| La représentation met en réserve des images silencieuses, inconscientes, dont l'histoire précède tout récit. Ainsi l'image commence-t-elle par la ruine. C'est cette ruine qui a toujours hanté Derrida.
L'image a la même essence que la parole : elle présente ce qui est là, dont le passé est irreprésentable. Si c'est là, c'est parce que le deuil d'un spectre n'a pas réussi : il survit dans l'image. Il réapparait miraculeusement.
Quand elle nous arrive, l'image semble globale, inanalysable. Pourtant on peut l'analyser, la critiquer, repérer les traces ou les mots invisibles qui l'habitent, l'autre scène qui vient à l'envers.
L'image saisie par les télétechnologies, comme elle l'est aujourd'hui, déborde l'écriture alphabétique et contribue à détruire le logocentrisme. |