| Derrida appelle mimétologie une mimesis dont le but est la simple imitation. Pour être crédible, cette mimesis doit se référer à la vérité. C'est le cas pour une simple reproduction, ou pour l'écriture phonétique dans laquelle le représentant remplace ce qu'il imite. Pour Platon, cette mimesis est condamnable car nécessairement trompeuse.
Avec la dissémination, la mimétologie cède la place à une autre logique qui déplace l'imitation naïve. C'est une sollicitation, une mise en jeu de la nature qui généralise la mimesis et la fait proliférer. La production de représentations devient libre, surabondante, détachée de toute référence externe. Derrida appelle economimesis cette libre productivité humaine, qui produit indéfiniment des suppléments comme le pharmakon grec.
Entre la représentation du modèle (aussi vraie que possible) et la fabrication d'un autre objet (qui revendique son altérité), il y a duplicité.
Quand l'artiste se fait auteur, il imite l'acte divin : il se fait producteur. Son génie est une productivité libre. |