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L'histoire                     L'histoire
               
Michael Teelmiss - "Plier le temps", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 27 août 2006

[L'histoire n'a pas d'autre substance que notre regard sur elle]

Autres renvois :
   

Sur l'histoire de l'art

   
   
                 
                       

Il y a eu deux révolutions coperniciennes en histoire. La première à l'époque des Lumières, quand on a voulu lui appliquer la méthode scientifique. La seconde avec Walter Benjamin et d'autres, quand l'historien a renoncé à la fiction des "faits objectifs" et a reconnu que, comme quand nous sortons du sommeil, nous ne pouvons reconstituer le passé qu'à partir du présent. L'historien contemporain s'appuie sur une mémoire sans certitude. Il procède par trouvailles, à partir de traces et d'images dont il ne nie pas le caractère anachronique. Le passé étant définitivement perdu, l'historien contemporain a renoncé à toute substance d'un "autrefois". Pour lui, l'histoire est définitivement hystérique : elle ne se constitue que si on la regarde.

Les historiens professionnels résistent à la seconde révolution. Ils veulent préserver leur objet d'étude, comme certains historiens d'art qui tiennent à enfermer le passé dans des catégories positives.

L'histoire n'est pas close. C'est une structure ouverte qui continue à produire de la différence. Des facteurs irréductibles sont en mouvement (Derrida les nomme : traces, grammes). Ils ne sont lisibles qu'indirectement, à travers des symptômes, des spectres ou des images.

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Propositions

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La différence est une structure originaire : l'ouverture de l'histoire, de l'historicité elle-même

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Le gramme est l'élément irréductible, antérieur à tout système et à tout couple d'oppositions du type humain/anhumain

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L'histoire de la métaphysique, qui se confond avec celle du logocentrisme, se produit tout entière comme réduction de la trace

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Le désir de l'historien est suspendu entre un passé comme objet de perte et un passé comme objet de trouvaille

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L'objet des disciplines historiques n'est pas le passé, mais un agencement, un montage du temps : la mémoire

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La révolution copernicienne en histoire, c'est qu'"autrefois" n'est plus un point fixe à approcher, mais quelque chose à établir par le travail du ressouvenir

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La révolution copernicienne de l'histoire a consisté, chez Benjamin, à passer du point de vue du passé comme fait objectif à celui du passé comme fait de mémoire

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La philosophie des Lumières s'est appuyée sur la méthode scientifique pour révolutionner l'histoire (Bayle)

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Les catégories d'art et d'histoire sont des obstacles épistémologiques pour l'historien d'art

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Bien que l'anachronisme soit le péché des péchés pour un historien, il n'y a d'histoire qu'anachronique

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De même que Proust commence l'histoire de sa vie en sortant du sommeil, chaque présentation de l'histoire doit commencer par le réveil, elle ne doit même traiter de rien d'autre

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L'Histoire est hystérique : elle ne se constitue que si on la regarde

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Il n'y a d'histoire que de symptômes

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La compréhension historique doit être conçue fondamentalement comme une survie

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Walter Benjamin place l'image au centre originaire et tourbillonnant du processus historique

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Avec l'image, l'histoire est démontée et restituée comme un montage qui la montre en mouvement

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Le juif se situe au point de l'origine radicale du sens, là où l'histoire s'ente dans la lettre

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L'histoire humaine est tiqoun : réparation de la création inachevée

     


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