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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
D'un "texte sacré" à la déconstruction                     D'un "texte sacré" à la déconstruction
Sources (*) : Derrida, la traduction               Derrida, la traduction
Jacques Derrida - "Nationalité et nationalismes philosophiques : le théologico-politique", Ed : Non publié, 1986-1987, Séance 3 p22

 

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En parlant dans sa langue maternelle, séculière (l'allemand), pour dire le mal qui va arriver à la langue sacrée (l'hébreu), Scholem brouille la distinction sacré / séculier

   
   
   
               
                       

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Jacques Derrida commence la lecture qu'il va faire de la lettre de Gershom Scholem à Rosenzweig de 1926 par une annonce sur la langue sacrée. "Qu'est-ce qu'un langage sacré? Qu'est-ce qui le distingue par exemple ou l'oppose à un langage profane, désacralisé? Cette question très générale devra courir à travers tout le séminaire, ce sera le fil directeur de tous nos trajets, même s'il n'est pas toujours exhibé comme tel. Et la lettre de Scholem que nous commencerons à lire tout à l'heure concerne justement ce qui arrive à la langue sacrée, et la vengeance ou le retour de la langue sacrée ainsi profanée" (Séance 3 p12). Il commence par lire le chapitre 12 du Traité Théologico-Politique de Spinoza, où la sacralité est située du côté du sens, de manière christianisante selon lui. Il en va autrement de la lettre de Gershom Scholem, qui est intitulée Confession. Selon Scholem, en sécularisant la langue hébraïque, les Juifs établis en Palestine ont pris un énorme risque. Ils ont introduit un mal qui n'est pas accidentel, qui est intérieur au sionisme même : la transformation de la langue hébraïque en langue moderne peut se transformer en catastrophe. La langue sacrée pourrait se venger de cette souffrance, cette corruption, faire retour comme un volcan, une éruption, depuis l'abîme où elle a été plongée.

ORG (Fernando Birri, 1978).

 

 

Derrida pose la question de la langue dans laquelle cette confession est écrite : l'allemand. Par les figures utilisées, le pathos, le style est biblique. Scholem prétend parler depuis la langue sacrée (hébreue), langue qu'il considère comme celle de ses pères, mais il le fait en allemand, qui est sa langue maternelle ainsi que celle de son interlocuteur, Franz Rosenzweig (Séance 4 p6). L'allemand (langue séculière) ne se distingue donc pas de l'hébreu (langue sacrée). On ne peut pas non plus distinguer l'hébreu sécularisé de l'hébreu langue sacrée, puisqu'à tout moment le sacré peut ressurgir dans le sécularisé. L'opposition entre langue sacrée et langue séculière n'est qu'une "façon de parler" (en français dans le texte de Scholem), un effet de rhétorique (Derrida). Si la langue séculière n'est qu'un abîme qui ne manquera pas de s'ouvrir un jour, c'est que la sécularisation n'a pas lieu, elle n'est qu'un effet de surface. Il n'y a qu'une seule langue, la langue sacrée. On peut marcher à sa surface comme un somnambule, oublier le sacré, mais ceux qui parlent cette langue finiront par se réveiller. Nous vivons à l'intérieur de notre langue comme des aveugles, mais quand la vue nous sera rendue, une apocalypse pourrait arriver. Dans cette description, on ignore si Scholem craint cet événement ou s'il l'espère. s'il en attend la catastrophe ou le salut.

 


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