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Ce mot de respect a un petit côté désuet ou dépassé. Qu'est-ce qu'on respecte aujourd'hui? En théorie ce sont les droits de l'homme, mais en pratique c'est plutôt la loi, non par devoir mais par obligation. Le simple fait que j'aie conscience de ma subordination suffit à le définir (Il y a de la loi, donc je la respecte). Ce point de vue n'est pas obsolète. Après tout, en général, on respecte mieux l'ordre que les personnes, même si l'impuissance y est pour beaucoup.
Jacques Derrida annonce un autre genre de respect : celui de l'extériorité, de l'altérité infinie, de la singularité, de la loi de l'autre. Ce n'est pas une nouveauté. Depuis toujours, on craint Dieu. On s'incline devant le sublime. Avant toute religion positive, une religiosité universelle nous intime de faire halte devant ce qui doit rester sain et sauf, nous pousse à la retenue, à la pudeur et au scrupule.
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