Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, la mort                     Derrida, la mort
Sources (*) : Derrida, sur sa vie               Derrida, sur sa vie
Pierre Delain - "Après...", Ed : Guilgal, 2017, Page créée le 24 juillet 2020

 

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"Die Welt ist fort", Celan - Derrida 2002

12 octobre 2004 : la scène primitive du "mourir vivant"

"Die Welt ist fort", Celan - Derrida 2002
   
   
   
"Mourir vivant", un fantasme et plus "Mourir vivant", un fantasme et plus
               
                       

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Nous sommes le 12 octobre 2004, 21 mois après la séance de séminaire du 12 février 2003 où Derrida a développé son analyse de la possibilité de choix ouverte depuis peu dans la modernité occidentale pour le traitement du cadavre : inhumation ou incinération. Pour ce qui concerne son cadavre gardé dans un cercueil, c'est l'inhumation qui a été choisie. J'ignore qui a pris cette décision, mais une chose est sûre : lors de cette cérémonie, une seule personne a pris la parole, son fils, bien que cette expression "prendre la parole" soit un peu abusive car Pierre Derrida dit Pierre Alferi n'a pas parlé en son nom propre, il a lu un texte écrit par son père où se mêlent savamment le "il" et le "je". Selon les témoins, la cérémonie s'est déroulée dans un silence impressionnant. A part cette courte intervention, il n'y a eu ni discours, ni éloge funèbre, ni hommage, ni oraison, dans le respect de la volonté du mort ou du disparu, ou du décédé, appelez-le comme vous voudrez - pour autant qu'un mort puisse encore avoir une volonté, ce que Jacques Derrida (le signataire de l'œuvre conservée sous ce nom) a fermement et vigoureusement contesté dès ses tous premiers textes. On s'est trouvé, de manière quasiment naturelle, sans y penser, dans la situation qu'il a décrite tout au long du volume II de son séminaire La bête et le souverain (2002-2003) : en plein fantasme du mourir vivant. Il ne pouvait évidemment pas échapper à ce fantasme, qui était le sien, et probablement ne désirait-il pas y échapper.

 

 

Dans cette ultime cérémonie, la phrase qu'il a commentée abondamment, presque obsessionnellement, pendant les deux ou trois dernières années de sa vie : Die Welt ist fort, ich muss dich tragen, n'est pas prononcée, mais elle peut s'entendre comme apostrophe ou invitation à qui voudrait l'entendre. Qui va me porter ? aurait suggéré le mourant vivant. Il n'est pas question ici de ses descendants biologiques, son fils n'est qu'un porte-voix. Le signataire du texte prend la précaution de ne pas prétendre bénir lui-même, mais de demander à son fils de bénir l'assemblée. Celui-ci ne fait que répéter ses propos, et ne prononce pas la formule consacrée : Je vous bénis. Le résultat dépend des auditeurs. Ceux qui désirent recevoir la bénédiction la reçoivent, mais restent confrontés au fait qu'il ne s'agit que d'un simulacre de bénédiction. Une autre question non dite résonne : Qui va le porter ? Le spectateur endeuillé, peut-être béni (c'est-à-dire béni par sa propre réception), réduit au rôle de figurant ou de participant à cette scène funèbre, ne peut pas répondre. Il est muet lui aussi. Tout ce qu'il peut faire, c'est (se) repasser le film de cette scène. Il est encore trop tôt pour dire ce qui se sera passé ce jour-là.

 


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Delain
DerridaMort

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2004.SJ.LKI

SceneDer

DO.KJD

MourirVivant

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UMourirVivantDerridaInhumation

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