Ce terme, sublime, peut sembler ridicule et surrané. L'est-il tant que ça? Si l'art contemporain ne sait plus sur quoi s'appuyer, si le beau en est moins que jamais le critère, qu'est-ce qui reste? Il nous reste au moins la capacité de porter des jugements.
Le sublime a rapport à la limite. Ce peut être une limite infinie, informe, démesurée, dépassant toute grandeur concevable ou tout critère des sens. Face à cet infini indéfini, nous sommes impuissants, effrayés, perturbés, mais heureusement, nous le voyons de loin, nous sommes à l'abri, la civilisation nous procure une sorte de sécurité, de supériorité. Il y a toujours dans le jugement sur le sublime une dimension morale.
Devant le sublime, je suis pure subjectivité.
Sublimer, c'est domestiquer, effacer une trace, un reste qui vient menacer l'ordre du monde ou du livre. C'est se laisser envelopper par l'idéal du père. |