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Index des termes

de l'oeuvre

de Jacques Derrida

Un seul mot - ou un syntagme.

         
   
Derrida, droit de regard                     Derrida, droit de regard
Sources (*) : [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)               [La] matrice derridienne (ce qui s'en restitue)
Pierre Delain - "Les mots de Jacques Derrida", Ed : Guilgal, 2004-2017, Page créée le 16 août 2007 Derrida, les droits

[Derrida, le droit de regard]

Derrida, les droits Autres renvois :
   

Le regard

   
   
                 
                       

1. Une urgence.

Pour Merleau-Ponty (qui semble avoir été le premier à employer cette expression), le droit de regard est une exigence, une urgence, celle qui oblige le peintre à considérer toute chose sensible par sa chair et son corps, sans aucun devoir d'appréciation. Derrida l'associe au pouvoir du photographe qui, par son objectif et ses montages, assigne une place au sujet. On peut analyser n'importe quelle rhétorique, toute règle de droit, comme un droit de regard. Avec cette formulation, on est conduit à poser une autre question : qui est autorisé à montrer, exploiter des images, les archiver, les diffuser, les interpréter?

 

2. Un événement.

L'émergence du droit de regard est un événement, qu'on peut situer entre l'invention de la psychanalyse et celle de la photographie. Dans les deux cas, un élément insignifiant, un détail, est utilisé, agrandi, découpé, monté, déplacé, pour voir autre chose (scène primitive, caresse érotique). On se donne le droit de regarder ce qui ne se voit pas usuellement. Ce droit ambigu est un pouvoir, une autorité abusive. Le photographe, c'est-à-dire aujourd'hui n'importe qui, a droit de regards sur tout, tous les droits dans un jeu dont les règles sont celles de la photographie même. Il peut prêter des voix à une oeuvre, l'interpréter, la développer, la raconter. Il peut pénétrer dans toutes sortes d'espaces, publics et privés, avec des prothèses optiques, des dispositifs techniques qui commandent chaque fois une perspective, un récit. Par le biais d'une tekhnè irréductible, il fait de l'autre un objet. La prise de vue, s'impose comme possession, objectivation, montages. Mais le même droit de regard ne légitime-t-il pas une révolte contre cette autorité? N'a-t-on pas le droit de limiter le regard, de lui donner toujours d'autres formes?

 

3. Responsabilité.

Pour que, en tant que personne individuelle, irremplaçable, je devienne responsable de mon regard, il faut que, au-delà de toute norme, de tout savoir, dans le risque absolu, je fasse l'épreuve de l'indécidable. Un tout autre spectral qui lui-même dispose du droit de regard absolu, qui est le droit de regard même, qui a le droit de se cacher, de se protéger par un effet de visière, dans une dissymétrie radicale, me prend sous son regard et dans sa main. Cette figure de la loi me voit, mais je ne la vois pas (je me sens vu, mais je ne peux pas croiser son regard). En m'obligeant à répondre de l'autre, en laissant la loi dans un lieu incertain, incalculable, elle me rend aveugle, m'oblige à me retirer, elle me donne la mort en tant que sujet. Cette hétéronomie est la condition de ma liberté. Il y va d'une nouvelle éthique, d'un nouveau droit qui met en question, aujourd'hui, la souveraineté des télépouvoirs.

 

 

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Propositions

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Tout droit, d'une certaine manière, est droit de regard

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Le "droit de regard" est ambigu : c'est une autorité abusive; et c'est aussi la révolte contre cette autorité

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Le spectre dispose du droit de regard absolu, il est le droit de regard même

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En me prenant sous son regard et dans sa main, dans une relation terriblement dissymétrique, Dieu me donne la mort et m'éveille à la responsabilité

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L'événement chrétien du "devenir-responsable" est lié au don sacrificiel où l'homme, dans sa singularité même, devient personne - vue par le regard d'un autre, d'un Dieu

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Responsabilité et foi vont ensemble : toutes deux doivent répondre d'un rapport à l'autre, dans le risque absolu, au-delà de toute norme et de tout savoir

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La figure de la loi est hétéronomique, dissymétrique : elle nous regarde comme un spectre à travers un effet de visière où nous nous sentons vus sans pouvoir croiser son regard

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N'importe qui a "droit de regard" sur une oeuvre : il peut lui prêter des voix, l'interpréter, la développer, en raconter la perspective

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La caresse érotique brouille les sexes

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S'il y a de l'époque, du champ historique, alors psychanalyse et photographie forment un seul événement et posent la même question, celle du droit de regard

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Dans la perspective ouverte par le "droit de regard", l'autre devient objet au travers d'une irréductible tekhnè

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La loi qui préside au "droit de regard" de la photographie est la prise de vue comme possession, objectivation, perspective

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Le photographe a droit de regards sur tout, tous les droits dans un jeu dont les règles sont celles de la photographie même

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Par l'appareil photographique se décline une rhétorique : droit de regards qui, par le pouvoir de son objectif et de ses montages, intime un ordre et assigne une place au sujet

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La chute, image de scène primitive

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Dans la question du droit de regard et de notre place par rapport aux télépouvoirs, il y va d'une nouvelle éthique et d'un nouveau droit

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Lecture de "Droit de Regards" de Marie-Françoise Plissart (Jacques Derrida, 1985) [LDRP]

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