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Disons que la proposition est l'unité de base de l'Orloeuvre comme elle est l'unité du discours. Mais elle est d'abord (plus modestement) une hypothèse. Offerte à la lecture, elle peut être testée, contestée, niée, repoussée - et aussi exploitée, citée, transformée, bousculée. C'est aussi (entre autres) un fragment, un aphorisme, une adresse, une invitation, une promesse. Reprenons.
Le Trésor de la Langue Française propose plusieurs définitions pour le mot proposition :
- fait de mettre devant les yeux, en vue d'offrir;
- fait de soumettre quelque chose à la réflexion, à l'évaluation, à l'approbation;
- fait de soumettre une offre à l'acceptation, cette offre elle-même;
- fait de proposer quelqu'un à un poste, un grade, une distinction.
La proposition orlovienne est tout cela à la fois, et en outre :
- elle est unique, singulière. Sous cet angle, elle ne peut pas faire système, et à la limite elle usurpe ce statut de proposition. Comme les phrases d'Artaud, elle est inséparable de son support (Internet), son subjectile. Elle est prélevée quelque part, ce qui est à la fois légitime et illégitime.
- elle est rattachée à une ou plusieurs sources, énoncée par quelqu'un, soutenue par un visage. Sous cet angle elle prend de la hauteur, elle enseigne.
- elle s'articule avec d'autres propositions, en tant qu'élément d'un ou de plusieurs cheminements, d'un ou de plusieurs montages qu'elle peut déborder.
- enchaînée à d'autres propositions dans une machine d'écriture, elle est porteuse d'une productivité imprévisible. Chaque fois, elle émerge comme une invention qui peut, paradoxalement, faire système et ne pas faire système.
- elle n'est interprétable que par une lecture, c'est-à-dire par le biais d'une autre proposition.
Pas de pause donc, dans ce genre de proposition, ni de repos, ni de réponse. Ce qui se dispose là ne se pose jamais définitivement.
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