Derrida
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de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
La déconstruction, contre elle - même?                     La déconstruction, contre elle - même?
Sources (*) : Derrida, l'indéconstructible               Derrida, l'indéconstructible
Jacob Rogozinski - "Cryptes de Derrida", Ed : Lignes Ed., 2014, p17 Derrida, la déconstruction

[La déconstruction se déconstruit, c'est sa loi : jusqu'au point-limite où elle se retourne contre elle-même]

Derrida, la déconstruction
   
   
   
Pour plus d'une déconstruction à venir Pour plus d'une déconstruction à venir
Essai d'interprétation d'une pensée bien mal nommée               Essai d'interprétation d'une pensée bien mal nommée    
                       

Cette formulation illustre l'opération que tente Jacob Rogozinski dans son livre, Cryptes de Derrida. Il s'agit, en restant fidèle à Derrida (dit-il), d'aller encore plus loin que lui dans l'expérience de la déconstruction, y compris par une "(auto-)déconstruction de la déconstruction". Dans cette tâche qu'il s'assigne, Rogozinski ira très loin. Commençant par citer Derrida : "La fidélité pure, c'est la mort, l'infidélité aussi", et il importe par conséquent "de ne renoncer ni à l'une, ni à l'autre" (PDS p161), il soutient qu'en se confrontant avec les impensés, les ressources secrètes de la pensée derridienne, en restant fidèle à sa question, on pourrait maintenir l'une comme l'autre, la fidélité comme l'infidélité. Quels seraient donc, si l'on suit ce chemin, les points-limites où la déconstruction se retourne contre elle-même? Que dire de cette crypte, de cet indéconstructible?

 

1. La mélancolie.

La formulation "Je suis mort", que Derrida inscrit en exergue de l'un de ses premiers textes, La voix et le phénomène, serait à la fois sa devise et le symptôme de sa mélancolie. Derrida s'efforcerait de faire son deuil de la métaphysique, mais il échouerait. Elle resterait incorporée, encryptée en lui. C'est ce reste inassimilable, passionnel, qui ferait retour dans sa pensée, et le bloquerait dans une position mortifère, une thanatologie.

Dans le prénom de son père, Aimé Haïm Derrida, la vie est inscrite. Mais Derrida ne se sera jamais identifié à lui, il aura préféré une économie de la mort.

 

2. La non-vérité.

On retrouve, dans toute son oeuvre, la même tension. Tout en soutenant qu'il n'y a pas "la" vérité, il affirme aussi, simultanément, qu'"il faut" la vérité. La vérité est une fiction, une menace, un fétiche, un fantasme; et pourtant, il faut la mettre en oeuvre, inconditionnellement. Tout jeu d'écriture s'opère en excès de la vérité, dans une non-vérité, et pourtant c'est au nom de la vérité qu'il écrit. Vérité et non-vérité s'entrelacent, se nouent dans la signature. Mais si elles sont indissociables, alors, il ne peut même pas y avoir de texte.

 

3. La folie de l'égo.

Rogozinski attire l'attention sur une tension de la pensée derridienne. D'une part elle situe le moi du côté de la métaphysique, de la parole vive, de l'illusion. Elle prend acte de la disparition ou de la destruction du sujet (égocide). Mais d'autre part il fait, dans ses textes, un usage exceptionnel, exorbitant, de la profération en première personne. On retrouve partout des traces ou des marques de son moi : dans la signature, le nom propre, les nombreuses occurrences du "je" ou des pseudo-dialogues qui l'impliquent. Ainsi le sujet revient-il par ses marques singulières, des traits pré-subjectifs. Ces marques, qui résistent à toute réduction, ne témoignent-elles pas du moi vivant? Sa crypte, sa folie, ne réside-t-elle pas dans sa signature?

 

4. L'absence de limite.

Si la déconstruction est gouvernée par un excès, une production indéfinie de suppléments, une indifférenciation radicale, si plus rien n'arrête le jeu de l'écriture ni ne résiste aux altérations, alors la différance est livrée, selon Rogozinski, à une autorité tyrannique. Il n'y a plus de pensée, c'est l'arrêt de mort de la déconstruction elle-même. Jacques Derrida s'en est rendu compte, ce qui explique peut-être le tournant par lequel il a introduit, entre autre, de l'indéconstructible. La déconstruction ne peut pas survivre sans points de résistance.

 

Mais la restauration de la vérité, de l'égo, de la limite et de la vie, cela ne s'appelle-t-il pas, tout simplement, la métaphysique?

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Propositions

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Il y a chez Derrida une mélancolie de la déconstruction : portant le deuil de la métaphysique qu'il garde incorporée en lui, il affirme : "Je vous dis que je suis déjà mort"

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Derrida fait un usage exceptionnel, exorbitant, de la profération en première personne - il met en scène une certaine folie de l'ego cogito

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Le moi résiste à son effacement; sa restance préserve un "trait = X" pré-subjectif, pré-individuel, une marque qui donne lieu à la singularité d'un ego qui peut dire "je"

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Il faut sauver d'elle-même la déconstruction, cette mise en oeuvre inconditionnelle, archi-éthique, de la vérité, en arrêtant le jeu d'écriture qui maintient le primat de la non-vérité

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La déconstruction, qui ne peut se soumettre à aucune limite, est menacée par une absence de limites qui l'exposerait au risque d'une indifférenciation radicale

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S'il y a un tournant dans la déconstruction, il s'énonce en deux thèses indissociables : 1/ Il y a de l'indéconstructible; 2/ Il y a du tout-Autre

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Le secret de Jacques Derrida, sa crypte, sa folie, c'est que dans sa signature est greffé le nom de Dieu

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