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TABLE des MATIERES :

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Le beau inéliminable                     Le beau inéliminable
               
Calixthe Daggoua - "Répliques et réplications", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 3 janvier 2006

[Le sentiment de la beauté est inéliminable]

Autres renvois :
   

L'esthétique

   
   
                 
                       

Même si le thème du beau est passé de mode; nous y sommes sensibles. Mais à quoi exactement sommes-nous sensibles? Nous ne le savons pas, et ce non-savoir est irréductible. Qu'est-ce qui est beau? Ça dépend des goûts. Comme l'explique Kant, il n'y a ni règle objective, ni concept, et il ne peut pas y en avoir, même si ce qui est beau plaît à tous. Question de jugement ou d'idée du beau. Cet objet-là ne sert pas à sa finalité usuelle, il ne sert qu'à nous donner le sentiment de la beauté. Nul n'a besoin de nous le souffler, c'est la substance même de notre esprit, telle qu'elle se livre dans notre intuition sensible.

Le sentiment de la beauté est purement subjectif (c'est une auto-affection).

Puisque nous parlons de beauté, c'est qu'elle est intersubjective. Nous pouvons nous appuyer sur elle pour passer du particulier à l'universel.

Dans la beauté, de la vérité se manifeste. C'est une concordance étrange, mais vécue. Sans elle, les philosophes ne s'y intéresseraient pas.

Pour qu'il y ait beauté, il faut qu'il y ait ouverture, écart, parcours d'un désir. Il faut qu'il y ait tension dans l'oeuvre, surabondance, laquelle est toujours délimitée par un cadre, un bord, un parergon.

Il y a de la beauté dans la nature, dans la vie, dans la forme humaine. Héritier de la tradition grecque, l'humanisme se saisit de cette beauté. L'idée d'une bonne forme capable de conquérir l'espace existe dans tout graphisme. L'impressionnisme, qui semble rompre avec le dessin, en est peut-être, en réalité, le sommet.

Mais la beauté qui intéresse le sujet libre n'est ni celle-là, ni celle qui réside dans l'ordre ou la norme. C'est celle d'une forme symbolique qui peut faire l'objet d'un jugement - même si l'horreur prend la place de la beauté, même si cette beauté-là nous glace d'indifférence.

Sous la beauté visible, il y a une beauté invisible.

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Propositions

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La beauté est l'expérience d'un non-savoir irréductible : il y a dans l'objet la trace d'une absence

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Il ne peut y avoir aucune règle objective du goût, qui déterminerait par concepts ce qui est beau

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Est beau ce qui plaît universellement sans concept

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Est beau l'objet d'une satisfaction qui résulte d'un jugement de goût, indépendamment de tout intérêt

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Pour qu'il y ait sentiment de beauté, il faut que l'objet beau soit coupé de son but; devant cet abîme, nous restons bouche bée

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Le beau appartient à la substance même de l'esprit : il est autonome et originaire et réside dans la création pure

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La beauté visible n'est que le reflet d'une beauté invisible, elle-même le reflet de l'absolue beauté

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Une idée esthétique est une représentation de l'imagination qui donne à penser, sans qu'aucun concept ni aucun langage ne la rende intelligible ni ne l'exprime complètement

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Toute beauté est vérité

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La beauté est un mode d'éclosion de la vérité

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Le jugement de goût n'est pas logique, mais esthétique, car il ne peut être que subjectif

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Le "plaisir désintéressé" produit par l'objet beau ou sublime est un "se-plaire-à" : une auto-affection purement subjective

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Il est impossible qu'il y ait un principe objectif du goût

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La beauté est le nom de l'ouverture que parcourt un désir : le passage de la forme et du fond l'un dans l'autre

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Par la beauté, qui est intuition sensible, nous saisissons les limites de l'homme, mais aussi sa nature et son destin, qui est de s'affirmer comme être fini, individu autonome

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Il n'y a pas de place pour une esthétique de l'homme car il est porteur de l'idéal du beau et représente lui-même, dans sa forme, la beauté idéale

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L'acte esthétique est celui qui révèle par excellence l'intersubjectivité

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Dans tous les beaux-arts, l'essentiel est la forme, orientée par rapport à une fin pour le spectateur qui en juge et en tire un plaisir culturel

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La bonne forme est une conquête de l'espace, elle l'investit, elle le maîtrise, elle s'en empare avec violence

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Le beau tient à quelque effet parergonal : les Beaux-Arts sont toujours du cadre et de la signature

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Une ruine devient belle après le passage d'une crue, d'une surabondance qu'elle a emmurée

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Pour les impressionnistes, la beauté est sous les yeux, dans le présent, dans la vérité, dans la vie

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Le beau est le symbole du bien moral

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Il y a deux sortes de beau : celui qui donne le plus de plaisir ou d'utilité; celui qui respecte un certain ordre

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En peignant l'horreur à la place de la beauté, l'art contemporain restaure l'imitation académique

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La beauté ne dépend ni de l'existence de l'objet, ni de l'intérêt que j'y porte, mais d'un jugement

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Dans l'acte de juger esthétique, j'attribue à mon sentiment particulier valeur universelle

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Les Beaux-Arts ouvrent un espace de jeu et de communication universelle entre sujets libres

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L'essence du beau est indifférence, froide splendeur et silence

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L'artiste grec ne peignait que le beau

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Au 18ème siècle, philosophie et critique esthétique sont intimement liés

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[Kant et l'esthétique]

     


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