant aucun répît à la description.

Ces trois discours évoquent le triple destin de la différance dans l'oeuvre d'art : en mouvement, elle se heurte aux limites qui bordent l'oeuvre, mais celles-ci sont impuissantes à l'arrêter.

     


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