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Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 
   
Pierre Klein, dit Delayin                     Pierre Klein, dit Delayin
Source (livre) : MQi               MQi  
Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Tête empruntée à Léon Golub (1958)

Buées blanches sur le quai de l'Idve, par Pierre Delayin (1988-2008) [MQi]

   
   
   
                 
                       

Pierre Delayin

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Table

L'auteur est assis sur un banc, au bord du canal de l'Idve qui franchit souterrainement Paris. Il ne pense ni n'écrit rien d'autre que ce qui a déjà été écrit. Il s'amuse à pousser toujours un peu plus loin. C'est un jeu. Prenez l'anagramme Vide/Diev : il est connu depuis longtemps, il suffisait d'un pas de plus jusqu'à l'Idve, que personne n'avait encore croisé. Pourtant le canal passait déjà sous Paris. Il en est de même pour les phrases, les mots, les lettres et les noms. Ils s'ordonnent, se recoupent, se permutent, s'interprètent, se lisent. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Ce qu'on écrit ne restera que pour autant que d'autres le liront, le citeront, le recopieront.

Qui est celui qui écrit? Entre le nom d'origine, KLEIN et le nom d'arrivée, DELAYIN, une seule lettre a été éliminée : le K. Trop germanique, il a été remplacé par "DE", préfixe assez courant du nom de famille français. Quant au E (forme isolée de l'objet (e)), il a été remplacé par l'exclamation AY! qui est, en français, l'expression conventionnelle d'une douleur. Je n'ai pas choisi ces manipulations, elles me sont advenues toutes seules, par le hasard de décisions familiales et de réponses administratives incontrôlables (il aurait été possible, aussi, de traduire en PETIT le KLEIN d'origine, mais un certain Pierre Petit aurait-il pu méditer sur le quai de l'Idve?). Pour fabriquer ce Delayin qui n'existait pas, il fallait travailler, retravailler et faire travailler cette suite de prescriptions involontaires quant au nom. Quelques milliers de pages sont insuffisantes. Il en faut toujours plus (ce qui explique en partie la focalisation sur Jacques Derrida).

Les Blancs écrits sur le quai de l'Idve sont passées par différentes phases : Méditations sur le Quai de l'Idve (MQi) : Autres méditations, Ecrits silencieux, Sobres écrits, Méditations pour l'autre, etc... Mais le titre ne compte pas. Il n'est qu'un renvoi démultiplié à la tâche infinie d'Idixa, qui n'est bornée que par la mort progressive et continue du scripteur. Car si le jeune et timide Pierre Klein n'est pas complètement mort, s'il survit miraculeusement, c'est au prix d'une déperdition progressive du vieux Pierre Delayin, qui n'est pas encore mort mais a toujours été mourant (merci pour lui). Je reconnais que ça n'est pas très gai mais c'est ainsi : l'écriture est une façon d'étaler l'agonie.

 

 

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Formulations à partir de ce texte (les têtes de chapitre sont entre crochets) :

 

[Le projet de l'Orloeuvre dans la mouvance de Jacques Derrida]

[Il faut considérer chaque oeuvre dans sa singularité, comme une proposition]

[L'espace de dissémination]

[Face à l'objet d'art ou de culte, nous faisons halte; mais l'oeuvre déborde]

[La dislocation du logocentrisme ouvre un espace de dissémination]

[L'art contemporain, terrain de jeu de la dissémination]

[L'espace contemporain est le recollement d'un monde disjoint, désajointé, bifide]

[Le projet de l'Orloeuvre : un appel à l'imprévisible]

[L'art moderne/contemporain est celui où la tension se concentre dans les oeuvres]

[J'entends par "événemant" une déchirure ou déhiscence qui a bouleversé le 20ème siècle et nous bouleverse encore]

[Présentation du projet Idixa - la demeure de l'Orloeuvre]

[Cézanne transforme la perspective]

[Désormais la philosophie ne s'explore que par ses marges]

[Dans l'espace de dissémination, l'oeuvre contient l'effondrement de son propre cadre]

[De l'année où il commence à peindre (1881) à celle où il se suicide (1890), Van Gogh peint des souliers]

[Il existe, dans l'art contemporain, un courant qu'on peut qualifier d'art juif]

[L'Art moderne / post-moderne indigne les contemporains car ils se sentent menacés de dissémination]

[Chaque pomme de Cézanne vient en plus, toute autre, comme un objet supplémentaire qui se dissémine]

[Le rouge de Cézanne figure la chose hétérogène, à laquelle la pomme se substitue]

[La Cabale cachée de Jacques Derrida]

[La filiation de Kokoschka à Adami passe par la main]

[Prenant acte d'un retrait indéfinissable, la peinture d'inspiration juive se désintéresse de toute iconographie]

[Les Annonciations de Fra Angelico]

Le point de fuite de la peinture de Soutine est l'oreille

Qui est le scripteur de l'Orloeuvre?

