Derrida
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Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, sur sa vie                     Derrida, sur sa vie
Sources (*) : Derrida, la vie, la survie               Derrida, la vie, la survie
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 15 mai 2005

 

La tombe de Jacques Derrida -

Derrida, bénédiction, malédiction

A sa mort, Jacques Derrida s'est rendu à lui-même un hommage de silence

Derrida, bénédiction, malédiction
   
   
   
Derrida, silence, mutisme Derrida, silence, mutisme
Derrida, la mort               Derrida, la mort  
                       

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Je n'ai pas assisté à l'enterrement de Jacques Derrida. Je n'en ai eu que quelques échos indirects par quelques amis. C'était le 12 octobre 2004, trois jours après sa mort, au cimetière de Ris-Orangis. Tous ont gardé le souvenir d'un silence impressionnant. Le fils Pierre a lu des mots écrits par son père. Etrange hommage que Jacques Derrida s'est rendu à lui-même : "Jacques n'a voulu ni rituel ni oraison. Il sait par expérience quelle épreuve c'est pour l'ami qui s'en charge. Il me demande de vous remercier d'être venus, de vous bénir, il vous supplie de ne pas être tristes, de ne penser qu'aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui. Souriez-moi, dit-il, comme je vous aurai souri jusqu'à la fin. Préférez toujours la vie et affirmez sans cesse la survie... Je vous aime et vous souris d'où que je sois". Le manuscrit de ce texte, écrit de la main de Jacques Derrida, a été donné par sa veuve Marguerite au Collège International de Philosophie. Il a été reproduit dans le volume d'hommage publié peu après sa mort.

Il y a dans ces quelques phrases un mot qui pourrait passer inaperçu : bénir. Jacques Derrida demande à son fils de bénir ceux qui assistent à sa mise en terre. Etrange requête pour un père. Ne pouvant pas, du fond de la tombe, prononcer lui-même la bénédiction (ce qui supposerait qu'il soit à la fois mort et vivant), il demande à son fils de le faire. Mais le fils ne fait rien d'autre que lire un texte. Il ne peut prendre à son compte ni la bénédiction ni les interpellations qui suivent, qui sont des prières, des supplications et aussi des vœux, presque des commandements : il faut sourire, lui sourire à lui (le mort), préférer la vie, affirmer la survie... Ces injonctions ne peuvent émaner que d'un père, d'une autorité, et la voix qui les prononce n'est crédible que dans le temps où elle est proférée, comme le signataire l'a lui-même démontré depuis des lustres.

 

 

En-dehors de ce texte écrit de sa main, aucune parole ne fut dite par un tiers, un autre, un ami, ce jour-là. N'existait-il aucun alter ego assez digne de lui pour lui rendre hommage? Etait-il le seul, le dernier, sans aucun contemporain en mesure de lui répondre? A-t-il répété le geste de son père dont il raconte qu'il avait lui-même rédigé à l'avance son avis de décès (Circonfession p130-1)? A-t-il voulu s'auto-inhumer, comme il s'était auto-porté lors de sa circoncision? Peut-être. On peut avancer une autre interprétation : il n'a laissé à autrui que le choix du silence parce qu'il s'identifiait à une parole prophétique, celle d'Elie et l'abîme de sa voix de fin silence, entre éthique et politique. Dès 1991, dans Circonfesson, il identifie l'amour de la vie au sourire divin devant la mort (p76) (sourire, mot répété trois fois dans cette courte adresse). Il prévoit qu'à sa mort il prendra le nom d'Elie (p170), un prénom supplémentaire qui lui avait été donné mais caché et dont l'origine ne lui a été révélée que le 23 février 1990 : avant d'être le prénom juif de l'oncle Eugène qui l'avait porté le jour de sa circoncision, c'était le prénom d'un grand oncle qui avait abandonné femme et enfants pour refaire sa vie en métropole, déjà, bien avant l'automne 1949 où Jacques-Elie Derrida, lui aussi, allait quitter Alger pour Paris. Généalogie des exils, des abandons, des ruptures qui restent ce jour-là, en l'absence de toute parole tierce, scellées comme un schibboleth.

 


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