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TABLE des MATIERES : |
NIVEAUX DE SENS : | ||||||||||||||||
| Pour les titres annoncés dans l'index, voir la liste bibliographique. | |||||||||||||||||
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Derrida, sur sa vie | Derrida, sur sa vie |
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| Source : |
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Le silence | Le silence |
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| Pierre Delayin - "Buées blanches sur le quai de l'Idve", Ed : Idixa.net, 1988-2008, Page créée le 15 mai 2005 | A la mort de Jacques Derrida, le prophète Elie lui a rendu un hommage de silence |
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Je n'ai pas assisté à l'enterrement de Jacques Derrida. Je n'en ai eu que quelques échos indirects par quelques amis. C'était le 12 octobre 2004, au cimetière de Ris-Orangis. Tous ont gardé le souvenir d'un silence impressionnant. Le fils Pierre a lu des mots écrits par son père. Etrange hommage que Jacques Derrida s'est rendu à lui-même : "Jacques n'a voulu ni rituel ni oraison. Il sait par expérience quelle épreuve c'est pour l'ami qui s'en charge. Il me demande de vous remercier d'être venus, de vous bénir, il vous supplie de ne pas être tristes, de ne penser qu'aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui. Souriez-moi, dit-il, comme je vous aurai souri jusqu'à la fin. Préférez toujours la vie et affirmez sans cesse la survie... Je vous aime et vous souris d'où que je sois". Ce texte, écrit de la main de Jacques Derrida, a été donné par sa veuve Marguerite au Collège International de Philosophie. Il a été reproduit dans le volume d'hommage publié peu après sa mort. Il y a dans ces quelques phrases un mot qui pourrait passer inaperçu : bénir. Jacques Derrida demande à son fils de bénir la communauté de ceux qui ont assité à sa mise en terre. Etrange requête pour un père, quand on sait ce que signifie la bénédiction pour un juif. Jacques, c'est-à-dire Jacob, celui qui a volé la bénédiction de son père, bénit à son tour ses fils, ceux de la nouvelle tribu d'Israël, par la bouche de son représentant filial qui porte le prénom du premier évêque de l'église. Par ce seul mot, la brève allocution posthume se transforme en vaste programme. cc Autre mot important : celui de survie. C'est la marque de l'incertitude, de l'imprévisible. |
En-dehors de ce texte écrit de sa main, aucune parole ne fut dite par un tiers, un autre, un ami, ce jour-là. N'existait-il aucun alter ego assez digne de lui pour lui rendre hommage? Etait-il le seul, le dernier, sans aucun contemporain en mesure de lui répondre? A-t-il répété le geste de son père qui avait lui-même rédigé à l'avance son avis de décès (Circonfession p130-1)? A-t-il voulu s'auto-inhumer, comme il s'était auto-porté lors de sa circoncision? Peut-être. On peut avancer une autre interprétation : il n'a laissé à autrui que le choix du silence parce qu'il s'identifiait à une parole prophétique, celle d'Elie. Dès 1991, dans Circonfesson, il identifie l'amour de la vie au sourire divin devant la mort (p76) (sourire, mot répété trois fois dans cette courte adresse). Il prévoit qu'à sa mort il prendra le nom d'Elie (p170), un prénom juif qui lui avait été donné mais caché et dont l'origine ne lui a été révélée que le 23 février 1990 : avant d'être le prénom juif de l'oncle Eugène qui l'avait porté le jour de sa circoncision, c'était le prénom d'un grand oncle qui avait abandonné femme et enfants pour refaire sa vie en métropole, déjà, bien avant l'automne 1949 où Jacques-Elie Derrida, lui aussi, allait quitter Alger pour Paris. Généalogie des exils, des abandons, des ruptures qui conduisent à la prophétie. |
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Création
: Qylal |
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Idixa
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Derrida DerridaBiographie 2004.SI.LEN ProSilenceDV.LDV |
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