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Le récit de l'Orloeuvre
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TABLE des MATIERES :

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Chaque art moderniste se veut pur                     Chaque art moderniste se veut pur
Source (livre) : Le fil de l'Orloeuvre               Le fil de l'Orloeuvre
Auguste Dubrard - "Fragiles édifices", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 10 novembre 2007

 

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[Le modernisme est une tendance à l'épuration de chaque art, qui doit toujours aller jusqu'au bout de ses propres règles]

Autres renvois :
   

Avant-gardes, art radical

   

Traits de l'art moderne

   
                 
                       

Le modernisme est une posture qui radicalise certains traits de la modernité. La radicalisation peut être technique, idéologique ou éthique. Elle peut être mise en oeuvre par des individus, des courants informels ou des avant-gardes. Elle affecte d'abord l'art, mais pas seulement. Clement Greenberg en a été le théoricien et le défenseur; quoiqu'en disent ses (nombreux) ennemis, la dynamique moderniste persévère après lui (et sans lui).

Mais alors, c'est quoi, le modernisme? Une tendance à la réduction esthétique ou à l'épuration de chaque art, de chaque genre ou de chaque style. Il faut, avec le plus de rigueur et d'intégrité possible, aller jusqu'au bout de ses propres règles ou conditions d'existence, en écartant tout autre critère. Par exemple, si l'on définit la peinture comme une tension entre le contenu du tableau et sa surface (Cézanne), on essaiera de pousser cette tension à ses ultimes conséquences. Si on la définit par la planéité, on la voudra totalement plane (Pollock), au risque de tomber dans la décoration. Si on définit la sculpture par son matériau, elle va en explorer toutes les qualités optiques. Si l'on considère que l'oeuvre doit être déterminée par son support, on la juge à cette aune et pas autrement. Si on définit le cinéma par son potentiel d'émancipation, on en explorera toutes les facettes, etc...

Comme il faut toujours aller plus loin, ne jamais s'arrêter, dès que les conventions sont connues ou institutionnalisées, on les rejette. On aboutit à une antinomie : plus un courant se veut autonome, plus il présente son "propre" comme altérité, et plus il est tenté de se mettre en question lui-même.

L'art moderne est le terreau du modernisme. Quand l'art contemporain le rejette, il lui arrive de revenir à des pratiques prémodernistes; mais le modernisme conduit inéluctablement au post-moderne.

 

 

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Propositions

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Quand les oeuvres "sérieuses" sont engagées dans un processus de remise en cause de leur rapport à la tradition, on passe dans la situation moderniste

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Dans le projet moderniste d'autonomie de l'art, l'art est défini par sa réduction progressive à ses conditions nécessaires et suffisantes

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La réduction esthétique de l'art moderne met en oeuvre les idéaux du monde industriel et machinique : ajuster exactement les moyens à leurs fins

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Une des lois du modernisme est que les conventions non essentielles à la viabilité d'un medium sont rejetées aussitôt qu'elles sont reconnues

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Dans la peinture moderniste, l'intégrité est une condition morale et une tâche picturale

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La radicalité éthique hérite de la radicalité moderniste l'idée d'un temps coupé par un événement décisif : la Shoah (qui remplace la révolution à venir)

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La peinture moderniste tire son pouvoir de conviction d'une adéquation entre la forme du support et les formes dépeintes

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Depuis Cézanne, la peinture moderniste est identifiée à une tension entre le contenu du tableau et sa surface

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Pollock a révélé l'une des conditions d'existence de la peinture : elle est plane et totalement là, absolument ouverte face aux sens

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La décoration est le spectre qui hante la peinture moderniste

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La sculpture est l'art plastique le plus représentatif du modernisme, car elle n'existe que pour et par elle-même, et dans un espace exclusivement optique

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L'histoire du cinéma est marquée par quatre moments de la modernité : primaire, classique, moderniste et hypermoderne

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[Antinomie du modernisme : plus on accentue le "propre de l'art", plus on est conduit à assimiler ce "propre" à l'expérience d'une altérité radicale]

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Depuis les années 1950, une large partie de ce qui se fait sous le nom d'"art contemporain" restaure sous des formes nouvelles des pratiques prémodernistes oubliées

Auguste Dubrard

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