Le monde est devenu plus flou, plus labile, plus liquide. On y glisse dans les bien nommés sports de glisse comme dans la musique, la fête ou les réseaux. Le cyberespace est partout. Il donne une impression d'enveloppement, de fluidité incontrôlable, de circulation des sens et des corps. Cette impression est l'un des traits de l'espace vocal. Les distinctions s'y brouillent, comme dans la peinture abstraite. Les sens s'y confondent. La voix y patauge. Nous y adhérons, comme à un film. Il y a régression, désir de retour à la continuité du cordon ombilical, fusion avec soi-même.
Cela peut conduire à une mystique : l'espoir d'une infinie présence à soi que seul Dieu pourrait atteindre, ou l'impression de se liquéfier dans le monde. |