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Le récit de l'Orloeuvre
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TABLE des MATIERES :

                            NIVEAUX DE SENS :

                 
 
                     
L'être de la photo est insituable                     L'être de la photo est insituable
Source (livre) : Esthétique indicielle               Esthétique indicielle
Stanley Cavell - "La projection du monde, Réflexions sur l'ontologie du cinéma", Ed : Belin, 1999, p44

 

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Le fil de l'Orloeuvre

[Nous ne savons pas situer ontologiquement la photographie : ce n'est ni la chose elle-même, ni une représentation]

Le fil de l'Orloeuvre
   
   
   
                 
                       

La photographie n'est pas la peinture, bien que ça n'ait pas été évident d'emblée dans son histoire. Elle ne nous présente pas des portraits des choses, mais la chose elle-même. Bien sûr, ce n'est pas l'objet en chair et en os, mais c'est quand même l'objet.

Nous ne savons pas penser la liaison entre une photographie et ce dont elle est la photographie. L'image n'est ni une réplique, ni une relique, ni une ombre, ni une apparition : elle a quelque chose de commun avec tous ces termes, et en plus une aura d'histoire ou de magie. Nous avons tendance à oublier à quel point ces choses sont mystérieuses.

Avec la photographie, nous voyons des choses qui ne sont pas présentes - bien que la photographie, elle, soit présente -, ce qui est impossible avec la vision usuelle. On ne peut pas se débarrasser de l'original : il est toujours aussi présent.

Les photographies sont le produit d'une fabrication. Ce qui est fabriqué est une image du monde. La photographie triomphe de la subjectivité d'une manière dont la peinture n'avait jamais rêvé : par l'automatisme. Mais ceci entraîne une crise de la relation entre le corps et l'image, une tension entre différents régimes de représentation.

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Avec la photographie, l'acte de vision n'est plus conçu comme spirituel, mais comme un mécanisme, une matérialité.

 

 

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Propositions

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Le monde d'une peinture est limité par son cadre, tandis qu'une photographie est photographie du monde

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La peinture accepte le retrait du monde, tandis que la photographie maintient l'être-présent du monde en acceptant que nous en soyons absents

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Pollock a retenu du surréalisme une idée plutôt qu'une manière : l'automatisme, qu'on trouve aussi dans la photographie et le cinéma

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La photographie dévoile la matérialité fondamentale de l'acte de vision, autrefois conçu comme une affaire de conscience ou de spiritualité

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Une crise a éclaté entre le corps et l'image : la crise de la référence

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Une photographie porteuse d'une tension entre plusieurs modes de représentation peut être dite "pensive"

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