Derrida
Scripteur
Mode d'emploi
 
         
           
Lire Derrida, L'Œuvre à venir, suivre sur Facebook Le cinéma en déconstruction, suivre sur Facebook

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

 DERRIDEX

Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Déconstruire, une langue sacrée                     Déconstruire, une langue sacrée
Sources (*) : Orlolivre : comment ne pas étudier ?               Orlolivre : comment ne pas étudier ?
Pierre Delain - "Miqra, plus d'une lecture", Ed : Guilgal, 2016-2020, Page créée le 11 juin 2017 Folie de la langue sacrée, maternelle

[Une langue de la déconstruction serait comparable à une langue sacrée - insécularisable comme l'hébreu, langue d'étude et de liturgie]

Folie de la langue sacrée, maternelle
   
   
   
Pour plus d'une déconstruction à venir Pour plus d'une déconstruction à venir
Derrida, le judaïsme               Derrida, le judaïsme    
Derrida, la tour de Babel                     Derrida, la tour de Babel    

1. La langue sacrée : un héritage à interpréter.

2. Langue sacrée et langue de la déconstruction.

Dans son texte Les Yeux de la langue (édition posthume, pages 73 et 83), Derrida analyse la lettre écrite par Gershom Scholem en hommage à Rosenzweig en 1926. Pour exprimer son inquiétude devant la sécularisation de la langue hébraïque dans la Palestine de l'époque, Scholem s'exprime en allemand, en latin ou en français - et pas en hébreu. Il parle de Verwertlichung ou de Säkularisierung (racine allemande et latine pour la sécularisation) en précisant : "La sécularisation n'est qu'une façon de parler" (en français dans le texte). Si c'est une façon de parler, c'est que pour Scholem, en tant qu'héritier de la tradition hébraïque, elle pose des questions insolubles. Il est exclu que les vieux mots perdent leur trop-plein de sens. Même quand ils sont utilisés dans la vie courante, ils restent des mots de la langue sacrée. Scholem semble douter que le mot sécularisation puisse être traduit en hébreu en hébreu. Citation de Derrida :

"Le principe de la question que j'aimerais ici poser, dans mon incompétence même, serait le suivant : que peut-on traduire, dans l'hébreu sacré ou dans la sémantique qu'il enjoint, par Verweltlichung? Quel est l'équivalent juif pour l'opposition spirituel/mondain, sacré/séculaire, etc.? Y en a-t-il un et quel en est l'enjeu pour cette "confession au sujet de notre langue" (Bekenntnis über unsere Sprache). Plus bas, au lieu de Verweltlichung, mot consacré, pour "laïcisation", "sécularisation", Scholem utilise entre guillemets le mot "Säkularisierung", comme s'il y avait un jeu de mots allemand ou latin autour de l'hébreu sacré, la langue intouchable, langue d'étude ou langue liturgique" (Les Yeux de la langue, p73).

Dans ce passage, Derrida glisse facilement du mot "hébreu" au mot "juif", comme si tout ce qui est hébreu était juif et réciproquement. Le problème se pose, dit-il, pour "un penseur juif"; et à propos de la traduction, ce qui semble manquer dans la langue ne serait pas un "équivalent hébreu", mais un "équivalent juif". On trouve le même glissement chez Scholem : quand il veut désigner un locuteur hébreu, il parle de "notre langue" - car il est évident pour lui que l'hébreu est la langue des Juifs. Pour Derrida comme pour Scholem, malgré la forme interrogative de la phrase, il ne peut y avoir de sécularisation de la langue sacrée ni pour un locuteur hébreu, ni pour un Juif.

Or, avant une longue citation de Stéphane Mosès, Derrida conclut ce texte qu'il intitule Les Yeux de la langue sur la déconstruction. Qu'est-ce qui caractériserait "une pensée de la langue, une expérience de la langue qui permettrait de déconstruire les oppositions"? Elle ferait courir le risque d'un rejet de la science et de la philosophie. En d'autres termes, la langue de la déconstruction, comme la langue sacrée, ne serait pas sécularisable. Le mot de "laïcité" ne pourrait pas se dire dans cette langue - et d'ailleurs Derrida ne l'emploie presque jamais dans son œuvre.

De cette logique, on pourrait déduire une série de formulations paradoxales, par exemple : La langue de la déconstruction n'existe pas, mais elle est sacrée. Ou bien : En tant que langue philosophique, la déconstruction est séculière, mais elle détruit nécessairement la sécularité. On pourrait aussi déduire de cela quelques considérations sur le rapport de Jacques Derrida à la langue hébraïque. À part de rares exceptions il évite généralement de citer des mots dans cette langue. Lorsqu'il mentionne des textes de l'Ancien Testament, il choisit de le faire dans une langue vernaculaire, parfois en latin ou en grec, mais très rarement en hébreu. Tout se passe comme s'il voulait éviter une contamination de son idiome à lui, la langue de la déconstruction, par la langue sacrée des Juifs. Rapprocher ces deux langues pourrait produire des effets imprévisibles, du type de ceux mentionnés par Gershom Scholem. La question est celle du pouvoir de nommer : dans l'une ou l'autre langue, il faut montrer la plus grande prudence.

 

3. Une langue à venir, dangereuse mais nécessaire.

 

 

--------------

Propositions

--------------

-

"A propos de notre langue, une confession" (lettre écrite par Gershom Scholem, en hommage à Franz Rosenzweig, pour son 40è anniversaire, le 26 décembre 1926)

-

[Le nom de Babel renvoie à une langue inconnue, inintelligible, sainte, où l'absolument singulier, impossible à traduire dans aucune langue courante, se produit]

-

En déconstruisant l'héritage, nous habitons le paradoxe d'une responsabilité sacrificielle : risquer une expérience de la langue qui fasse revenir les forces qu'elle refoule

Pour l'acquťrir, cliquez

sur le livre

logo

 

 


Recherche dans les pages indexées d'Idixa par Google
 
   
   

 

 

   
 
     
 
                               
Création : Guilgal

 

 
Idixa

Marque déposée

INPI 07 3 547 007

 

Delain
DeconsSacre

AA.BBB

JudeitesAVenir

DF.KLO

LangueSacree

QE.LED

DeconsAVenir

VH.LOJ

DerridaJuifs

QH.HDG

DerridaBabel

WJ.LKD

GS_DeconsSacre

Rang = KDeconsSacre
Genre = -