C'est la voix, forme et chair, qui a fourni et fournit encore le modèle de la structure irréversible du temps.
Selon Freud, l'inconscient est intemporel. Le temps n'est pas une forme a priori (comme le croyait Kant), il tient à la façon dont nous nous protégeons contre les excitations. Parmi les mécanismes que la conscience et la perception mettent en oeuvre, il y a la voix. De même que nous hurlons devant un danger, nous fabriquons de la temporalité pour nous protéger contre les traumas. En s'auto-affectant, la voix contribue à fabriquer ces vécus vitaux (pour nous autres mortels) que sont l'irréversibilité, le rythme, la présence, etc... Le sujet ne s'entend-il pas au présent? Et le point (point de départ du temps) n'est-il pas toujours ici et maintenant?
La voix est porteuse d'une attente. Lorsqu'on essaie, par exemple au cinéma, de faire coïncider le temps et la voix, c'est impossible. Même si le temps est inconscient, il y a un inconscient du temps, fait de déchets ou de traces, qui l'empêche. |