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Le récit de l'Orloeuvre

TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

Les collectes de l'Orloeuvre
   
     
L'Orloeuvre                     L'Orloeuvre
Sources (*) : La main pense               La main pense  
Ouzza Kelin - "L'Orloeuvre, dont nul ne répond", Ed : Galgal, Sans date, Page créée le 5 mars 2000

 

Scene (Andres Na gel, 1897) -

L'Orloeuvre est le lieu des controverses

   
   
   
                 
                       

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L'Orloeuvre est un texte, mais c'est aussi un lieu avec une adresse (le 231bis, quai de l'Idve), et un nom d'usage : le loft. Ce lieu est visible, situable dans l'espace : un vieux bâtiment du XVIIème siècle, au bord de ce qui est aujourd'hui un canal. Dans les années 1950, c'était une usine de matériels et de verres optiques. A cette époque, on a abattu ou restreint certaines cloisons entre le rez-de-chaussée et le premier étage. On n'a laissé pour les bureaux et l'habitation que le second étage, un grenier et une cave. Quand le propriétaire du bâtiment, Bendito Sapintza, a interrompu son activité, un groupe a commencé à s'y réunir. On trouvera sur cette page l'histoire des différentes dénominations qui ont permis de désigner ce groupe. Evoquons ici l'étrange processus par lequel le lieu a fini par être désigné par ce qui s'y tramait : l'Orloeuvre. L'Orloeuvre est une oeuvre et aussi une tâche, et la tâche a fini par prévaloir sur le lieu, une identification qui peut aussi s'expliquer par les caractéristiques de l'espace. Le loft, comme l'Orloeuvre, est traversé par différents passages qui ouvrent les uns sur les autres. Quand on y circule, on peut avoir l'impression qu'on y tourne en rond, que ses marges et son extériorité rejoignent son coeur.

Vu de l'intérieur, le loft n'a pas de forme - sauf peut-être celle d'un anneau qui comme tout anneau, n'a ni point de départ, ni point d'arrivée. La salle centrale est vaste. De loin, elle ressemble à un patio surmonté par une galerie. La controverse n'étant jamais unique, il a fallu aménager des lieux d'intimité relative qui permettent aux discutants de ne pas se perturber les uns les autres. Mais comme toutes les controverses sont liées (ce qu'on appelle, en théorie littéraire, l'intertextualité), il a fallu aménager des couloirs de transition et des sas qui, chaque fois, métamorphosent l'espace.

 

 

Le loft un lieu de discussion et d'échange. Quelque chose ne s'y arrête jamais. Les mots de dialogue ou de conversation étant un peu mièvres pour désigner ce qui s'y passe, on parle de controverse, au sens du mahloqet talmudique, c'est-à-dire d'une discussion dont on n'attend ni synthèse, ni conciliation, ni réponse, ni conclusion. Chacun a le droit le plus strict de n'y parler que son idiome, et la notion de traduction y est à la fois généralisée et complètement inconnue (car chaque traduction ne s'adresse qu'à son traducteur). Les intentions des uns et des autres, les analyses, les aphorismes, les argumentaires, les soucis, les inquiétudes, les idéaux, les rêves messianiques, les invocations, les demandes ou les prières s'y croisent et s'y rencontrent, mais n'y perdent jamais leur singularité absolue. Dans ce capharnaum, les Orloviens vivent dans l'attente de ce qui en sortira. Cette incertitude est le principal ressort de leur participation.

La controverse idvienne n'est pas génératrice de conflits : entre les questions, les réponses ne font que transiter, sans aboutir nulle part.


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