| Pour qu'il y ait archive, il faut un lieu institutionnel défini, soumis à une autorité, avec ses techniques et ses objectifs. Ce mouvement s'écarte de celui de l'archi-trace ou de l'archi-écriture, qui ne s'inscrivent que dans la différance. Pourtant l'un et l'autre font résonner la mémoire du mot grec arkhè, en une pliure qu'on peut rapprocher de celle de l'hymen, car l'arkhè est double : commencement et commandement.
S'il y a inscription (écriture), il y a désir d'origine. Les pouvoirs s'appuient sur cette requête d'un commencement, à laquelle nous sommes assignés.
L'archive suppose une appropriation violente, une prise de pouvoir qu'on peut déconstruire, comme l'a fait Freud.
L'archivage repose sur des pratiques, des technologies longtemps associées au logocentrisme et à sa métaphysique. Avec sa clôture, la part de la parole semble réduite, mais elle survit dans la spectralité.
Soumise au logos, l'archive fonctionne par supplément et analogie. |