Selon Jacques Derrida, s'il y a un propre de l'homme, c'est la supplémentarité. Cela résulte de notre rapport au langage : nous sommes l'être qui ajoute. Le signe, l'écriture, le jeu, l'image, le dessin, l'art, l'Internet sont des suppléments, et le commencement lui-même en est un.
Par rapport au corps biologique, la voix vient en plus. Toute voix est dans une position de supplément. Qu'on l'attende ou qu'on l'appelle, elle déborde sa place. Elle incite au dépassement sans réussir à surplomber. C'est sa tragédie et aussi sa chance. Comme le dit Merleau-Ponty de la dialectique, il ne faut s'en servir que comme supplément d'être.
L'espace de dissémination est une passion du supplément. A la suite de Van Gogh, l'avant-garde s'y est jetée compulsivement et les marchés avec avidité. De la pomme de Cézanne à l'objet (i) de Schwitters, c'est la logique de l'excès qui prévaut sur toute autre.
Ainsi se réalise une fois de plus la prescription biblique : Tu aimeras dieu de tout ton surplus. |