Derrida
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de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Abraham, le patriarche                     Abraham, le patriarche
Sources (*) : Derrida, la Torah               Derrida, la Torah
Jacques Derrida - "Glas", Ed : Galilée, 1974, p51a

 

Juif errant (Emmanuel Mane-Kat z) -

Derrida, judaïsme, judéités

Abraham est si attaché à la séparation qu'il impose la circoncision, ce signe ou ce simulacre de castration, à lui-même et à ses descendants

Derrida, judaïsme, judéités
   
   
   
Derrida, la circoncision Derrida, la circoncision
Derrida, phallus, phallocentrisme, le sexuel               Derrida, phallus, phallocentrisme, le sexuel  
Glas, Hegel et les Juifs                     Glas, Hegel et les Juifs    

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Dans L'esprit du judaïsme, Hegel évoque brièvement la circoncision, sans la nommer : "Abraham resta fermement attaché à sa séparation qu'il rendit voyante par une propriété corporelle qu'il s'imposa à lui-même et imposa à des descendants". Autre traduction : "Il tenait fermement à son isolement, et il le souligna par une particularité corporelle qu'il s'imposa ainsi qu'à sa descendance" (Ed Vrin p73).

Jacques Derrida reprend la description que fait Hegel du départ d'Abraham. Il commence par quitter sa terre natale avec son père puis, sans avoir été offensé ni chassé, sans avoir subi d'injustice, sans douleur apparente, sans affect, sans raison "interne" à la famille [à la suite de l'appel d'un Dieu inconnu, extérieur, hétéronome, abstrait], il décide de rompre radicalement, de couper les liens de la vie commune, d'entamer une histoire indépendante en engendrant le peuple juif. C'est [selon Hegel] une scission laide, abominable, qui ne peut éveiller que l'horreur - comme une scission avec la nature. Certes Abraham fonde une nation, il élève un arbre généalogique. Mais il ne s'enracine nulle part, il reste étranger partout, il ne se réconcilie jamais ni avec la nature ni avec son père. Il cherche à être libre, mais sans maison, sans lieu, sans amour familial, sur une terre aride et sans limite.

Selon Hegel, la famille juive se constitue dans l'isolement. Pour garantir la clôture de cette famille endogame, renforcer son identité, rendre voyante la séparation entre le peuple issu de cette famille et les autres, il faut une marque corporelle : la circoncision [mila, un mot qui signifie "coupure" en hébreu].

Dans Glas, Jacques Derrida analyse sur cinq pages cette allusion de Hegel à la circoncision. Il la rapproche du sacrifice d'Isaac, que Hegel mentionne à plusieurs reprises dans L'esprit du judaïsme. Hegel interpréterait la circoncision comme une "castration symbolique" (p51a), ou un "simulacre de castration" (p52a), ou encore une articulation de la structure conceptuelle de la castration (p53a). Selon Derrida lisant Hegel, la circoncision serait "une coupure déterminante" (p51a). Elle obligerait le Juif à rester attaché à la coupure. Il faudrait, dans l'errance qui est la sienne, dans son rapport à un Dieu infini, délimiter le fini, et il le ferait sur son corps, dans son corps. Ce retranchement serait indissociable de la transcendance.

Selon Hegel, le Juif produirait sur l'autre le même effet que la Gorgone. Elle montre son sexe pour pétrifier l'adversaire; il montrerait sa coupure pour imposer sa domination.

"Effet de bouche-bée. Convergence : le Juif opère (sur) lui-même un simulacre de castration pour marquer son propre, sa propriété, son nom, fonder la loi qu'il subira pour l'imposer aux autres et se constituer en esclave favori de la puissance infinie. En entamant son gland, il se défend d'avance contre la menace infinie, châtre à son tour l'ennemi, élabore une sorte d'apotropaïque sans mesure. Il exhibe sa castration comme une érection qui met l'autre au défi. Logique paradoxe de l'apotropaïque : se châtrer déjà, toujours déjà, pour pouvoir châtrer et refouler la menace de castration, renoncer à la vie et à la maîtrise pour s'en assurer; mettre en jeu, par ruse, simulacre et violence, cela même qu'on veut conserver; perdre d'avance ce qu'on veut ériger; suspendre ce qu'on élève : aufheben." (Glas pp55a-56a).

Dans cette réécriture derridienne de la thèse hegelienne, la circoncision est un rapport à l'autre. Le Juif ne se circoncit que pour impressionner l'autre, le "méduser", s'assurer une maîtrise. Il dit à l'autre : "Je suis déjà mort" pour suspendre toute possibilité de liberté, d'amour ou de conciliation. Mais (selon Hegel) ce repli sur soi annihile ses efforts. Toujours déjà mort, il est impuissant, il a perdu d'avance.

 

 

En reprenant à son compte l'errance juive, Derrida reprend aussi à cette compte l'attachement à la coupure. La séparation, insupportable pour Hegel, n'est qu'un simulacre de castration, mais elle n'est pas non plus appropriable. C'est une perte sans perte, une coupure sans coupure, qui ne s'arrête jamais.

 


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