La voix est une prothèse. Elle vient en plus, en plus du langage, en plus de notre corps et en plus de notre animalité. Elle est un facteur additif. Elément vivant de notre propension à en faire plus, voire trop, elle cause dans les deux sens du terme : elle parle et fait parler. C'est son ambiguité. Elle porte la dimension de la présence, mais aussi celle du supplément. Des images en témoignent.
Dès la naissance, elle se substitue au cordon ombilical. Sans distinguer entre le réel et le virtuel, elle donne sans contrepartie. Elle distribue généreusement le sens et les affects : amitié, sympathie, haine ou pitié.
Elle est la quatrième dimension qui s'ajoute au mouvement spatial et le cinquième élément qui s'ajoute aux quatre répertoriés par la tradition.
Elle donne au réseau Internet sa dynamique. |