Notre rapport à l'espace se dédouble en espace vocal et espace de dissémination

Plusieurs changements majeurs affectent la place de la voix

Si l'art juif est celui qui est fait par les artistes juifs, il n'est ni descriptible ni inscriptible dans l'histoire de l'art

La peinture est le lieu d'une auto-affection où l'image s'entend dans la tension d'un silence

Il y a dans l'oeuvre d'art une double mise en demeure : celle qui commande le silence, et celle qui commande de parler

La restance de Jacques Derrida laisse un reste qui ressemble au rechimou ou aux écorces vides (klipot) de la Cabale lourianique

Les voix d'Adami déchirent l'image, mais y restent engluées

La justice est indéconstructible pour Jacques Derrida comme la pitié était innée pour Jean-Jacques Rousseau

"Art juif" est indéfinissable, car "art" est indéfinissable, et "juif" aussi

La ligne de fuite de la peinture de Kokoschka passe par les mains

Van Gogh traitait la peinture comme une prostituée sacrée et interdite

La logique de l'art moderne / contemporain est auto-immunitaire : plus il affirme son autonomie, sa présence, plus il s'auto-détruit

Schwitters n'est que l'effet de l'immense masse de commentaires faits sur lui; sans cette inscription dans l'histoire de l'art, il se réduirait à son essence : le déchet

La performance dite "artistique" anticipe la réduction de l'oeuvre à un rien, un reste ou une trace

Dans la peinture de Rothko, contrairement au vitrail, la lumière ne vient pas du dehors, mais émane de la toile même

Un même événement a rendu possibles (entre autres) : la psychanalyse, l'art abstrait, la guerre de 14, Dada et plus tard la shoah

En leur offrant une place au présent, l'espace vocal prend en charge les forces d'espacement, il les domestique et les séduit

L'art français de la fin du 20ème siècle est médiocre parce qu'il s'est coupé de sa propre tradition

L'art moderne parcourt une ellipse : en trois basculements (moderniste, dadaiste, contemporain), il passe de l'illusionnisme au vocalisme

Quand Soutine montre un espace ouvert, c'est celui des livres

En sculptant la statue monumentale de la Cabale juive, Kiefer en fait l'idole pétrifiée de sa propre ruine (La Brisure des vases, 1990)

Dans la peinture de Rothko, la couleur, aussi silencieuse soit-elle, porte la voix de l'être

Les serveuses de Manet attirent le regard vers un dehors qu'elles gardent en elles-mêmes

Le pharmakon s'exhibe ("Bleu Remix", de Yann Marussich)

Les moteurs de recherche internes au site ouvrent à la possibilité de n'importe quel parcours

L'Orloeuvre est une oeuvre où peut s'inscrire toute oeuvre, intérieurement ou extérieurement

Chaque parcours de l'Orloeuvre fonctionne comme chemin de lecture (contrainte) et point de départ pour d'autres parcours (incertitude)

Les parcours de lecture de l'Orloeuvre supposent un lecteur désireux de concilier l'ouverture hypertextuelle et la lisibilité du livre

L'unité de base de l'Orloeuvre est la proposition, c'est-à-dire la page

La peinture n'a pas pour fonction la représentation, mais le témoignage (Double portrait des époux Arnolfini, par Jan Van Eyck, 1434)

L'Orloeuvre donne toujours ses sources; mais comme tout lecteur ou tout interprète, il les transforme

La dissémination apparaît comme l'envers de l'espace vocal, dont elle est le supplément

La clôture du phonocentrisme libère la voix de sa complicité avec le logos

Si on la refaisait à notre époque, l'expérience de Brunelleschi situerait le spectateur télévisuel à la place du miroir où l'Autre voit l'image

Georges Didi-Huberman, qui affirme s'écarter de toute eschatologie, se donne pour tâche de sauver ce qui survit de la promesse : les "lucioles"

L'Idve est le canal de l'absence

L'enjeu de l'Orloeuvre n'est ni dedans, ni dehors : il est "entre"

Buées blanches sur le quai de l'Idve, par Pierre Delayin (1988-2008) [MQi]

La méthodologie de l'Orloeuvre

Autoportrait au béret et au col droit (Rembrandt, 1658)

Vieux Souliers aux lacets (Vincent Van Gogh, automne 1886)

Edvard Munch a repéré dans la peinture le regard qui nous regarde, au-delà du tableau

Les mains soutiniennes sont des marqueurs d'angoisse

Le peintre ne peint que son propre spectre - qui n'est plus son propre

Noyée (Valerio Adami, 1975)

L'idixation des textes de Jacques Derrida : un travail en cours

Cachez cette langue qui parle d'art!

[Quelques parcours à partir de ce qui se désigne comme "art"]

L'Orloeuvre est un ensemble de lignées portées par des personnes

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Sources
MQiMeditations

ZB.MQI

MQiCheminements

ZC.MBB

YYB.1988.Delayin.Pierre

Rang = ZZ.MQi
Genre = -