Universel est un mot contesté, mais inévitable. Bien qu'il évoque la pensée unique, le colonialisme, l'impérialisme et toutes sortes de choses pénibles, on a (quand même) toujours tendance à y revenir. Il insiste car il est associé à des concepts dont nous ne pouvons pas nous passer : l'entendement, la raison, la loi, l'impératif moral, l'idée, le droit, l'individu, la valeur, etc... Quelles que soient les dénégations, toute éthique se veut universelle.
L'universel dépend d'une injonction, d'une voix. En Occident, sa provenance est monothéiste : d'un côté la supposition d'une voix émise (le verbe); de l'autre un centre de l'audition (la conscience). Ce schéma, si contestable, est supposé universel.
L'universalisme recule par certains aspects, mais revient par d'autres. On a presque oublié que la beauté pouvait prétendre à l'universalité, mais un penseur comme Jacques Derrida, qui a récusé le principe même de l'universalité, la mentionne quand il développe certains de ses concepts, comme auto-affection ou messianique. |