Il semble bien que l'art s'efface. L'art dit Contemporain se noie dans le conceptuel, le politique, le médiatique, le relationnel, l'institutionnel, le vécu, l'humanitaire, le moral ou le marchand. Il ne laisse qu'un reste parfois sublime, adorable, confondant mais rare. Telle est l'impression courante, comme si l'art ne pouvait plus être pensé qu'à partir de sa mort, comme s'il ne pouvait plus y avoir d'art qu'innommable, dans un mouvement inverse à celui de la Renaissance.
Il n'y a pourtant jamais eu autant de musées, d'expositions, d'enseignements, d'étudiants en art et d'artistes en herbe. Tout se passe comme si l'art jouissait de sa mort, comme s'il entrait en extase. L'oeuvre, à sa façon, résiste à cette extase. C'est par elle que passe l'héritage. Elle se sert de tout, même des formes les plus banales du flux comme la photo documentaire. |