Il y a, entre la chair et la voix, une familiarité directement perceptible (question de sensibilité mais aussi d'émotion). Comme la voix, la chair est là, ici et maintenant, présente et trop proche. Elle s'enroule sur elle-même. Elle touche. Sur elle adhèrent la parole comme le son. Elle est collée à nous, dans sa nudité, inséparable. Elle est un élément intermédiaire, ni matière, ni esprit, ni substance, susceptible à chaque instant de se perdre dans l'angoisse. Bref, la chair est aussi vocale que la voix est charnelle.
Le charnel, comme la vocalité, envahit. Même les tableaux abstraits peuvent être charnels. |