Derrida
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Soutine, artiste juif                     Soutine, artiste juif
Soutine peint ce qu'il ne dit pas               Soutine peint ce qu'il ne dit pas
Ruth Shararii - "Persévérance d'une voix", Ed : Galgal, 2007, Page créée le 6 décembre 2007

 

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Existe-t-il un art juif?

[Un courant de la peinture exprime à sa façon une judéité sans judaïsme]

Existe-t-il un art juif?
   
   
   
                 
                       

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Marc Restellini a soutenu dans un panneau affiché dans l'une des salles de l'exposition la Pinacothèque de Paris en 2007-08 que, puisque Soutine avait rompu toute attache avec la religion et la communauté juives, son art ne pouvait pas être juif. C'est oublier que, depuis Spinoza en passant par Freud, Marx, Derrida et quelques autres (pas des moindres), les Juifs sans religion ont été innombrables. Certains ont renié leur judaïsme (Marx), d'autres non (la plupart des autres). Ils ont renoncé aux liens communautaires, mais ont continué à se dire Juifs. C'est là que Soutine se situe, en un lieu où l'expérience de l'être-juif est double : ancrée dans une histoire / détachée de cette histoire. Chacun témoigne à sa façon d'une duplicité insurmontable entre ancrage et détachement, et aussi de la force de l'expérience juive, de son caractère inarrêtable. Le fait qu'Albert Einstein et le cardinal Lustiger se soient tous deux, obstinément, affirmés Juifs, malgré leur divergence radicale d'opinion, montre la complexité du problème. Comme le dit Freud : Qu'est-ce qui est encore juif chez celui qui a renoncé à tout le patrimoine de ses pères? Beaucoup de choses, et probablement l'essentiel. Notre hypothèse est que Soutine donne une expression plastique à cet essentiel dont Freud reporte l'explication scientifique à des jours meilleurs.

Il y a, chez Soutine, coexistence d'un sentiment d'appartenance et d'une auto-destruction. J'ai abandonné dieu. Je suis le dernier de la lignée, la transmission s'interrompt avec moi, donc je dois disparaître comme tous ceux qui me ressemblent : les errants, les paumés, les malades et les fous. La tempête s'est levée. Une apocalypse nous emporte. Je n'invoque plus dieu dans la langue hébraïque, mais je continue à l'invoquer en peinture. Sa vengeance terrible a déjà commencé. Sans cette douleur et cette terreur, on ne peut expliquer ni les plaies ouvertes, ni les oreilles déformées, ni les paysages chaotiques.

Soutine, comme d'autres artistes juifs post-religieux, illustre quelques particularités de la religion juive : amour des livres, attrait vers l'écoute ou la prière. Mais ce n'est pas l'essentiel. Comme la Cabale, il est attiré par le début et par la fin. Il tient à montrer cette différence originaire vers laquelle nous tendons. Il n'a pas trouvé d'autre moyen pour rester en vie (sans garantie de réussite). De même que les sionistes laïcs réalisaient sans le vouloir le messianisme religieux, les artistes juifs athées donnent sans le chercher au judaïsme un surcroît de spiritualité.

 

 

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Propositions

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Les paysages soutiniens sont des espaces d'invocation

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Les lieux n'ont plus de nom

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L'espace le plus ouvert, c'est celui des livres

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Portrait de Haïm Soutine assis (Amedeo Modigliani, 1916)

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Par sa fascination pour le sang, Soutine maintient la plaie ouverte

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Le principal motif de la peinture soutinienne est sa propre destruction

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Rien dans l'art de Soutine ne se rapporte au judaïsme, et pourtant son art est qualifié d'art juif

 


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